Malmenée par la guerre, la high-tech israélienne affiche des signes de reprise
L'attractivité d'Israël a été confirmée par l'annonce, mi-décembre, par Nvidia, de la création d'un gigantesque centre de recherche et développement dans le nord du pays

Innovations dans la défense et promesses de nouveaux investissements : le secteur de la haute technologie, vital pour l’économie israélienne, affiche des signes de reprise après avoir été éprouvé par la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a provoqué une importante fuite des cerveaux.
Pour les autorités, l’attractivité d’Israël a été confirmée par l’annonce, mi-décembre, par le géant américain des puces électroniques Nvidia, de la création d’un gigantesque centre de recherche et développement pouvant accueillir jusqu’à 10 000 employés, dans le nord du pays.
« Les investisseurs affluent en Israël sans cesse », s’était alors félicité le Premier ministre, Benjamin Netanyahu.
En Israël, les techniques de pointe représentent 17 % du PIB, 11,5 % des emplois et 57 % des exportations, selon les dernières données de l’Autorité de l’Innovation israélienne (IAA), publiées en septembre 2025.
Mais comme le reste de l’économie, ce secteur n’a pas été épargné par la guerre entre Israël et le Hamas déclenchée par le pogrom perpétré par ce dernier le 7 octobre 2023, et ses répercussions régionales.
« Les entreprises high-tech ont dû faire face à des réductions massives de personnel, car 15 à 20 % des employés, et parfois davantage, ont été mobilisés sur le front », indique à l’AFP le directeur de l’IAA, Dror Bin.
Fin 2023 et en 2024, « le trafic aérien, élément essentiel de ce secteur international, a été suspendu et les investisseurs étrangers ont tout gelé en attendant de voir ce qui allait se passer », dit-il.
En Israël, la guerre a également provoqué une fuite des cerveaux. Entre octobre 2023 et juillet 2024, 8 300 employés du secteur des techniques de pointe ont quitté le pays pour une durée d’un an ou plus, soit 2,1 % de la main-d’œuvre du secteur, selon un rapport de l’IAA publié en avril 2025.
Investissements en hausse
Ce rapport ne détaille pas la part des employés ayant quitté Israël pour travailler dans des entreprises étrangères ou dans des entreprises israéliennes installées à l’étranger, ni le nombre de ceux qui sont revenus en Israël.
En 2023, la croissance de la haute technologie avait largement dépassé celle du PIB, avec une hausse de 13,7 % contre 1,8 % pour le PIB. Mais la production du secteur a stagné en 2024, puis en 2025, selon les chiffres de l’IAA.
Alors qu’une trêve fragile est en vigueur entre Israël et le Hamas à Gaza depuis octobre, les professionnels du secteur croient en une reprise.
Les entreprises israéliennes de haute technologie ont levé 15,6 milliards de dollars de financements privés en 2025, contre 12,2 milliards en 2024, selon des chiffres préliminaires pour 2025 publiés en décembre par Startup Nation Central (SNC), société d’utilité publique qui promeut l’innovation israélienne.
Selon l’IAA, l’innovation de rupture (« deep-tech »), qui s’appuie sur des avancées scientifiques ou d’ingénierie majeures (comme l’intelligence artificielle, la biotechnologie ou l’informatique quantique) pour promouvoir des transformations profondes et durables, notamment dans l’industrie, a retrouvé en 2025 ses niveaux d’avant 2021, année considérée comme un pic historique pour la high-tech israélienne.
Innovation de défense
Les deux dernières années ont également été marquées par une montée en puissance spectaculaire de l’innovation technologique dans le domaine de la défense, alors que l’armée israélienne était engagée sur plusieurs fronts (Liban, Syrie, Iran, Yémen, en plus de Gaza et de la Cisjordanie).
Entre juillet 2024 et avril 2025, le nombre de jeunes pousses dans ce secteur a presque doublé, passant de 160 à 312, selon SNC.
Sur les plus de 300 entreprises émergentes collaborant avec le département de recherche et développement du ministère de la Défense israélien, « plus de 130 ont rejoint nos opérations pendant la guerre », indiquait en décembre Amir Baram, directeur-général du ministère.
Jusqu’alors, le ministère de la Défense se fournissait essentiellement auprès des grandes entreprises israéliennes d’armement, souligne le lieutenant-colonel (Rés.) Menahem Landau, directeur général de Caveret Ventures, société d’investissement dans la technologie de défense.
Mais avec la guerre, dit-il, les problèmes opérationnels sur le terrain ont poussé le ministère « à accepter des produits pas forcément complètement finis et testés, provenant de jeunes pousses ».
« Les technologies liées à la défense ont remplacé la cybersécurité comme secteur high-tech très demandé », résume-t-il.
« Pas seulement en Israël, mais dans le monde entier, en raison de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, des tensions avec la Chine notamment », souligne le lieutenant-colonel.







