Mandelblit ouvre une enquête pénale sur l’affaire des sous-marins
Rechercher

Mandelblit ouvre une enquête pénale sur l’affaire des sous-marins

Netanyahu n’est pas considéré comme un suspect, contrairement à son avocat personnel et à un ancien officier de la marine

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l'INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur l'INS Tanin, sous-marin construit par la firme allemande ThyssenKrupp, à son arrivée en Israël, le 23 septembre 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le bureau du procureur de l’Etat a ouvert une enquête pénale sur l’affaire dite des sous-marins. L’avocat personnel du Premier ministre est soupçonné d’avoir tenté d’influencer des accords d’achats des navires à plusieurs milliards de shekels, a annoncé lundi le ministère de la Justice dans un communiqué.

Le communiqué indique que la décision de passer d’une enquête préliminaire à une investigation pénale a été prise par le procureur général, Avichai Mandelblit, en raison des preuves et des témoignages rassemblés par la police ces derniers mois.

Dans cette affaire, parfois surnommée « Affaire 3 000 », l’avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, David Shimron, qui aurait également agi au nom de ThyssenKrupp, le constructeur naval allemand, est soupçonné d’avoir fait pression sur le ministère de la Défense pour ces achats, des sous-marins destinés à la marine israélienne, et des navires devant protéger les champs de gaz naturel méditerranéens du pays.

La promotion d’un contrat militaire à six milliards de shekels lui aurait rapporté de juteux honoraires, malgré la possibilité de conflits d’intérêts. L’accord aurait également permis à ThyssenKrupp de construire un lucratif chantier naval en Israël, où l’entreprise aurait effectué la maintenance des navires.

Netanyahu n’est pas considéré comme un suspect dans cette affaire, ce que le ministère de la Justice a souligné dans son communiqué de lundi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son avocat personnel, David Shimron, à gauche. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et son avocat personnel, David Shimron, à gauche. (Crédit : Flash90)

La décision d’ouvrir une enquête pénale officielle aurait été prise après le témoignage du général de division (de réserve) Ram Rothberg, ancien commandant de la marine israélienne, au début du mois.

La Deuxième chaîne avait annoncé ce mois-ci que Shimron, l’homme d’affaires Mickey Ganor et le général de division (de réserve) Eliezer Marom devaient tous être interrogés en qualité de suspect dans cette affaire.

En octobre 2015, Netanyahu avait annoncé au cabinet qu’Israël était en train de négocier l’achat de trois nouveaux sous-marins pour la marine, qui possède déjà cinq navires sous-marins, et attend la livraison d’un sixième dans les prochaines années.

Netanyahu a démenti toute malversation dans cette affaire, affirmant que le renforcement de la sécurité à long terme d’Israël était la « seule considération » prise en compte pour ces achats.

Les nouveaux sous-marins devaient remplacer les anciens modèles de l’armée, et auraient possédé des capacités nucléaires.

L’affaire a attiré l’attention quand des accusations ont émergé contre le Premier ministre, qui aurait pu expédier cette décision en raison des relations commerciales de son avocat personnel, Shimron, avec ThyssenKrupp. Netanyahu a fait pression pour qu’Israël achète ces navires, apparemment contre l’avis de l’armée israélienne et de Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense.

Le chef d'État-major Gadi Eizenkot, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjmain Netanyahu à l'inauguration du nouveau sous-marin "Rahav" à Haïfa le 12 janvier 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)
Le chef d’État-major Gadi Eizenkot, Moshe Yaalon, alors ministre de la Défense, le président Reuven Rivlin et le Premier ministre Benjmain Netanyahu à l’inauguration du nouveau sous-marin « Rahav » à Haïfa le 12 janvier 2016. (Crédit : Kobi Gideon/GPO)

En octobre, les partis d’opposition ont annoncé qu’ils demanderaient une enquête parlementaire sur le conflit d’intérêts présumé de Netanyahu dans cette affaire.

Mandelblit avait ordonné une enquête préliminaire en novembre sur une affaire en lien : Shimron aurait pu utiliser ses relations avec Netanyahu en 2014 pour faire pression pour l’achat de navires de patrouille de ThyssenKrupp pour protéger les champs de gaz naturel offshore d’Israël.

Shimron a affirmé qu’il n’avait « pas été en contact avec un responsable de l’Etat sur le sujet de l’achat de navires par Israël », et que son travail pour l’entreprise allemande, pendant qu’il était en même temps l’avocat personnel du Premier ministre, ne constituait pas un conflit d’intérêts.

Netanyahu fait, lui, l’objet depuis fin 2016 de deux enquêtes : l’une pour des cadeaux luxueux que sa famille et lui sont soupçonnés d’avoir reçus de la part d’hommes d’affaires, l’autre pour avoir tenté de négocier une couverture journalistique plus favorable avec le patron du quotidien le plus vendu en Israël. Il dément depuis ces accusations.

L’équipe du Times of Israël et l’AFP ont contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...