Mandelblit écrit dans le journal dont il devrait inculper le propriétaire
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Mandelblit écrit dans le journal dont il devrait inculper le propriétaire

L'essai où Avichai Mandelblit défend l'Etat de droit a été publié dans Yedioth Ahronoth, dirigé par Mozes Arnon, qui risque l'inculpation pour corruption dans l'Affaire 2000

Le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une conférence à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit lors d'une conférence à Jérusalem le 3 septembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Vendredi, le journal Yedioth Ahronot. publié un essai du Procureur général Avichai Mandelblit, alors que le propriétaire du journal, Arnon Mozes, est visé dans une procédure judiciaire supervisée par Mandelblit lui-même avant une possible inculpation pour corruption dans l’Affaire 2000.

L’affaire implique des accusations que le Premier ministre Benjamin Netanyahu se serait mis d’accord avec Mozes pour affaiblir un quotidien rival en échange d’une couverture médiatique plus favorable de la part de Yedioth. Mandelblit a dit qu’il avait l’intention d’inculper le Premier ministre pour fraude et abus de confiance dans l’affaire, alors que Netanyahu doit encore être auditionné, en plus des charges portées contre Mozes.

Mozes est encore l’actionnaire principal dans Yedioth Ahronot.

Dans une colonne de vendredi (lien en hébreu), Mandelblit défend l’état de droit et l’indépendance du système judiciaire, déclarant qu’ils sont le fondement de la démocratie en Israël.

« La Cour suprême, qui dispose d’une indépendance et d’un prestige international, a défendu dans ses décisions l’égalité de tous devant la loi et la protection des droits humains dans le pays. Ses milliers de jugement racontent l’histoire de la démocratie israélienne », a écrit Mandelblit.

Le propriétaire du journal « Yedioth Ahronoth » Arnon ‘Noni’ Mozes à son arrivée dans les locaux de l’unité anti-corruption Lahav 433 à Lod, le 15 janvier 2017. (Crédit : Koko/Flash90)

Netanyahu a été vivement critiqué par d’anciens membres de l’institution de la Justice pour ses tentatives apparentes de limiter les pouvoir de la Cour suprême pour son intérêt personnel.

Selon un reportage de la télévision de mercredi soir, Netanyahu et ses éventuels partenaires de coalition ont accepté que le prochain gouvernement vote pour un changement constitutionnel important qui vise à limiter la rôle de supervision de la Cour suprême, à donner aux élus de la Knesset l’autorité pour re-voter les lois qui ont été bloquées par la Cour suprême, et empêcher la Cour d’intervenir dans ses décisions administratives.

En plus de ses implications constitutionnels importantes, une telle loi a une très grande signification personnelle pour Netanyahu, qui est visé par des poursuites dans trois affaires de corruption, et qui devrait demander aux autres élus de la Knesset de voter en faveur de lui accorder l’immunité des poursuites, comme c’est possible selon la loi israélienne.

Si la Cour suprême pourrait actuellement renverser une telle décision de la Knesset, la loi préparée par le prochain gouvernement enlèverait à la Cour le droit de le faire, permettant ainsi à Netanyahu d’échapper aux poursuites.

L’essai de Mandelblit, intitulé « Quand Jabotinsky et Begin défendaient l’état de droit », a été publié dans le supplément du weekend du journal, et n’a pas été écrit spécifiquement pour le Yedioth, mais dans le cadre d’un livre sur le héros pionnier du sionisme Zeev Jabotinsky qui est publié par la maison d’édition Yedioth Ahronoth. On ne sait pas précisément quand Mandelbit a écrit l’essai, qui a été décrit dans la version en ligne du journal Ynet comme un « essai spécial par le juriste ».

La publication de l’article a été approuvée par le porte-parole du ministère de la Justice Moshe Cohen, selon le quotidien israélien des affaires The Marker. On ne sait pas exactement si Mandelblit lui-même avait approuvé la décision ou s’il avait vérifié la colonne avant qu’elle soit imprimée.

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