Rechercher

Malgré des tensions, la Journée de la Nakba s’est déroulée dans le calme

Peu de grands rassemblements ont eu lieu cette année ; trois personnes ont été arrêtées lors d'un rassemblement à Tel Aviv

Des Palestiniens agitent des drapeaux nationaux lors d'un rassemblement marquant le 74e anniversaire de la "Nakba" ou "catastrophe" de la fondation d'Israël dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 mai 2022. (Crédit: Abbas MOMANI / AFP)
Des Palestiniens agitent des drapeaux nationaux lors d'un rassemblement marquant le 74e anniversaire de la "Nakba" ou "catastrophe" de la fondation d'Israël dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 15 mai 2022. (Crédit: Abbas MOMANI / AFP)

Les Palestiniens et les Arabes israéliens ont organisé dimanche des commémorations éparses pour marquée de la Nakba pour déplorer la création de l’État d’Israël, la journée s’étant déroulée en grande partie sans incident.

Les Palestiniens appellent la fondation d’Israël en 1948 « la Nakba », un mot arabe signifiant catastrophe. Des centaines de milliers de Palestiniens ont fui ou ont été expulsés pendant la guerre de 1948, alors que l’État juif naissant luttait pour sa survie.

Ces rassemblements ont lieu chaque année en date du 15 mai, anniversaire de la Déclaration d’indépendance israélienne, d’où les rassemblements organisés samedi dans le monde. Les Israéliens célèbrent la création de leur État sur la base du calendrier hébraïque, qui change d’année en année.

Alors que cet anniversaire est souvent marqué par de fortes tensions, la journée s’est déroulée dans le calme en Israël, en Cisjordanie et à Gaza, avec peu d’événements majeurs. Un grand rassemblement auquel des milliers de Palestiniens ont participé avait déjà eu lieu le jour de Yom HaAtsmaout, il y a deux semaines.

Lors d’une manifestation à l’université de Tel Aviv, quelques dizaines de Palestiniens se sont rassemblés pour commémorer la fondation « catastrophique » d’Israël. Trois étudiants arabes ont été arrêtés par la police après qu’une bagarre a éclaté entre eux et des militants d’extrême droite du groupe Im Tirzu, les deux parties rejetant la responsabilité sur l’autre.

Le chef du parti de la Liste arabe unie, Ayman Odeh, a condamné l’arrestation des trois étudiants. Un seul d’entre eux était toujours en détention dimanche soir ; les deux autres ont été libérés sans charge, selon les informations rapportées par un activiste arabe israélien.

« Je salue le mouvement étudiant pour leur travail essentiel de commémoration de la Nakba », a déclaré Odeh.

La police arrête des étudiants arabes israéliens qui se seraient battus avec des militants d’extrême droite à l’Université de Tel Aviv lors d’une commémoration du Jour de la Nakba, le 15 mai 2022. (Crédit: Hadash)

Mais hormis le rassemblement de Tel Aviv, la journée s’est déroulée sans incident.

À Ramallah, des centaines de Palestiniens ont rejoint un grand rassemblement dans le centre-ville. Une sirène de raid aérien a retenti dans le siège de l’Autorité palestinienne pour annoncer l’anniversaire.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, n’est pas sorti de son enceinte pour prononcer de discours. Mais le bureau du leader palestinien a publié samedi soir une longue déclaration appelant les Palestiniens à résister « au nettoyage ethnique, à la colonisation et à la judaïsation ».

« Abbas a appelé les dirigeants d’Israël à quitter le cycle aveugle de la négation de l’autre, qui a prouvé sa futilité et son échec, et la négation des droits nationaux légitimes du peuple palestinien », a déclaré le bureau d’Abbas, selon WAFA, l’agence de presse officielle de l’AP.

Abbas a réitéré la position de l’Autorité palestinienne sur la création d’un État palestinien indépendant dont la capitale serait Jérusalem-Est.

Le leader de l’AP a également appelé à « l’affirmation du droit au retour et à une solution juste à la question des réfugiés palestiniens ». Les Israéliens considèrent que le droit au retour des réfugiés palestiniens de 1948 sonne le glas du rêve sioniste d’un État à majorité juive.

Des événements épars ont également été organisés à travers le pays dans les villes et villages arabes pour commémorer cette journée. Les participants ont allumé des torches et entonné des chants patriotiques.

« Ma patrie, ma patrie. La jeunesse ne se lassera pas jusqu’à ta libération », l’hymne national chantée par plusieurs jeunes Arabes israéliens à Nazareth.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...