Marquer les 100 ans de la déclaration Balfour ? Reconnaissez la Palestine, affirme Corbyn
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Marquer les 100 ans de la déclaration Balfour ? Reconnaissez la Palestine, affirme Corbyn

Le chef du parti travailliste a choisi de ne pas se rendre au dîner organisé pour célébrer l'événement historique avec May et Netanyahu

Jeremy Corbyn, chef du Labour britannique, à la sortie du bureau de vote, dans le nord de Londres, le 8 juin 2017. (Crédit: Daniel Leal-Olivas/AFP)
Jeremy Corbyn, chef du Labour britannique, à la sortie du bureau de vote, dans le nord de Londres, le 8 juin 2017. (Crédit: Daniel Leal-Olivas/AFP)

Le chef travailliste du Royaume-Uni Jeremy Corbyn a vivement recommandé jeudi au gouvernement du Royaume-Uni de célébrer le centenaire de la déclaration Balfour par une reconnaissance unilatérale de la Palestine.

Dans une déclaration émise pour marquer l’anniversaire, Corbyn a noté que le secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, Arthur James Balfour, avait, dans sa lettre écrite il y a 100 ans, promis d’aider à établir un foyer national pour le peuple juif en Palestine en promettant que rien ne devrait être fait pour porter préjudice aux droits des « communautés existantes non-juives ».

Cent ans après, a ajouté Corbyn, « la seconde partie de la promesse des Britanniques n’a pas encore été tenue et le rôle historique assumé par le Royaume-Uni implique que nous avons une responsabilité sociale envers la population palestinienne dont les droits fondamentaux sont encore niés ».

Le chef de l’opposition a ensuite déclaré : « Marquons alors l’anniversaire de Balfour en reconnaissant la Palestine comme une avancée vers une solution authentique à deux états à apporter au conflit israélo-palestinien, augmentons la pression internationale pour mettre un terme à l’occupation depuis 50 ans des territoires palestiniens, pour mettre fin à l’expansion des implantations illégales et au blocus de Gaza ».

Le Premier ministre britannique Theresa May, à gauche, pose avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords du 10, Downing Street, à Londres, le 2 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)
Le Premier ministre britannique Theresa May, à gauche, pose avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu aux abords du 10, Downing Street, à Londres, le 2 novembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / Tolga AKMEN)

Corbyn, largement considéré comme étant hostile envers Israël, a choisi de ne pas assister à un dîner particulier organisé pour le centenaire de la déclaration Blafour jeudi à Londres, auquel était présent le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

A cette occasion, la Première ministre Theresa May a expliqué qu’elle ne s’excuserait « absolument pas » pour la déclaration Balfour qui a ouvert la voie à l’établissement de l’Etat d’Israël, « le plus extraordinaire », tout en notant que la vision de la coexistence entre Juifs et Arabes restait « inachevée ».

A sa place, Corbyn a envoyé la secrétaire aux Affaires étrangères du gouvernement fantôme du partie travailliste, Emily Thornberry.

Dans un discours marquant le centenaire de la déclaration, May a salué ardemment l’Etat juif, le qualifiant de « vraie nation start-up », de « symbole d’ouverture, démocratie florissante, et de phare dans le monde dans le maintien des droits des femmes et de la communauté LGBT ».

Des manifestants brandissent des pancartes alors qu'ils se rassemblent devant le consulat britannique à Jérusalem-est, le 2 novembre 2017, pour protester contre le 100ème anniversaire de la déclaration Balfour, qui a aidé à mener à la création d'Israël (Crédit :AHMAD GHARABLI / AFP)
Des manifestants brandissent des pancartes alors qu’ils se rassemblent devant le consulat britannique à Jérusalem-est, le 2 novembre 2017, pour protester contre le 100ème anniversaire de la déclaration Balfour, qui a aidé à mener à la création d’Israël (Crédit :AHMAD GHARABLI / AFP)

Dans son allocution, la Première ministre britannique a également noté que « malheureusement, Balfour reste inachevé – sa vision fondamentale de coexistence pacifique n’a pas été réalisée ». Elle a exprimé son soutien à une solution à deux états, soulignant qu’Israéliens et Palestiniens devaient faire des compromis respectivement sur les implantations et les incitations.

« Il faudra des compromis de la part des deux parties si nous voulons avoir une chance réaliste d’atteindre cet objectif – notamment la fin de la construction des nouvelles implantations et la fin, aussi, des incitations palestiniennes », a-t-elle expliqué.

« Mais alors que nous travaillons ensemble sur la vision de Balfour d’une coexistence pacifique, nous devons être également clairs sur le fait qu’il ne pourra y avoir aucune excuse pour le mouvement BDS (boycott, divertissement ou sanctions) : Il est inacceptable et ce gouvernement refusera d’avoir affaire à ceux qui y souscrivent », a ajouté la Première ministre britannique.

Un proche conseiller de Corbyn, Fabian Hamilton, a indiqué au Times of Israel qu’il ignorait pourquoi Corbyn a décidé de snober le dîner.

Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)
Emily Thornberry pendant la conférence du Labour en 2016. (Crédit : Rwendland/CC BY-SA 4.0/Wikipedia)

« Je ne pense pas qu’il faille que nous lisions cela comme un boycott de Netanyahu », a affirmé Hamilton, tout en rappelant que, lorsqu’il était leader de l’opposition, l’ancien Premier ministre Tony Blair avait choisi de ne pas se rendre aux dîners où il n’était pas invité à s’exprimer.

Cette semaine, Thornberry a suggéré que le centenaire de l’engagement britannique à soutenir la création d’un foyer juif en Palestine ne devrait pas être fêté. La manière la plus appropriée de célébrer l’événement, a-t-elle dit au site internet Middle East Eye, était de « reconnaître la Palestine ».

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