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L’université de Turin renonce à un pacte de recherches avec Israël sur fond de manifestations pro-Gaza

Le sénat académique a voté contre ce partenariat tout en rejetant les appels à une rupture plus large des liens avec les universités israéliennes

Des étudiants manifestent contre le gouvernement italien à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, le 22 mars 2024. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)
Des étudiants manifestent contre le gouvernement italien à Turin, dans le nord-ouest de l'Italie, le 22 mars 2024. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)

JTA — L’Université de Turin a décidé de suspendre un accord de collaboration conclu avec les universités et avec les instituts de recherche israéliens après une vague de mouvements de protestation des étudiants, qui ont dénoncé la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza.

Le sénat de l’établissement d’enseignement supérieur a voté contre sa participation à une initiative visant à financer des projets de recherche conjoints entre l’Italie et Israël, tout en rejetant toutefois les appels à une rupture plus large des liens avec les universités israéliennes.

Une décision qui a fait naître l’inquiétude parmi les responsables de la communauté juive italienne. Mais le recteur de l’université a souligné que la collaboration académique actuellement mise en place entre les deux pays ne sera pas interrompue.

Les groupes d’étudiants avaient appelé à abroger neuf accords de collaboration qui avaient été conclus entre l’Université de Turin et les universités israéliennes. Ils avaient dit craindre qu’ils ne viennent aider à financer des technologies à double usage – des projets susceptibles de servir des desseins à la fois civils et militaires – dans un contexte de guerre en cours contre le groupe terroriste palestinien du Hamas. Les collectifs d’étudiants « Cambiare Rotta » et « Progetto Palestina » avaient interrompu une session du sénat universitaire en brandissant des bannières, mardi dernier.

Le sénat a voté une motion interdisant toute participation au sein de « l’accord de coopération industrielle, scientifique et technologique Israël-Italie », une initiative prise en 2024 par le ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale dont les activités se concentrent sur les technologies du sol, les technologies de l’eau et l’optique de précision. La motion a été approuvée par une majorité des membres avec deux abstentions et un vote « contre », celui de Susanna Terracini, directrice du département des mathématiques.

« Je n’aurais eu aucun problème à approuver une requête pour un cessez-le-feu parce que je suis profondément perturbée par le massacre qui est actuellement en cours dans la bande de Gaza », a déclaré Terracini au journal local Corriere Torino. « Mais je suis fortement défavorable aux boycotts universitaires parce que dans la mesure où les projets de guerre sont exclus, les collaborations sont quelque chose qui favorise en réalité la compréhension mutuelle et la paix ».

Des étudiants brandissent un portrait de la Première ministre italienne Giorgia Meloni en train de serrer la main au Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec des mains tachées de sang peintes sur le visage, pendant une manifestation contre le gouvernement italien à Turin, dans le nord-ouest de l’Italie, le 22 mars 2024. (Crédit : Marco Bertorello/AFP)

Alors que la décision a une portée limitée, elle reste toutefois notable dans la mesure où l’Université de Turin est la première à rompre des liens avec des universités israéliennes et parce que si les appels à boycott académique de l’État juif ne sont pas rares dans le monde, ils n’ont que peu de conséquences pratiques habituellement.

Depuis cette décision, l’Université a été accusée d’avoir succombé aux pressions du sentiment antisémite qui s’est emparé du monde depuis le début de la guerre à Gaza. Noemi Di Segni, présidente de l’Union des Communautés juives italiennes, a confié à ANSA que son inquiétude face à la haine antijuive qui s’est emparée des universités italiennes était « débordante ».

Di Segni a ajouté qu’elle avait vivement recommandé à la Première ministre italienne Giorgia Meloni et aux administrateurs des universités de garantir que la définition de l’antisémitisme mise au point par l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA) soit bien mise en vigueur dans toutes les universités italiennes, une définition qui établit clairement que toutes les formes de boycott et de diabolisation relèvent de la haine antijuive.

Le recteur de l’Université de Turin, Stefano Geuna, a déclaré que la décision prise par le sénat académique, qui a voté contre la collaboration scientifique, n’était ni un boycott d’Israël, ni une forme d’antisémitisme mais bien « une action entreprise dans le cadre d’un appel très spécifique ». Il a indiqué que la collaboration entre l’Université et le milieu académique italien allait continuer.

« Tous les accords actuellement mis en vigueur avec les universités israéliennes – et ils sont nombreux – conservent leur validité », a-t-il assuré.

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