Lutte contre l’antisémitisme: résolution LREM à l’Assemblée le 3 décembre
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Lutte contre l’antisémitisme: résolution LREM à l’Assemblée le 3 décembre

L'Assemblée nationale examinera une proposition de résolution qui suggère de reprendre la définition de l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste

Des gens se rassemblent sur la place de la République pour protester contre l'antisémitisme, à Paris, en France, le mardi 19 février 2019. (Crédit : AP / Thibault Camus)
Des gens se rassemblent sur la place de la République pour protester contre l'antisémitisme, à Paris, en France, le mardi 19 février 2019. (Crédit : AP / Thibault Camus)

L’Assemblée nationale examinera le 3 décembre une proposition de résolution initiée par LREM pour une meilleure définition et une reconnaissance de l’antisémitisme, texte qui était initialement programmé au printemps, a-t-on appris mardi de source parlementaire.

La conférence des présidents de l’Assemblée nationale, qui réunit notamment les chefs de file des groupes politiques et le ministre des Relations avec le Parlement autour de Richard Ferrand, a acté l’inscription de ce texte, qui est sans valeur contraignante.

Cette proposition de résolution transpartisane ne fait cependant pas consensus, y compris dans les rangs de la majorité, alors que le sujet des religions a ressurgi sur fond de débat ravivé sur le port du voile et la laïcité.

Lors de la réunion hebdomadaire du groupe LREM mardi matin, certains ont demandé d’inclure au texte la lutte contre toutes les discriminations, pour éviter toute « hiérarchie », a rapporté un participant. Des « marcheurs » ont aussi déploré le calendrier, même si le texte n’aura pas d’incidence sur les lois.

La proposition de résolution avait été proposée par Sylvain Maillard, élu LREM de Paris et président du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur l’antisémitisme.

Constatant « une résurgence de l’antisémitisme », souvent sous de « nouvelles formes » qui « avancent masquées », il suggère de reprendre la définition de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Selon celle-ci, « l’antisémitisme est une certaine perception des juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte ».

La proposition de résolution invite le gouvernement, « dans un travail de pédagogie, à diffuser (cette définition) auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires ».

M. Maillard a remodelé sa proposition de résolution, qui devait initialement être examinée fin mai.

« En adoptant notre proposition de résolution, en désignant l’anti-sionisme comme une des formes modernes de l’antisémitisme, je crois que nous pourrons lutter plus efficacement contre le nouvel antisémitisme du XXIe siècle, qui n’ose plus dire son nom, mais qui a toujours comme unique origine la haine des juifs », martèle le député.

En février, avec d’autres membres du groupe d’études de l’Assemblée nationale sur l’antisémitisme, M. Maillard avait souhaité pénaliser l’antisionisme, mais la proposition avait suscité des réserves dans les rangs du gouvernement et une opposition du chef de l’Etat.

Le débat sur la proposition de résolution s’annonçait déjà animé, M. Maillard ayant accusé en février le Rassemblement national et La France insoumise de « porte(r) en eux-mêmes des racines antisémites très claires ». Accusation « stupide » en ce qui concerne LFI, avait réagi Jean-Luc Mélenchon.

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