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Macron représenté en Hitler : 10 000 euros requis contre l’afficheur varois

Mis en cause pour des affiches datant de cet été, le prévenu a revendiqué vouloir "dénoncer les atteintes aux libertés d'un régime à la dérive autoritaire" face à la pandémie

Le président français Emmanuel Macron au téléphone pendant une table ronde lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020. (Crédit : John Thys, Pool Photo via AP)
Le président français Emmanuel Macron au téléphone pendant une table ronde lors d'un sommet de l'UE à Bruxelles, le 20 juillet 2020. (Crédit : John Thys, Pool Photo via AP)

Il avait publié des affiches représentant le président Emmanuel Macron en Hitler : vendredi devant le tribunal correctionnel de Toulon, le procureur a requis 10 000 euros d’amende contre un afficheur varois qui défend son « droit à l’humour ».

Michel-Ange Flori, 62 ans, ancien publicitaire, est jugé pour « injure publique » au président de la République, qui a porté plainte cet été après la publication par cet entrepreneur de deux affiches le représentant en 4X3 mètres à La Seyne-sur-Mer (Var) et à Toulon.

Sur la première, affichée le 19 juillet, quelques jours seulement après l’annonce par le gouvernement de la mise en place d’un pass sanitaire en France, Emmanuel Macron est représenté sous les traits d’Adolf Hitler, petite moustache et uniforme nazi, avec ce slogan : « Obéis, fais-toi vacciner. »

Un mois plus tard, alors qu’une enquête avait été ouverte pour l’affiche d’Hitler, Michel-Ange Flori a publié une autre affiche où Emmanuel Macron apparaissait au côté du maréchal Pétain, vêtu et coiffé du même képi, sur fond de QR code, avec ce message : « Il n’y a qu’un pass à franchir. »

« Vous ne faites rire personne à part vous », a fustigé le procureur Laurent Robert, dénonçant « une volonté de nuire évidente ».

« Je croyais le crime de lèse-majesté révolu, je me trompais », a répondu l’avocat de la défense, Me Béranger Tourné.

Le président de la République n’étant pas représenté au procès, Me Tourné a estimé, en le déplorant, que « l’avocat du président est le conseiller juridique du parquet de Toulon ».

M. Flori « est peut-être irrévérencieux, grossier, démagogue mais coupable aucunement », a-t-il plaidé, rappelant que ces affiches avaient été réalisées « en réaction à un débat polémique et politique ».

De son côté, M. Flori a revendiqué être « un humoriste non-agréé ».

« Certains écrivent sur les murs, moi je fais des affiches », rappelant que ce mode d’expression était « le plus ancien du monde ».

Il a revendiqué vouloir « dénoncer les atteintes aux libertés d’un régime à la dérive autoritaire ». Devant le tribunal, une dizaine de personnes brandissant des pancartes « Je suis Flori » lui ont manifesté son soutien.

Peu avant midi, le tribunal s’est retiré pour délibérer.

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