Mandelblit ordonne d’attendre pour les conclusions de l’enquête sur Netanyahu
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Mandelblit ordonne d’attendre pour les conclusions de l’enquête sur Netanyahu

Le procureur général a demandé aux enquêteurs de ne pas publier leurs conclusions tant que la Haute Cour n'aura pas examiné la requête contre leur publication

Le procureur général Avichai Mandelblit s'exprime lors d'une cérémonie du Barreau d'Israël à Tel Aviv, le 31 janvier 2018 (Flash90)
Le procureur général Avichai Mandelblit s'exprime lors d'une cérémonie du Barreau d'Israël à Tel Aviv, le 31 janvier 2018 (Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit a ordonné dimanche à la police d’attendre avant de publier ses conclusions concernant deux enquêtes de corruption visant le Premier ministre Benjamin Netanyahu, en raison d’une requête soumise auprès de la Haute Cour visant à empêcher leur publication.

L’annonce survient alors que diverses sources ont rapporté cette semaine que la police semblait prête à recommander un acte d’accusation contre le Premier ministre.

À la suite de la demande de Mandelblit, la publication des conclusions de la police dans les affaires visant Netanyahu risque d’être retardée de plusieurs jours. Une fois les recommandations déposées, Mandelblit devra décider si un acte d’accusation est justifié.

En décembre, la Knesset a adopté une loi très controversée qui empêche la police, à l’issue de ses enquêtes et suite à la remise des dossiers aux procureurs, d’émettre des commentaires s’il y a des éléments de preuve pour une inculpation. La législation ne s’applique qu’aux affaires concernant des personnalités publiques et les affaires très médiatisées, mais n’est pas rétroactive, ce qui signifie que les enquêtes visant Netanyahu ne seront pas concernées.

Mandelblit a ordonné ce délai après que l’avocat Yossi Fuchs a déposé une requête la semaine dernière demandant au tribunal d’empêcher la police de publier ses recommandations dans les affaires visant Netanyahu jusqu’à ce qu’une audience soit tenue concernant une requête antérieure de Fuchs, dans laquelle il demandait que la nouvelle législation soit appliquée rétroactivement.

La semaine dernière, le tribunal a donné à l’Etat jusqu’au 15 février pour répondre à la dernière requête.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu dirige une réunion de sa faction du Likoud à la Knesset, le 5 février 2018 (Miriam Alster / Flash90)

Des manifestants anti-corruption ont régulièrement organisé des rassemblements devant le domicile de Mandelblit, l’accusant d’avoir fait traîner les enquêtes concernant le Premier ministre. Le procureur général s’est justifié à plusieurs reprises du temps qu’il prenait – plus d’un an – et a affirmé que les enquêtes devaient se faire de façon approfondie et non de façon précipitée.

La semaine dernière, Netanyahu a fustigé la police sur sa gestion de ces deux enquêtes criminelles en cours.

Le commissaire de police Roni Alsheich a réagi en affirmant que les officiers de police enquêtant sur Netanyahu avaient été suivis et mis sous pression.

Dans une rare interview concernant ces affaires accordée au programme d’investigation « Uvda » de la chaîne Hadashot, Alsheich a prétendu que des « personnalités puissantes » avaient engagé des enquêteurs privés afin de collecter des informations concernant les officiers de police travaillant sur les affaires concernant Netanyahu.

Le Premier ministre a répondu en exigeant l’ouverture immédiate d’une enquête sur les suggestions « fausses et scandaleuses » d’Alsheich et a ajouté que ces affirmations mettaient en doute l’objectivité des agents, ainsi que la crédibilité de l’enquête le concernant.

Dans la dénommée « affaire 1000 », Netanyahu et sa femme, Sara, sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de bienfaiteurs milliardaires, notamment des centaines de milliers de shekels de cigares et de champagne du producteur hollywoodien d’origine israélienne Arnon Milchan.

Dans l’affaire 2000, Netanyahu est accusé d’être impliqué dans un accord présumé illégal entre Netanyahu et Arnon Mozes, l’éditeur du journal Yedioth Ahronoth. En échange d’une couverture plus favorable du Yedioth, le Premier ministre aurait accepté d’affaiblir le quotidien rival Israel Hayom, dirigé par Sheldon Adelson.

Netanyahu a nié tout méfait dans les deux affaires.

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