Marseille : au Mucem un colloque sur Gaza crée une polémique
Dans le cadre de la « Saison Méditerranée », le Mucem s’apprête à accueillir un colloque « scientifique et artistique » consacré à la situation à Gaza
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Depuis quelques jours, la polémique enfle sur la légitimité de ce colloque et une vive controverse oppose les représentants de la communauté juive locale aux autorités municipales, Bruno Benjamin, le président du CRIF Marseille-Provence dénonçant une manifestation « militante » tandis que le maire de Marseille, Benoît Payan, réaffirme le principe de la liberté d’expression.
En toile de fond, une exposition photographique qui souhaite dévoiler « le visage méconnu d’une Gaza « joyeuse » et plurielle du siècle dernier ».
Le lancement de la « Saison Méditerranée » au Mucem de Marseille est marqué par une forte discorde autour de ce colloque intitulé « Faire face à l’anéantissement de Gaza » programmé les 21 et vendredi 22 mai.
Durant deux jours, ces rencontres indiquent se pencher sur la destruction du patrimoine culturel et la création artistique en Palestine, avec en point d’orgue une intervention de l’écrivain de science-fiction Alain Damasio, militant connu de la cause palestinienne.
A l’instar de nombreux Juifs de la région, Bruno Benjamin, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France Marseille-Provence, est vent debout contre cet événement qui constitue à ses yeux une « provocation » et met en avant une « lecture partiale et militante » d’un conflit complexe. Jugeant que de telles manifestations servent à « stigmatiser les juifs de France », il a appelé à un rassemblement devant le musée ce 21 mai, affirmant sa volonté de « créer le désordre » en réaction à ce qu’il perçoit comme un harcèlement culturel.
Benoît Payan défend la « liberté artistique »
Face à ces critiques, le maire de Marseille, Benoît Payan, Divers gauche (DVG) et membre du Parti socialiste (PS), s’est dit en faveur de la liberté de parole et de l’existence de ce colloque. Interrogé en marge du lancement de la saison culturelle, il a affirmé que Marseille doit rester une terre d’accueil pour les créateurs. « Si un artiste est mis au ban chez lui, il est chez lui à Marseille » a-t-il dit.
Le maire a souligné que les artistes ont le droit d’évoquer les massacres en cours à Gaza de manière libre, sans que cela soit systématiquement assimilé à un discours politique pro-Hamas. Selon lui, la vocation de la ville est de permettre cette expression artistique, même sur des sujets douloureux, sans que la parole des uns n’étouffe celle des autres.
Gaza « disparue » : La nostalgie des années 1940-1970
En parallèle de ces débats houleux, une exposition au Centre Photographique de Marseille propose, à travers l’œuvre de Kegham Djeghalian – un photographe arménien rescapé du génocide de 1915 – un regard radicalement différent et mélancolique sur le territoire gazaoui.
Les organisateurs de l’exposition indiquent que les visiteurs vont découvrir une « Gaza qu’on ne connaît plus ». Soit des clichés, pris entre 1940 et 1970, qui dépeignent une société plurielle et connectée au monde, regroupant Arméniens, Grecs, Palestiniens et Bédouins, avec bals masqués délurés et des virées à la plage, en présence de figures intellectuelles comme Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir à leur descente d’avion. La photo existe aussi sur un mur de l’ambassade d’Israël en France.
Cette archive qualifiée d’ « interrompue », exhumée par le petit-fils du photographe, témoigne selon les organisateurs d’une époque de « vies joyeuses » avant les ruptures successives causées par les guerres et les blocus.
Pour les visiteurs, ces images de palmiers et de plages sont d’autant plus « déchirantes » qu’elles contrastent avec l’actualité d’une région aujourd’hui ravagée.
la Communauté du Times of Israël !







