Manif à Paris/Éric Coquerel : « on nous invente maintenant l’antisémitisme »
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Manif à Paris/Éric Coquerel : « on nous invente maintenant l’antisémitisme »

C’est Valeurs Actuelles "qui balance un truc, repris par l’AFP", selon le député LFI, alors même que l'AFP n'a pas publié de dépêche mentionnant l'incident antisémite

Éric Coquerel, Clémentine Autain et Adrien Quatennens à la marche du 21 septembre 2017 contre la réforme du code du travail. (Crédit : Drutchy2017 / CC BY-SA 4.0)
Éric Coquerel, Clémentine Autain et Adrien Quatennens à la marche du 21 septembre 2017 contre la réforme du code du travail. (Crédit : Drutchy2017 / CC BY-SA 4.0)

Éric Coquerel, député La France Insoumise en Seine-Saint-Denis, a estimé ce lundi au micro de Patrick Roger sur Sud Radio que les insultes antisémites (« sales Juifs ») survenues samedi lors de la « manifestation contre le racisme et les violences policières » avaient été inventées et que certains détracteurs avaient voulu tendre un « piège » aux manifestants afin de « diviser les gens entre eux ».

Présent à la manifestation, le responsable politique affirme n’avoir rien entendu de tel. « On nous invente l’antisémitisme, ce n’est pas bien de faire ça », a-t-il déclaré, se disant « consterné ». C’est Valeurs Actuelles « qui balance un truc, repris par l’AFP », selon lui, alors même que l’AFP n’a pas publié de dépêche mentionnant l’incident antisémite.

« C’est insupportable de laisser penser qu’à un moment donné, (quand) vous avez des gens racisés, des noirs, des personnes arabes, dans une manifestation, forcément il y aurait de l’antisémitisme », a-t-il ajouté. « Manifestement beaucoup de gens espéraient qu’il y ait des violences ce week-end. »

« Ça a été une manifestation pour des gens qui étaient amassés ensemble, avec des lacrymogènes tirés, des policiers qui faisaient incursion… ça a été exemplaire en termes de calme, donc comme on n’a pas pu les prendre là-dessus, on nous invente maintenant l’antisémitisme. »

Il a également rappelé les propos d’Assa Traoré en fin de manifestation, qui a déclaré rejeter tout antisémitisme et tout racisme.

Il a toutefois précisé qu’il condamnerait « bien sûr » tout propos antisémite « s’il y a une personne qui a dit quelque chose ».

Alors que la préfecture de police de Paris a annoncé qu’elle allait signaler ces propos antisémites à la justice, le député La France insoumise Jean-Luc Mélenchon l’a accusée d’incitation à la haine « en colportant des ragots antisémites ».

« Méthodes indignes pour diviser, semer la haine et défigurer la marche pacifique des antiracistes », a estimé le responsable de gauche, provoquant la colère d’internautes, qui l’ont accusé de ne pas prendre en compte la gravité des propos.

D’autres ont soutenu l’idée défendue par Mélenchon, estimant que la préfecture avait généralisé à toutes les personnes présentes les propos antisémites du ou des individus qui les ont scandés – la vidéo et les témoignages ne laissent pas penser que ces propos haineux ont été repris par la foule, à la différence de slogans tels que « Pas de justice, pas de paix », ou « Tout le monde déteste les fascistes ».

Sur Twitter, plusieurs membres de la classe politique française ont dénoncé les insultes antisémites survenues samedi. Les représentants de la communauté juive de France, le grand rabbin de France et plusieurs personnalités ont également condamné les propos.

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