Mandelblit va-t-il inculper Sara Netanyahu ?
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Mandelblit va-t-il inculper Sara Netanyahu ?

L’avocat de l’épouse du Premier ministre affirme qu’une mise en examen serait “ridicule” ; le ministère de la Justice précise qu’aucune décision n’a encore été prise

Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec son avocat, Yossi Cohen, au tribunal régional du travail de Jérusalem, le 29 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Sara Netanyahu, l'épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avec son avocat, Yossi Cohen, au tribunal régional du travail de Jérusalem, le 29 octobre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le procureur général Avichai Mandelblit aurait décidé de mettre en examen l’épouse du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Sara Netanyahu, qui est soupçonnée d’avoir détourné de l’argent public pour ses propres intérêts, a annoncé lundi la Deuxième chaîne.

La semaine dernière, elle a été interrogée par l’équipe de lutte contre la fraude nationale près de Tel Aviv. Elle aurait utilisé de l’argent public pour payer des dépenses d’entretien de la résidence officielle mais aussi de la résidence privée du couple.

Elle est soupçonnée de conduite répréhensible et d’usage impropre des financements publics liés à la résidence du Premier ministre, notamment d’avoir reçu des biens sous de faux prétextes, d’avoir falsifié des documents, et d’abus de confiance. Le procureur général inculperait Sara Netanyahu de quatre chefs d’accusation distincts.

L’accusation la plus grave porte sur l’embauche d’un électricien, Avi Fahima, membre du Comité central du Likud. Une commission chargée de superviser les dépenses de la résidence, à laquelle participe notamment le conseiller juridique du bureau du Premier ministre, s’était prononcée contre l’embauche de Fahima. Il a néanmoins été employé.

Avichai Mandelblit, procureur général d'Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avichai Mandelblit, procureur général d’Israël, pendant une réunion de la commission de la Justice, du Droit et de la Constitution de la Knesset, le 18 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

D’autres accusations portent sur l’utilisation de fonds publics pour l’achat de meubles pour la résidence officielle de Jérusalem qui ont été déplacés dans la résidence privée du couple Netanyahu et remplacés par les anciens meubles de celle-ci.

L’épouse du Premier ministre est également soupçonnée d’avoir utilisé de l’argent public pour payer les soins médicaux de son père, depuis décédé, et d’avoir surfacturé l’Etat pour les repas privés organisés à la résidence du Premier ministre.

Yossi Cohen, l’avocat de Sara Netanyahu, a affirmé que « si les informations [sur la mise en examen de sa cliente] sont correctes, nous parlons d’accusations ridicules. »

« Jusqu’où faudra-t-il aller dans la persécution de la famille Netanyahu ? Jusqu’à la tasse de thé qu’un employé de la résidence a donnée au père de Mme Netanyahu, âgé de 97 ans, sur son lit de mort pendant qu’il y habitait ? »

La décision de lancer une enquête sur Sara Netanyahu a été prise sur recommandation du parquet national. En 2015, des accusations avaient été soulevées par le rapport du contrôleur de l’Etat, Yossef Shapira, qui détaillait les dépenses somptueuses de Netanyahu et de son épouse à la résidence officielle de Jérusalem, ainsi que pour leur résidence privée de Césarée.

Le ministère de la Justice a cependant précisé lundi soir qu’aucune décision n’avait été prise sur la mise en examen de Sara Netanyahu.

« Nous voulons préciser qu’à ce stade, le procureur général n’a pas encore pris de décision sur cette affaire », a indiqué le ministère dans un communiqué. « Quand une décision sera prise, à la fin de l’enquête qui a été ordonnée par le procureur général, un communiqué public sera publié, comme le veut la coutume. »

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