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Lutte contre le racisme et l’antisémitisme : une formation-pilote à Marseille

Des policiers, des gendarmes et des magistrats sont formés à recevoir des plaintes et à instruire des enquêtes pour des délits et crimes racistes, antisémites ou anti-LGBT

Illustration d'une voiture de police française (Crédit : David Monniaux/Wikimedia communs/CC BY SA 3.0)
Illustration d'une voiture de police française (Crédit : David Monniaux/Wikimedia communs/CC BY SA 3.0)

Des policiers, des gendarmes et des magistrats sont formés à Marseille à recevoir des plaintes et à instruire des enquêtes pour des délits et crimes racistes, antisémites ou anti-LGBT, afin de lutter contre ces infractions particulières, a annoncé la préfecture lundi.

Cette formation d’une journée, initiée à Marseille, sera « déployée dans toute la France dès septembre », a annoncé lors d’un point-presse Christian Gravel, préfet et conseiller aux affaires de sécurité à la Dilcrah (Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT).

L’objectif : la création d’un réseau national d’enquêteurs et de magistrats spécialisés, une mesure phare du plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme 2018-2020 du Premier ministre Édouard Philippe.

Lors de cette journée, les enquêteurs ont suivi des interventions d’un éthicien du Camp des Milles, l’un des principaux sites de mémoire de la déportation, ou encore de la directrice de l’Avad (association d’aide aux victimes).

« On sait que 10 % des victimes de délits de haine ne déposent pas plainte », a indiqué M. Gravel. Pour les personnes LGBT, selon une étude publiée en mai, une sur cinq en France déclare avoir été victime d’une agression physique au cours de sa vie.

« Tout commence quand on franchit le seuil du commissariat », explique M. Gravel, pour une insulte comme pour un acte plus grave, mettant l’accent sur « la dimension humaine des victimes ».

Pour lui, il est nécessaire de « familiariser les agents avec ce type de plainte ». « Quand la spécificité haineuse de l’acte n’est pas reconnue dès le début de l’enquête, il est très difficile de la réinjecter ensuite dans la procédure », a-t-il expliqué. « Or la reconnaissance par la justice du caractère haineux est essentielle pour la reconstruction de la victime ».

En 2018, a-t-il ajouté, 6 122 procédures judiciaires ont été ouvertes pour des délits et crimes de haine, mais très peu ont donné lieu à des condamnations, a développé M. Gravel, « peut-être parce que les enquêtes ne sont pas toujours bien lancées ».

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