Manifestation à Tel Aviv : « Où est le ministre des femmes assassinées ? »
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Manifestation à Tel Aviv : « Où est le ministre des femmes assassinées ? »

Plus de 1 000 manifestantes ont exhorté le gouvernement à faire plus pour résoudre le problème après la mort de trois femmes tuées par leur partenaire le mois dernier

Des personnes protestent contre la violence envers les femmes sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)
Des personnes protestent contre la violence envers les femmes sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Plus de mille femmes ont manifesté lundi soir à Tel Aviv contre le traitement de la violence domestique contre les femmes par le gouvernement et les autorités.

Lors de la manifestation, qui s’est tenue sur la place Habima de la ville, les manifestants ont montré des photos de Maya Vishnyak, 22 ans, qui a été étranglée dans la ville voisine de Ramat Gan au cours du week-end. Son partenaire a été arrêté, soupçonné du meurtre.

Les manifestants brandissaient également des pancartes disant « Le sang des femmes n’est pas sans valeur », « Nous ne nous tairons pas » et « Où est le ministre des femmes assassinées ? » – une référence au gouvernement d’union tout juste intronisé, le plus grand de l’histoire du pays avec un large éventail de nouveaux portefeuilles ministériels.

« De notre vivant, nous n’avons pas de soutien, nous n’avons pas d’appui, nous n’avons pas de cadre thérapeutique, dont beaucoup [de prestataires] ont été fermés », ont dénoncé les organisatrices de la manifestation dans un communiqué. « Il n’y a pas de budget et pas de ressources appropriées. Et il n’y a pas de sécurité, ni dans la rue ni chez soi ».

Les organisatrices ont déclaré aux médias que ce qui devait à l’origine être une petite cérémonie commémorative à la bougie s’est transformé en un événement beaucoup plus important.

Une manifestation similaire, de moindre envergure, s’est tenue sur la place Sion, dans le centre de Jérusalem.

Des manifestants contre la violence envers les femmes montrent une photo de Maya Vishnyak, qui a été étranglée lors d’un acte de violence domestique, alors qu’ils participent à un rassemblement sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Maya Vishnyak a été tuée samedi à Ramat Gan. Son partenaire, Amit Almog, âgé de 21 ans, a été arrêté, et sa détention préventive a été prolongée de huit jours lundi.

Selon les informations parues, le suspect et sa petite amie ont eu une dispute qui a dégénéré, pendant laquelle il l’a étranglée à mort. Lorsque sa mère est entrée, il lui a demandé de voir ce qu’il avait fait, et lorsqu’elle a tenté d’appeler la police, il l’a poignardée.

La mère du petit ami, âgée de 50 ans, a été transportée à l’hôpital. Sa vie n’était pas en danger. Maya Vishnyak a été déclarée morte sur place, a fait savoir le service de secours Magen David Adom.

La police et les services sociaux ont signalé une augmentation importante des plaintes pour violence domestique depuis le début de la crise du coronavirus, qui a été rendue responsable de l’exacerbation des tensions alors que les gens étaient confinés ensemble.

Les militants des droits des femmes ont prédit que la violence pourrait s’accroître malgré l’assouplissement des restrictions et ont exhorté le gouvernement à financer un plan élaboré pour lutter contre la violence domestique qui a été approuvé en 2017.

Des femmes manifestent contre la violence à l’égard des femmes sur la place Habima à Tel Aviv, le 18 mai 2020. (Tomer Neuberg/Flash90)

Plusieurs actes de violence graves ont été commis à l’encontre des femmes par leur partenaire fin avril et début mai.

Vendredi, un homme de Holon a été inculpé pour avoir assassiné sa femme dans leur appartement à la fin avril devant leurs enfants. Selon l’acte d’accusation, Alaza Mandparo a poignardé à mort Mastwell Mandparo après avoir refusé de lui faire une tasse de café.

Le 3 mai, un homme a été arrêté après avoir appelé la police pour confesser qu’il avait assassiné sa femme dans leur appartement de Bat Yam. On pense que l’homme était en état d’ébriété pendant l’appel. Il avait déjà fait de la prison pour avoir agressé sa femme. Le couple a deux jeunes enfants.

Au début du mois d’avril, un homme a poignardé sa petite amie dans un supermarché à Afula. Il a été arrêté et a avoué l’agression, qui a conduit sa petite amie à l’hôpital avec des blessures modérées. Il a expliqué à la police qu’elle comptait le quitter.

Treize femmes israéliennes ont été assassinées en 2019 par une personne qu’elles connaissaient. En 2018, 25 femmes avaient connu le même sort, le nombre le plus élevé depuis des années, ce qui a suscité une série de manifestations et d’exhortations à l’attention des autorités pour qu’elles prennent des mesures contre l’incidence croissante de la violence à l’égard des femmes en Israël. Nombre de ces femmes ont porté plainte auprès de la police avant leur mort, craignant pour leur sécurité.

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