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Macron appelle à ne pas oublier l’affaire Dreyfus, sans dire le mot « antisémitisme »

"Rien ne réparera ces humiliations mais ne les aggravons pas en les laissant oubliées, aggravées ou répétées", a souligné le président français

Le président français Emmanuel Macron (d), aux côtés du président de l'association Maison Zola-Musée Dreyfus Louis Gautier (C) et l'arrière-petite-fille d'Emile Zola Martine Le Blond-Zola (g), visite le Musée Dreyfus, sur la propriété du Maison Emile Zola à Medan, près de Paris, le 26 octobre 2021. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)
Le président français Emmanuel Macron (d), aux côtés du président de l'association Maison Zola-Musée Dreyfus Louis Gautier (C) et l'arrière-petite-fille d'Emile Zola Martine Le Blond-Zola (g), visite le Musée Dreyfus, sur la propriété du Maison Emile Zola à Medan, près de Paris, le 26 octobre 2021. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

« N’oubliez rien de ces combats passés, car ils disent que le monde dans lequel nous vivons, comme notre pays, comme notre République, ne sont pas des acquis », a lancé Emmanuel Macron mardi en inaugurant le musée consacré à l’affaire Dreyfus, installé dans la demeure d’Emile Zola à Médan (Yvelines).

Ce lieu de mémoire, qui ouvre ses portes au public jeudi, veut perpétuer le souvenir d’Emile Zola et d’Alfred Dreyfus, victime d’une machination judiciaire et antisémite datant de 1894. Le capitaine avait finalement été réhabilité en 1906.

« Il y a dans ce musée ce qui est inséparable entre ce qui fait la nation et ce qui fait la République française : des idéaux, un amour de la langue et ce goût pour la vérité et la justice », a-t-il dit aux descendants d’Alfred Dreyfus et d’Emile Zola.

« Vous redites l’importance de ce destin si particulier, de cet homme qui a subi le pire, l’humiliation, le silence, l’isolement. Rien ne réparera ces humiliations mais ne les aggravons pas en les laissant oubliées, aggravées ou répétées », a-t-il plaidé.

Accompagné notamment de l’ex-Premier ministre Manuel Valls et du Grand Rabbin de France Haïm Korsia, le chef de l’Etat a visité ce musée qui présente plus de 500 documents sur « l’Affaire », dont une fac-similé du célèbre faux bordereau qui avait incriminé le capitaine, ainsi que de nombreux affiches antisémites ou insultant Emile Zola, qui lança le célèbre « J’accuse ».

« Zola, c’est aussi une vie de combat pour lequel il a pris des risques fous, et en particulier l’Affaire Dreyfus, un combat éminemment républicain, consubstantiel à la République », a ajouté Emmanuel Macron.

« Un de ces combats où la République est d’ailleurs devenue pleinement elle-même, » a-t-il souligné, sans prononcer le mot « antisémitisme » dans son discours diffusé par le compte Twitter de l’Élysée.

Le président français Emmanuel Macron visite le musée Dreyfus, sur la propriété de la maison Emile Zola à Medan, près de Paris, le 26 octobre 2021. (Photo de Ludovic MARIN / AFP)

Le procès a eu de vastes implications sur le siècle suivant de la pensée juive : Theodor Herzl, que beaucoup considèrent comme le père du sionisme laïc moderne, a couvert le procès en tant que journaliste et l’a décrit plus tard comme un moment décisif dans son développement idéologique pour passer d’un juif assimilationniste à un juif sioniste.

Par cette visite, le chef de l’Etat tient une promesse faite en mars 2018 lors du dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Le musée est installé dans une aile de la Maison Zola, la majestueuse villa restaurée après dix ans de travaux, acquise par l’écrivain en 1878 et où il a écrit nombre de ses plus grandes oeuvres. Elle rouvre ses portes au public jeudi.

Le président français Emmanuel Macron visite le musée Dreyfus, sur la propriété de la maison Emile Zola à Medan, près de Paris, le 26 octobre 2021. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

La création de ce musée et la restauration de la villa ont été principalement financés par l’homme d’affaires Pierre Bergé, compagnon du couturier Yves Saint Laurent, ainsi que par la région Ile-de-France, la Fondation pour la mémoire de la Shoah, les ministères de la Culture et des Armées ainsi que la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

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