MedyMatch veut améliorer les diagnostics d’AVC
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MedyMatch veut améliorer les diagnostics d’AVC

La start up israélienne développe une plate-forme dans les domaines critiques de la prise en charge des patients

Des docteurs réalisent une chirurgie sur un patient au centre médical Wolfson à Holon (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Des docteurs réalisent une chirurgie sur un patient au centre médical Wolfson à Holon (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Les docteurs Sheperd dans la vraie vie – oui, cela est une référence à la série médicale populaire « Grey ‘s Anatomy » – qui travaillent dans les hôpitaux à travers le monde pourraient bientôt avoir un nouvel assistant. Et non, cela ne sera pas juste un autre stagiaire, mais des yeux virtuels supplémentaires pour les aider à mieux diagnostiquer les victimes d’AVC.

Basé à Tel Aviv MedyMatch Technology Ltd., qui espère que son premier produit sera disponible dès la première moitié de 2017, développe une plate-forme avec une intelligence artificielle spécialisée dans les domaines critiques dans les soins pour les patients.

La plate-forme est destinée à aider à étudier les données plus rapidement et avec plus de précision que l’œil humain et aider les médecins dans leurs décisions cliniques dans un large éventail de problèmes de santé.

Le premier domaine sur lequel MedyMatch se concentrera sera les patients victimes d’AVC.

« La rapidité est essentielle dans le traitement de l’AVC », a expliqué Gene Saragnese, le président et le PDG de MedyMatch, dans une interview. « A chaque minute qui passe, les cellules du cerveau meurent ».

Lorsque vous traitez les accidents vasculaires cérébraux, la première question à laquelle les médecins doivent répondre est : à quel genre d’attaque ont-ils à faire : est-ce qu’il y a un saignement dans le cerveau ou un blocage qui empêche le sang de circuler vers le cerveau ? Ces deux types d’AVC sont traités d’une manière très différente. Un mauvais diagnostic et le traitement pourrait signifier la mort des cellules du cerveau.

Le PDG de MedyMatch, Gene Saragnese (Crédit : Autorisation)
Le PDG de MedyMatch, Gene Saragnese (Crédit : Autorisation)

« Notre objectif est de prendre de meilleures décisions dans cette première étape d’un accident vasculaire cérébral – de sorte que ces patients puissent avoir le traitement approprié rapidement », a déclaré Saragnese.

Le produit est un logiciel qui prend des images à partir d’un scanner CT standard et les traite dans le cloud, en utilisant des algorithmes développés par MedyMatch. Le logiciel prend des notes sur l’image, met en évidence les zones pour les médecins afin qu’ils puissent voir immédiatement les zones de saignements potentielles – et envoie l’image à la station de travail du médecin, ainsi que l’original.

Le processus devrait permettre aux médecins d’obtenir un avis d’expert dans les trois à cinq minutes, a précisé Saragnese. Avec un système d’apprentissage en profondeur, une série d’exemples sont introduits dans l’ordinateur pour établir les critères de pour ce qui sera considéré comme une lecture de référence, a ajouté Saragnese, l’ancien PDG de Philips Imaging Systems qui a rejoint MedyMatch en tant que PDG en février.

Ensuite, vous téléchargez toute une série d’images sur l’ordinateur – et la machine apprend à quoi un saignement ressemble grâce à ces images. Fondamentalement, « vous formez l’ordinateur avec des exemples de manière à ce qu’il puisse alors commencer à lire des images par lui-même », a-t-il expliqué.

MedyMatch a obtenu des milliards d’images de millions de cas par le biais de collaborations avec des hôpitaux en Israël et aux États-Unis, y compris avec l’hôpital Hadassah à Jérusalem et le Massachusetts General Hospital à Boston. « Ces endroits sont de là où nos experts viennent. Ils nous aident à former le logiciel pour la lecture [de données] », a déclaré Saragnese.

L’AVC est la quatrième cause de mortalité aux États-Unis et les coûts pour traiter un AVC pourrait augmenter et passer de 71,6 milliards de dollars en 2010 à environ 183 milliards de dollars d’ici 2030, selon les données publiées par l’American Heart Association.

Malgré les progrès de l’imagerie médicale, le taux d’erreur du diagnostic erroné est d’environ 30 %, un taux qui n’a pas changé depuis des décennies, a déclaré le Dr Gabriel Polliack, directeur du développement de la stratégie à TEREM, un réseau de centres médicaux d’urgence en Israël.

« Il y a un besoin sur le marché pour fournir aux radiologues et aux médecins une deuxième paire de yeux pour les aider à surmonter les limites qui les empêchent de fournir un diagnostic correct du patient », a souligné Polliack. Polliack est un membre du conseil consultatif médical de MedyMatch et a conseillé activement l’entreprise depuis sa création il y a plus de deux ans.

« L’idée est géniale et a non seulement une valeur clinique significative, qui passe par une amélioration des résultats pour les patients, mais elle aura un impact direct sur le coût des soins », s’est enthousiasmé Polliack. « Cela signifie que MedyMatch se penche sur le Saint Graal dans la profession médicale, qui est de fournir de meilleurs résultats aux patients tout en réduisant les coûts ».

Une photo de MedyMatch évaluant la présence d'un   (Crédit : Autorisation)
Une photo de MedyMatch évaluant la présence d’un (Crédit : Autorisation)

MedyMatch est en train de lever une somme supplémentaire de 8 millions de dollars de financement, après avoir terminé une ronde de financement initial de 2 millions de dollars plus tôt cette année, a précisé Saragnese. Son produit aura besoin d’obtenir de l’approbation de la FDA et d’autres agences.

« L’AVC est clairement un problème mondial et c’est une opportunité mondiale pour l’entreprise », s’est-il réjoui. « Il y a des gens qui font de l’apprentissage machine dans les images, mais pour les cancers. Il n’y a vraiment personne qui travaille dans ce domaine particulier de l’AVC en ce moment, donc il n’y a pas beaucoup de concurrents ».

Les accords impliquant les startups axées sur l’intelligence artificielle ont augmenté de presque sept fois au cours des cinq dernières années, passant de seulement quatre accords dans le premier trimestre de 2011 à 27 dans le premier trimestre de cette année, selon CB Insights, une entreprise rassemblant les données, basé à New York. Environ 15 % des transactions au premier trimestre ont concerné des entreprises qui mettent l’accent sur les applications de l’intelligence artificielle dans les soins de santé, a précisé l’entreprise de données.

Les start-ups spécialisées en intelligence artificielle ont levé un total de 967 millions de dollars de financement depuis 2010, avec des investissements allant aux entreprises dans 13 pays et 10 catégories de l’industrie, qui comprennent le commerce des renseignements, l’e-commerce, et la santé, a indiqué Deepashri Varadharajan, un analyste de l’industrie de la technologie chez CB Insights par email.

« Plus précisément, dans les soins de santé, l’intelligence de la santé est utilisée pour exploiter d’énormes quantités de données médicales pour prédire le risque et poser un diagnostic plus précis », a déclaré Varadharajan.

Il y a, cependant, des défis à venir pour MedyMatch. Le défi le plus important étant de s’assurer qu’il y ait une infrastructure valide en place, un cloud fiable, pour déplacer les images de l’hôpital vers le nuage et les renvoyer vers l’hôpital, a expliqué Saragnese. Cette infrastructure est au centre des préoccupations des géants tels qu’IBM, General Electric et Philips, a-t-il souligné. « Ce sont des entreprises qui développent tous des infrastructures de cloud que nous attendons desquelles nous serons en mesure de tirer partie ».

Un autre défi pourrait être de surmonter les ressentiments que les médecins pourraient ressentir face à cette technologie.

« La technologie semble intéressante dans la mesure où elle est utilisée comme un outil supplémentaire pour renforcer votre confiance », a estimé le Dr Guy Raphaeli, un neurologue spécialisé dans les AVC et neuroradiologiste à l’hôpital Rabin à Petah Tikva, par téléphone. Raphaeli n’avait pas connaissance du projet MedyMatch avant que le Times of Israel ne l’appelle pour lui demander son opinion.

« Cela peut également être utile pour les hôpitaux de campagne et éloignés où il y a une pénurie dans l’expertise. Mais je ne crois pas qu’un ordinateur puisse jamais remplacer les compétences cliniques d’un médecin, qui peut toucher et comprendre le patient et voir l’ensemble de l’image médicale », a déclaré Raphaeli.

« Je ne crois pas que nous ayons besoin de cette technologie ici en Israël parce que nous travaillons avec un niveau élevé de confiance et de nombreux hôpitaux sont inter-connectés, afin que les médecins puissent demander à l’autre de l’aide en cas de besoin ».

En effet, les clients du produit ne seront pas nécessairement les grands hôpitaux, où il ne manque pas d’experts, mais plutôt les petits hôpitaux ruraux ou communautaires, où les travailleurs pourraient être moins expérimentés, a admis Saragnese. « Imaginez que vous êtes dans un hôpital de campagne en Chine, ce produit pourrait être un outil pour aider un lecteur moins expérimenté. Ce sont les hôpitaux cibles », a-t-il dit ajouté.

Il y a un certain nombre de modèles de revenus que l’entreprise étudie, l’un d’eux étant un modèle par abonnement, a expliqué Saragnese. « Cela coûterait moins de 10 de dollars à chaque fois qu’il est utilisé, donc [le coût serait] très faible ».

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