Manifestations des Ethiopiens : Erdan promet de mettre fin à « l’anarchie »
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Manifestations des Ethiopiens : Erdan promet de mettre fin à « l’anarchie »

La police a utilisé des grenades assourdissantes pour libérer les artères principales de Tel Aviv après que les manifestants ont incendié des voitures

  • Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
    Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
  • Une voiture en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Flash90
    Une voiture en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Flash90
  • Une voiture en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Flash90)
    Une voiture en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Flash90)
  • Des policiers israéliens lors d'une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne de 19 ans, tué quelques jours auparavant à Kiryat Haim par un policier qui n'était pas en service, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Adam Shuldman/Flash90)
    Des policiers israéliens lors d'une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne de 19 ans, tué quelques jours auparavant à Kiryat Haim par un policier qui n'était pas en service, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Adam Shuldman/Flash90)
  • Des policiers à une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)
    Des policiers à une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)
  • Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)
  • Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d'origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)
  • Une voiture de police brûle alors que des membres de la communauté éthiopienne en Israël affrontent la police dans la ville côtière israélienne de Netanya le 2 juillet 2019, lors d'une manifestation contre le meurtre de Solomon Tekah, un jeune homme d'origine éthiopienne, tué par un policier qui n'était pas en service. (Photo par JACK GUEZ / AFP)
    Une voiture de police brûle alors que des membres de la communauté éthiopienne en Israël affrontent la police dans la ville côtière israélienne de Netanya le 2 juillet 2019, lors d'une manifestation contre le meurtre de Solomon Tekah, un jeune homme d'origine éthiopienne, tué par un policier qui n'était pas en service. (Photo par JACK GUEZ / AFP)

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan a promis mercredi de mettre fin à ‘ »l’anarchie » après une journée de manifestations par les Israéliens d’origine éthiopienne, qui ont pris une tournure violente et ont immobilisé le pays pendant des heures après la mort d’un membre de leur communauté, tué par un policier qui n’était pas en service et dans des circonstances encore troubles.

Peu avant minuit mardi, la police, munie d’équipements anti-émeutes, a dispersé les foules après avoir laissé les manifestants les bloquer pendant une bonne partie de la journée. A Tel Aviv, ils ont utilisé des grenades assourdissantes et la police montée a été mobilisée pour ouvrir l’autoroute Ayalon.

A Afula, au nord du pays, un policier à tiré des coups de semonce après avoir été touché par des pierres.

Au total, la police a fait état de 47 agents blessés mardi, et au moins 60 manifestants ont été arrêtés dans l’ensemble du pays pour trouble à l’ordre public. Aucun bilan des manifestants blessés n’a été communiqué. L’un des manifestants a été modérément blessé dans un délit de fuite mardi soir, ont indiqué les services de secours.

Une voiture de police en feu pendant une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Après une réunion de crise des chefs de la police dans la nuit, Erdan a déclaré qu’il soutenait le droit à manifester mais qu’il ne tolérait pas la violence et « l’anarchie ».

« La police israélienne met tout en oeuvre et fait son possible pour permettre aux manifestants d’exprimer leur douleur et de faire passer leur message », a déclaré Erdan. « Les forces de l’ordre ont agi avec retenue et tenté d’éviter de violents affrontements qui auraient fait couler davantage de sang. »

« Nous continuerons à protéger le droit des manifestants à manifester, mais nous ne tolérerons pas l’anarchie et nous n’en tolérerons pas les troubles majeurs à l’ordre public », a-t-il dit, avant d’ajouter que la police œuvrerait également pour empêcher « les blessures aux personnes et les dégâts matériels ».

Des policiers à une manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Adam Shuldman/Flash90)

Les manifestants ont bloqué plusieurs routes et une quinzaine de carrefours, brûlant des pneus et attaquant parfois les véhicules qui tentaient de passer leurs barrages improvisés, dans les heures qui ont suivi l’enterrement de Solomon Tekah, 19 ans.

Vers une heure du matin, la plupart des rues ont été ouvertes et les chemins de fer ont annoncé que des trains circuleraient pendant la nuit pour aider les dizaines de milliers de personnes touchées par les contestations de la journée.

Pendant la journée, de nombreux rassemblements ont pris des airs d’émeutes, faisant des dizaines de blessés. Au moins quatre voitures ont été endommagées et plus de 50 000 usagers de la route sont restés coincés dans les embouteillages pendant plusieurs heures.

Ces scènes dramatiques ont notamment donné lieu à des actes de vandalisme et de violence. Des séquences vidéos filmées à Tel Aviv montrent un manifestant sauter sur un véhicule en mouvement pour briser le pare-brise. Ce même véhicule a été incendié quelques heures plus tard.

A Netanya, une voiture de police a été prise d’assaut et renversée. Elle a également été incendiée peu après. A Kiryat Ata, dans le nord, près du lieu de la fusillade, un autre véhicule a été incendié.

A Kiryat Malachi dans le sud, toutes les voitures de police du poste local ont été criblées de pierres.

Sur la route 431, près de la ville de Ramle, au centre du pays, un manifestant a été touché par une voiture et transporté d’urgence à l’hôpital avec des blessures légères, selon les services de secours. Le chauffeur a pris la fuite.

La police a semblé adopté, dans la journée, une approche passive, laissant les manifestants obstruer la circulation à des intersections clés dans l’ensemble.

Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Stop aux meurtres, stop au racisme », scandaient les manifestants rassemblés au carrefour Azrieli de Tel Aviv, après avoir traversé l’autoroute Ayalon, qui traverse la deuxième ville d’Israël en longueur. Les motards qui n’ont pas réussi à la traverser ont vu la manifestation prendre de plus en plus d’ampleur alors que la circulation était immobilisée.

Après avoir tenté de garder des tronçons d’autoroutes ouverts, la police a cédé face aux manifestants et fermé totalement Ayalon dans les deux sens, quand une deuxième manifestation a commencé à l’intersection Shalom.

Si les manifestations de Tel Aviv sont restées assez calmes, à l’exception de quelques automobilistes enragés qui tentaient de franchir les barrages, dans le reste du pays, les manifestations rappelaient celles de 2015, quand des milliers de juifs éthiopiens étaient descendus dans la rue à Tel-Aviv après la mort d’un jeune tué par un policier sur lequel il se serait rué avec un couteau.

Manifestation après la mort de Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier, à Tel Aviv, le 2 juillet 2019. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Plus tôt dans la journée de mardi, la police a fait savoir qu’elle avait arrêté 16 contestataires qui lançaient des pierres et des parpaings en leur direction dans la ville de Kiryat Ata, au nord du pays.

D’autres routes ont été fermées, notamment la jonction Geha à Petah Tikva et la route 2 entre Poleg et Netanya.

Plusieurs centaines de manifestants se sont également réunis à l’entrée de Jérusalem pour protester contre la mort de Tekah.

Si les manifestations de lundi contre la police ont principalement rassemblé des manifestants israélo-éthiopiens, la journée de mardi a été marquée par la mobilisation du public israélien, qui s’est associé aux appels contre la violence policière à l’encontre de la minorité éthiopienne.

« Nous devons faire tout notre possible pour nous assurer que la police cesse de tuer des gens à cause de leur couleur de peau », a déclaré à l’AFP l’un des manifestants, Mengisto, 26 ans.

Solomon Tekah, un Israélien d’origine éthiopienne abattu par un policier qui n’était pas en service, à Kiryat Haim, le 30 juin 2019. (Autorisationà

« Nous avons besoin d’obtenir des garanties de la part de l’Etat ou de la police que cela ne se reproduira plus », a-t-il exigé.

Dans sa version initiale, la police a rapporté que le policier, qui n’était pas en service lors des faits, avait été témoin d’une bagarre entre jeunes et avait tenté de s’interposer.

Il s’était ensuite identifié comme policier. Les jeunes lui avaient alors jeté des pierres et l’homme, se sentant menacé, a ouvert le feu, selon la police.

Mais d’autres jeunes présents et un passant ont assuré que le policier n’avait pas été agressé, ont rapporté les médias israéliens.

Le policier a été assigné à résidence tandis qu’une enquête a été confiée aux services chargés de contrôler les agissements policiers, a déclaré le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld.

Le département des enquêtes internes de la police a émis mardi un rare communiqué qu’elle avait obtenu de nouvelles preuves, notamment des témoignages et des vidéos des caméras de sécurité.

La mort de Solomon Tekah a provoqué une vive colère dans sa communauté. Des jeunes vivent dans la crainte permanente des traitements policiers parce qu’ils sont noirs, accusent des Israéliens d’origine éthiopienne.

Lundi soir, environ mille personnes ont tenté de prendre d’assaut le poste de police de Kiryat Haim, d’après la police. Les manifestants ont lancé des pierres et des bouteilles, et tiré des engins pyrotechniques, a-t-elle dit, ajoutant que trois policiers ont été blessés.

« La police dialogue avec les chefs de la communauté éthiopienne pour apaiser la situation », a indiqué M. Rosenfeld.

L’AFP a contribué à cet article.

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