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Menendez sur le nucléaire iranien, le témoignage du chef du Mossad et la Cisjordanie

Les sénateurs américains Menendez et Graham ont dit leur opposition à l'accord qui se profile ; "Il y aura une opposition bipartisane", a promis Graham

Les sénateurs américains dont Lindsey Graham et Bob Menendez (au centre) lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 5 septembre 2022. (Crédit ; Jeremy Sharon)
Les sénateurs américains dont Lindsey Graham et Bob Menendez (au centre) lors d'une conférence de presse à Jérusalem le 5 septembre 2022. (Crédit ; Jeremy Sharon)

Robert Menendez, président de la commission des Affaires étrangères au Sénat américain, a déclaré lundi que l’administration Biden s’était engagée à soumettre tout accord sur le programme nucléaire iranien au Congrès pour examen.

S’exprimant lors d’une conférence de presse à Jérusalem, Menendez, un démocrate qui s’est opposé à l’accord initial de 2015 sur l’Iran, connu sous le nom de JCPOA, a déclaré qu’un tel examen serait mené par sa commission et qu’un vote serait organisé au Sénat sur tout accord.

Il a toutefois ajouté qu’il n’était « pas sûr » que le résultat de ce vote permette de bloquer l’accord.

Il est probable que tout examen par le Congrès d’un accord conclu par l’administration Biden avec l’Iran nécessiterait une majorité des deux tiers pour être annulé, ce qui rend improbable qu’un accord, s’il devait être signé, puisse être stoppé par le Sénat.

Menendez, sénateur principal du New Jersey, fait partie d’une délégation sénatoriale bipartisane actuellement en Israël, sous la direction du sénateur Lindsey Graham de Caroline du Sud (républicain), et qui comprend les sénatrices Cindy Hyde-Smith du Mississippi (républicaine), Marsha Blackburn du Tennessee (républicaine), Cynthia Lummis du Wyoming (républicaine) et le représentant Ronny Jackson du Texas (républicain).

« L’administration s’est engagée à ce que, si elle conclut un accord pour donner suite à ce qui était le JCPOA, elle le soumette au Congrès et nous l’examinerons. Cet examen commence au sein de la commission des Affaires étrangères du Sénat, que je préside », a déclaré Menendez lors de la conférence de presse.

Le sénateur a déclaré qu’il avait « pleinement l’intention » d’organiser des débats sur un tel accord et de procéder à un vote, mais il a ajouté que « la question de savoir si ce vote atteint le seuil prévu par la loi pour annuler cet accord est une autre question. »

Le sénateur Robert Menendez s’exprime lors d’une audience du Comité sénatorial des banques, du logement et des affaires urbaines sur la loi CARES au Capitole Hill, le mardi 28 septembre 2021 à Washington. (Crédit : Kevin Dietsch/Pool via AP)

Menendez s’est montré très sceptique quant à la possibilité qu’un nouvel accord constitue une amélioration par rapport au précédent.

Le sénateur a ajouté que l’enquête de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les sites nucléaires iraniens soupçonnés d’activité nucléaire non déclarée avant 2015 ne devrait pas être interrompue dans le but de conclure un accord avec l’Iran.

Téhéran a lui exigé l’arrêt de l’enquête avant la signature d’un nouvel accord nucléaire avec les États-Unis.

Graham a également pris la parole lors de la conférence de presse et a déclaré qu’il y aurait une opposition bipartisane à tout accord sur le programme nucléaire iranien.

Il a toutefois promis d’être constructif dans sa critique de l’accord et a fait remarquer que Menendez et lui-même avaient proposé d’autres solutions pour relancer le JCPOA, à savoir permettre à l’Iran et aux nations arabes sunnites de développer l’énergie nucléaire, mais en procédant à l’enrichissement de l’uranium en dehors de la région « pour empêcher la prolifération des armes nucléaires ».

Interrogé sur un reportage récent de la presse israélienne selon lequel le directeur du Mossad, David Barnea, avait été empêché de témoigner devant la commission du renseignement du Sénat, Graham a répondu que Barnea s’était adressé à sa délégation.

Le sénateur Lindsey Graham (R-SC) parle aux journalistes sur le toit de l’hôtel King David de Jérusalem, le 1er juin 2021. (Crédit : Lazar Berman/Time of Israel)

Des sources familières avec la question ont déclaré que la commission du renseignement du Sénat ne devait pas se réunir cette semaine pendant la visite de Barnea et qu’il tiendrait plutôt des réunions individuelles avec des responsables américains.

Graham a déclaré que l’un des principaux objectifs de la délégation, outre la collecte d’informations sur le programme nucléaire iranien, était de souligner que le soutien des États-Unis à Israël resterait inchangé, quel que soit le résultat des élections de mi-mandat au Congrès en novembre.

« Quel que soit le résultat des élections aux États-Unis, il n’y aura pas de changement majeur dans le soutien à Israël, quels que soient les responsables de la Chambre et du Sénat », a déclaré Graham.

Le sénateur a déclaré que la visite avait pour but de « rassurer le gouvernement israélien – de gauche, de droite et du centre – sur le fait que les relations entre les États-Unis et Israël sont fondamentales pour les deux pays [et que] quoi qu’il arrive en novembre, l’aide dont bénéficie Israël de la part du gouvernement américain se poursuivra ».

Graham a également abordé la question de la détérioration de la situation en Cisjordanie, où, selon lui, les problèmes « s’aggravent au lieu de s’améliorer », et s’est inquiété d’une éventuelle prise de contrôle du territoire par des « éléments radicaux ».

Dans ce contexte, le sénateur a déclaré que des efforts étaient nécessaires pour renforcer la sécurité israélienne, mais aussi pour s’assurer que les Palestiniens « avancent et ne reculent pas », ajoutant que cela nécessiterait « beaucoup d’efforts ».

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