Malgré le refus de l’AP, le combustible payé par le Qatar entre à Gaza
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Malgré le refus de l’AP, le combustible payé par le Qatar entre à Gaza

Six camions transportant 450 000 litres de combustible ont franchi mardi Kerem Shalom

La centrale électrique de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
La centrale électrique de la bande de Gaza. Illustration. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

La bande de Gaza a reçu mardi livraison de combustible payé par le Qatar pour la seule centrale électrique du territoire palestinien contrôlé par le groupe terroriste palestinien du Hamas, ont indiqué des sources palestiniennes et diplomatiques.

L’arrivée du combustible via Israël soulève des questions sur la voie à suivre pour les acteurs de la crise de Gaza et sur l’éventualité de contourner l’Autorité palestinienne (AP), internationalement reconnue à la différence du Hamas qui est considéré par Israël, les États-Unis et l’Union européenne comme un groupe terroriste, pour traiter des affaires de l’enclave.

Le combustible a été livré en dépit de l’opposition de l’AP présidée par Mahmoud Abbas et basée en Cisjordanie.

La communauté internationale défend depuis longtemps comme une nécessité un retour à Gaza de l’Autorité palestinienne évincée par la force par le Hamas en 2007. Le mouvement islamiste et l’Autorité restent à couteaux tirés en dépit d’années de tentatives de réconciliation.

La dégradation des conditions dans l’enclave éprouvée par les guerres, la pauvreté et les blocus israélien et égyptien, ainsi que les tensions ravivées quotidiennement par le Hamas avec Israël suscitent à nouveau l’inquiétude.

Gaza menace « d’exploser d’une minute à l’autre », selon l’ONU.

La livraison de combustible en provenance du Qatar « vise à améliorer l’alimentation en électricité » des Gazaouis, qui vivent depuis des mois avec quatre heures de courant par jour en provenance du réseau public, a dit à l’AFP un porte-parole du Hamas, Hazem Qassem.

Six camions transportant 450 000 litres de combustible ont franchi mardi Kerem Shalom, le point de passage entre Israël et Gaza pour les marchandises, a dit un responsable palestinien sous couvert de l’anonymat. L’AFP a vu passer l’un de ces camions.

Aux termes de l’accord conclu sous les auspices de l’ONU, le Qatar paie le combustible livré ensuite via Israël sous supervision onusienne, selon un diplomate.

Le Qatar est l’un des principaux soutiens du Hamas et l’un des plus importants bailleurs de fonds à Gaza.

Azzam al-Ahmad, un proche de M. Abbas, a menacé dans un communiqué de mesures de rétorsion si les livraisons continuent.

M. Abbas, qui fait pression pour forcer le Hamas à accepter le retour de l’Autorité à Gaza, redoute que la communauté internationale ne reconnaisse l’autorité de ce mouvement sur Gaza en concluant des accords avec lui.

Selon le porte-parole du Hamas, la livraison a été « favorisée par l’ONU à cause du vide causé par l’Autorité ».

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a accusé mardi M. Abbas d’aggraver les souffrances des habitants de Gaza et d’alimenter leur animosité contre Israël.

« Abou Mazen (Abbas) les étrangle économiquement et ils se déchaînent contre Israël » a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Jérusalem.

Il n’a pas directement fait référence à la livraison de combustible mais a évoqué « des tentatives pour trouver des solutions concrètes afin qu’il cesse cet étranglement ».

M. Netanyahu a également mis en garde contre une éventuelle multiplication des attaques contre le sud d’Israël, limitrophe de Gaza, par les groupes armés palestiniens, avertissant que « le prix à payer serait trop élevé ».

« Je ne cherche pas à lancer des guerres qui ne sont pas nécessaires » a-t-il ajouté. « Mais s’il n’existe aucune alternative, vous entrez en guerre avec toute votre force ».

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