L’Union des journalistes demande l’accès au vol officiel de Netanyahu vers Washington
Le syndicat rappelle que l’espace réservé aux médias à bord de l’avion officiel est financé par des fonds publics et appelle le cabinet du Premier ministre à lever l’interdiction

L’Union des journalistes en Israël a exhorté mardi le cabinet du Premier ministre à revenir sur sa décision d’exclure les journalistes du vol officiel de Benjamin Netanyahu à bord du Wing of Zion, prévu pour sa rencontre avec le président américain Donald Trump en Floride à la fin du mois.
Le syndicat a adressé mardi une lettre, par l’intermédiaire de son juriste Amir Basha, à Shlomit Barnea Farago, conseillère juridique du cabinet du Premier ministre, demandant l’annulation de cette décision.
Dans cette lettre, le syndicat souligne que le Wing of Zion comprend un espace spécifiquement réservé aux journalistes, financé par des fonds publics. « Exclure les journalistes de ce vol constitue donc une décision déraisonnable et arbitraire, qui porte gravement atteinte à la liberté de la presse et au droit du public à une couverture indépendante des activités du Premier ministre », indique le syndicat dans un communiqué accompagnant la lettre.
Le courrier adressé au cabinet du Premier ministre souligne également l’absence de politique officielle ou de cadre réglementé encadrant la participation des journalistes aux vols officiels, une situation qui, selon le syndicat, « ouvre la voie à des décisions ad hoc portant atteinte aux principes démocratiques fondamentaux et à la liberté de la presse ».
Il s’agit de la deuxième visite consécutive aux États-Unis au cours de laquelle Benjamin Netanyahu exclut les journalistes du vol officiel du Wing of Zion. Lors de son déplacement de septembre aux États-Unis, son cabinet avait déjà indiqué qu’aucun journaliste ne serait autorisé à embarquer, invoquant des « contraintes techniques liées aux sièges et à la sécurité ».
Le cabinet du Premier ministre n’a pas réagi à cette nouvelle controverse.
Benjamin Netanyahu entretient des relations tendues avec la plupart des grands médias israéliens, qu’il accuse de partialité à son encontre. Il évite généralement les interviews en hébreu, à l’exception de la Quatorzième chaîne, ouvertement favorable au Premier ministre.
Le ministre des Communications, Shlomo Karhi, promeut un projet visant à supprimer les lois encadrant les licences de diffusion, tout en renforçant la concurrence et le choix des consommateurs. Le texte prévoit également la création d’un organe contrôlé par le gouvernement, doté de pouvoirs lui permettant d’influencer les contenus par divers moyens de pression, notamment des amendes.
Les détracteurs estiment que cette réforme étoufferait la liberté d’expression et la remplacerait par des contenus dictés par des intérêts commerciaux ou politiques.
Le projet de loi a suscité de vives critiques de la part de responsables de l’opposition, d’organisations de bonne gouvernance et de la procureure générale.







