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Luxembourg : Les actes antisémites restent « stables et à un niveau élevé »

"Il n'y a pas eu d'incidents violents, comme cela fut aussi le cas les années précédentes. Mais on constate aussi une banalisation de la Shoah", explique une association

Vue de la ville de Luxembourg. (Crédit : CC-BY-SA Sixdown/Wikimedia Commons)
Vue de la ville de Luxembourg. (Crédit : CC-BY-SA Sixdown/Wikimedia Commons)

La Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale était marquée ce 21 mars. À cette occasion, l’association Recherche et information sur l’antisémitisme au Luxembourg (RIAL) a présenté ses premières conclusions sur un rapport qu’elle doit publier fin avril.

Dans une interview pour le site Wort.lu, son président, Bernard Gottlieb, a expliqué que 76 incidents antisémites avaient été enregistrés dans ce petit pays en 2022, un chiffre « quasiment identique à celui de 2021 (80) ».

Les actes antisémites restent ainsi « stables et à un niveau élevé », et leur gravité est « également comparable », explique-t-il.

« Il n’y a pas eu d’incidents violents, comme cela fut aussi le cas les années précédentes. Mais on constate aussi une banalisation de la Shoah. »

« À 85-90 %, ça se passe sur les réseaux sociaux, car ils libèrent la parole », indique-t-il. « 60 %, c’est de l’antisémitisme traditionnel. S’il n’y a presque aucune publication antisémite créée au Luxembourg, certains en relaient… Il y a de l’antisémitisme traditionnel, mais aussi plus contemporain. »

Par cela, Bernard Gottlieb comprend le négationnisme, le révisionnisme, et la distorsion et la banalisation de la Shoah, qu’il voit comme répandue aujourd’hui.

Avec Mil Lorang, président de MemoShoah, ils ont, dans cette interview, retracé brièvement l’histoire et les origines de l’antisémitisme.

Bernard Gottlieb explique ainsi que le racisme et l’antisémitisme s’expriment désormais « de manière différente ». « Vous imaginez un candidat à une élection dire ‘Je suis antisémite’ ? »

Selon lui, l’antisémitisme s’exprime « de façon plus sournoise ». « Un ‘sale Juif’ n’est plus toléré dans nos sociétés. Regardez, au Luxembourg, on a un Premier ministre qui peut assumer ouvertement son union avec un homme, mais aussi son ascendance juive via son grand-père. Il a dit même se sentir Juif. Il y a 50 ans, ça n’aurait pas été accepté. »

Il ajoute néanmoins qu’il suffit « d’un événement ou d’un prétexte » pour que la parole antisémite puisse revenir dans l’espace public. Il cite ainsi l’exemple des manifestations anti-vaccin, quand des individus arboraient des étoiles jaunes avec la mention « non vacciné » inscrite dessus.

« Il y a eu aussi une résurgence de propos antisémites sous prétexte que la ministre française de la Santé de l’époque, Agnès Buzyn, était mariée à Yves Levy ; que le directeur de la Santé était (Jérôme) Salomon et qu’Emmanuel Macron a travaillé un temps chez Rotschild. Bref, certains ont même ressorti Jacques Attali sur fond du conseiller juif. Vous savez, celui qui tire donc les ficelles… Bref, il peut y avoir des épiphénomènes comme ceux-là, mais de là à avoir des groupes politiques antisémites, je ne le pense pas », dit-il.

Il rappelle que, « dans son rapport établi en 2021, la Commission contre le racisme et l’intolérance (ECRI) dirigée alors par le professeur luxembourgeois Jean-Paul Lehners dit ceci : ‘De nos jours, l’antisémitisme peut aussi s’exprimer par le biais de certaines critiques d’Israël qui sont infondées. Nier aux Juifs le droit à une patrie associée à un territoire national, attendre de l’État d’Israël qu’il adopte un niveau de conduite différent des autres États, ou diaboliser l’État d’Israël et le voir, lui et sa population, comme intrinsèquement mauvais ou raciste, peuvent être considérés comme de l’antisémitisme’ », ajoute-t-il.

Afin de lutter contre l’antisémitisme, il salue l’effort de la Commission européenne, qui a adopté la toute première stratégie de lutte contre l’antisémitisme et de soutien à la vie juive, et qui demande à chaque pays de l’Union d’établir un plan de lutte contre l’antisémitisme. « Au Luxembourg, cet effort est en cours. Maintenant, avoir un plan, c’est très bien, ça permet de donner une direction. Mais l’important, ce sont les actions qui vont être définies. Et leur mise en pratique », dit-il.

Le gouvernement luxembourgeois a présenté officiellement ses excuses au peuple juif en 2015 pour l’implication indirecte du Luxembourg dans la déportation de 1 300 Juifs.

Un mémorial national de la Shoah a été inauguré en juin 2018.

Début 2021, le pays a signé un accord avec le Consistoire israélite et la World Jewish Restitution Organization pour régulariser les questions non résolues au niveau des spoliations des Juifs au Luxembourg.

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