Macron met Netanyahu en garde contre la réforme du système judiciaire israélien
Le président français a dit au Premier ministre que Paris conclurait que Jérusalem s’éloigne des "standards démocratiques" si le projet de loi de reforme était adopté en l'état
Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël
PARIS – Le président français, Emmanuel Macron, a averti jeudi soir le Premier ministre Benjamin Netanyahu que, sans changements dans les projets de grande envergure de son gouvernement pour réformer le système judiciaire, « Paris devrait conclure qu’Israël est sorti des standards admis de la démocratie », a confirmé un responsable français.
Ces propos de Macron, qui ne figurent pas dans le compte-rendu officiel de la réunion qui s’est tenue à l’Elysée, ont été rapportés en exclusivité par le journal Le Monde.
Un responsable français a confirmé cette information au Times of Israel.
Lors de la réunion, Macron « a exprimé sans ambages » que le projet de réforme judiciaire « constituait une menace pour le pouvoir de la Cour Suprême, seul et unique contre-pouvoir institutionnel du gouvernement ».
Le président français a également déclaré que ce projet de loi « avait provoqué une crise sans précédent depuis la naissance de l’État en 1948 ».
Cet entretien, le tout premier des deux dirigeants depuis le retour de Netanyahu au pouvoir, fin décembre, a semblé chaleureux, en dépit de cette sévère mise en garde.
À l’arrivée de Netanyahu, Macron et lui se sont donnés l’accolade sur les marches du palais avant de saluer la presse.
Selon l’Elysée, Macron a critiqué la « fuite en avant » de l’Iran pour développer son programme nucléaire.
Netanyahu a, quant à lui, demandé à la France de soutenir les sanctions renforcées contre l’Iran et tenter de faire pression sur la République islamique et ses mandataires lors des négociations.
Avant de s’envoler pour Paris, jeudi, Netanyahu avait déclaré que le dialogue avec Macron serait au centre des « efforts conjoints pour mettre un terme aux menées de l’Iran pour disposer de l’arme nucléaire ».
Macron a également interpelé Netanyahu sur la question du regain de violence entre Israël et les Palestiniens, demandant à Israël de se garder de « toute mesure susceptible d’alimenter la spirale de violence », a déclaré l’Elysée.
Macron avait appelé Netanyahu, lundi dernier, pour lui faire part de ses condoléances suite à l’attentat terroriste qui a coûté la vie à sept Israéliens et en a blessé trois à Jérusalem, vendredi de la semaine passée.
Les deux hommes auraient convenu de la visite de Netanyahu au cours de cette conversation.
Leur dernière rencontre avait eu lieu à Jérusalem, en janvier 2020.