L’université d’Harvard conserve dans ses sous-sols un siècle d’archives israéliennes
Les responsables de l'université expliquent avoir constitué cette archive exceptionnelle "pour le cas où l’État d’Israël ne survivrait pas"

Une vaste collection couvrant l’intégralité d’un siècle de production politico-culturelle israélienne en hébreu est conservée dans les sous-sols de l’université Harvard, à Cambridge (Massachusetts) où elle fait actuellement l’objet d’un important travail de numérisation, a rapporté Haaretz dans son édition du 13 novembre.
Selon le quotidien, cette initiative « unique en son genre » est le résultat de plusieurs décennies de travail de Charles Berlin, archiviste juif américain, qui a rassemblé, depuis la fin des années 1960, une collection considérée comme l’une des plus complètes au monde, qui serait plus riche que celle de la Bibliothèque nationale de Jérusalem.
Lancé en 1988, pendant la première Intifada, le projet a pris forme dans les vastes salles souterraines de la bibliothèque Harry Elkins Widener Memorial. On y trouve, décrit Haaretz, des milliers de documents rarement associés à une bibliothèque universitaire : des livrets de synagogue, des tracts de kibboutz, des éloges funèbres pour les soldats tombés au combat, des archives communautaires, des publicités et du matériel politique.
Les responsables de Harvard expliquent avoir constitué cette archive « pour le cas où l’État d’Israël ne survivrait pas », et ce, afin de préserver un patrimoine documentaire jugé exceptionnel.
Derek Penslar, directeur du Centre d’études juives de Harvard, souligne que les Juifs du monde entier ont produit un volume « extraordinaire » de documents au cours du siècle dernier, amplifié par la création de l’État d’Israël et son dynamisme culturel. Entre 1970 et 2020, plus de livres en hébreu ont été imprimés qu’au cours des cinq siècles précédents, selon les données de Harvard.
L’accès à la collection reste strictement contrôlé. L’université impose des autorisations spéciales et des restrictions liées notamment au contexte sécuritaire. Les chercheurs extérieurs peuvent consulter certains documents sur demande préalable, mais avec des limites de durée, de fréquence et parfois en fonction de leur pays d’origine, étant donné qu’Israël reste un pays en guerre et menacé.
Penslar rappelle que, dans certains cas, des universités déconseillent ou interdisent à leurs étudiants de se rendre en Israël, rendant ces archives américaines d’autant plus essentielles pour la recherche.







