Madrid « horrifié » par un carnaval accusé de « banaliser » la Shoah
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Madrid « horrifié » par un carnaval accusé de « banaliser » la Shoah

"Horrifiée par le défilé de carnaval à Campo de Criptana. Je rejette sans nuances toute banalisation de l'Holocauste", a noté la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez

La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya prononce un discours lors de l'ouverture de la principale session annuelle du Conseil des Droits de l'homme des Nations unies, le 24 février 2020 à Genève. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)
La ministre espagnole des Affaires étrangères Arancha Gonzalez Laya prononce un discours lors de l'ouverture de la principale session annuelle du Conseil des Droits de l'homme des Nations unies, le 24 février 2020 à Genève. (Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP)

Soldats nazis, prisonniers juifs et char faisant penser à une chambre à
gaz : un défilé de carnaval dans une ville du centre de l’Espagne accusé de « banaliser » la Shoah a suscité l’indignation mercredi des autorités du pays.

« Horrifiée par le défilé de carnaval à Campo de Criptana. Je rejette sans nuances toute banalisation de l’Holocauste », a indiqué sur son compte Twitter la ministre des Affaires étrangères, Arancha Gonzalez.

« Après avoir été contactés, les organisateurs ont demandé pardon à la fédération des Communautés juives d’Espagne », a-t-elle ajouté.

L’ambassadrice d’Israël en Espagne, Rodica Radian-Gordon, avait déjà condamné mardi « l’infâme banalisation de l’Holocauste ayant eu lieu lors du carnaval de Campo de Criptana ». « C’est un affront à la mémoire des victimes de la Shoah et une manifestation intolérable d’antisémitisme », a-t-elle écrit sur Twitter.

Ce défilé a eu lieu lundi dans cette ville de 13 000 habitants situé dans le centre du pays. Selon les vidéos diffusées par les médias locaux, des participants déguisés en soldats nazis et armés de faux fusils dansaient au son d’une musique disco.

Un groupe de femmes a défilé avec des drapeaux israéliens et des uniformes rayés comme ceux des prisonniers des camps de concentration nazis tandis qu’une autre femme était juchée sur un char avec deux dobermans sous deux cheminées faisant penser à une chambre à gaz.

Dans un communiqué, la mairie de la ville a présenté ses excuses pour le défilé organisé par une association culturelle. Selon la municipalité, cette association entendait faire de ce défilé un « hommage » aux 6 millions de juifs morts pendant la Shoah.

Les participants du carnaval d’Aolst portant des costumes mélangeant des habits propres aux juifs ultra-orthodoxes et membres de fourmi à Aolst, en Belgique, le 23 février 2020 (Crédit : Cnaan Liphshiz)

« Maintenant que nous avons vu la représentation, nous partageons les critiques. Si l’objectif initial était de commémorer les victimes, il est évident qu’il n’a pas été tenu », a ajouté la mairie.

Une polémique similaire a eu lieu en Belgique où le carnaval d’Alost, qui a fait défiler dimanche des caricatures de juifs orthodoxes, a été également accusé d’antisémitisme.

Ce carnaval vieux de 600 ans a été rayé du patrimoine immatériel de l’Unesco après son édition 2019 lors de laquelle un char a caricaturé des juifs orthodoxes au nez crochu, assis sur des sacs d’or.

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