Malgré les menaces de Trump, la majorité parlementaire irakienne soutient Maliki
Le Cadre de coordination, principale alliance chiite du pays, estime que la décision concernant le dirigeant irakien doit être "libre de toute ingérence étrangère"

La principale alliance chiite d’Irak, qui détient la majorité au Parlement, a annoncé qu’elle soutenait Nouri al-Maliki pour le poste de Premier ministre, malgré les menaces du président américain Donald Trump de mettre fin à tout soutien de son pays.
Figure de la vie politique irakienne, Maliki a déjà été deux fois Premier ministre, mais il a quitté le pouvoir en 2014 sous la pression de Washington, qui le considère comme proche de l’Iran.
« La dernière fois que Maliki était au pouvoir, le pays a sombré dans la pauvreté et le chaos total. Cela ne doit pas se reproduire », a écrit mardi le président américain sur son réseau Truth Social, ajoutant que « en raison de ses politiques et idéologies insensées, s’il est élu, les États-Unis d’Amérique ne viendront plus en aide à l’Irak ».
Mercredi, Maliki a vivement critiqué ces déclarations, les considérant comme une « violation » du « système démocratique » instauré en Irak depuis l’invasion américaine de 2003, qui avait renversé Saddam Hussein.
Samedi, le Cadre de coordination, une alliance de factions chiites aux liens plus ou moins étroits avec l’Iran, a réaffirmé dans un communiqué « son soutien à son candidat, Nouri Kamel al-Maliki, pour le poste de Premier ministre ».
« Le choix du Premier ministre relève exclusivement de la Constitution irakienne […] et doit être libre de toute ingérence étrangère », a-t-il soutenu.
La même source a déclaré être attachée à « des relations équilibrées avec la communauté internationale, en particulier avec les grandes puissances mondiales, fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence dans les affaires intérieures ».
« Décision définitive »
L’Irak a longtemps été un terrain de confrontation par procuration entre les États-Unis et l’Iran, les gouvernements successifs tentant de maintenir un équilibre délicat entre ces deux ennemis.
La déclaration du Cadre de coordination intervient à la veille d’une séance du Parlement qui doit élire le président du pays. Or, en raison de divergences politiques, il n’est pas certain que le quorum requis soit atteint.
Une fois élu, le président disposera de quinze jours pour nommer un Premier ministre, qui sera généralement désigné par le plus grand bloc chiite.
Il prendra ses fonctions à une époque troublée au Moyen-Orient, où l’influence de l’Iran faiblit et les tensions avec les États-Unis s’accroissent.
Deux sources proches du Cadre de coordination ont indiqué à l’AFP que Maliki avait rencontré cette semaine à Bagdad des représentants américains qui lui ont fait savoir que la décision de Washington était « définitive ».
Selon l’une de ces sources, les dirigeants chiites sont divisés : certains souhaiteraient que Maliki se retire, craignant d’éventuelles sanctions américaines en cas de retour au pouvoir.
Après des décennies de conflits et de chaos, l’Irak avait récemment retrouvé une certaine stabilité. Mais son économie, déjà fragile, pâtira des mesures punitives des États-Unis, qui ont déjà sanctionné plusieurs entités accusées d’aider Téhéran à se soustraire à ses propres sanctions.







