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Drame de Meron: Shabtai se dit « responsable » mais pas coupable

Le chef de la police nie avoir ignoré de nombreux avertissements concernant la surpopulation du site avant la catastrophe, qui a fait 45 morts et plus de 100 blessés

Le chef de la police Kobi Shabtai avant son témoignage devant la commission sur la catastrophe de Meron, à Jérusalem, le 11 avril 2022 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
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Le chef de la police Kobi Shabtai avant son témoignage devant la commission sur la catastrophe de Meron, à Jérusalem, le 11 avril 2022 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90) åòãú ðàåø åòãú äç÷éøä äîîìëúéú ìç÷ø àñåï äø îéøåï ÷åáé ùáúàé

Le chef de la police israélienne, Kobi Shabtai, a témoigné lundi devant une commission chargée d’enquêter sur la tragédie de Lag BaOmer au Mont Meron, et a maintenu qu’il n’était pas responsable de la tragédie dans laquelle 45 personnes ont été tuées en avril 2021.

M. Shabtai a déclaré que cette catastrophe était due à une défaillance technique et qu’il n’en était donc pas responsable.

« Je n’ignore pas la question de la surpopulation, mais l’échec commence par une défaillance technique – similaire à la catastrophe des Maccabiah et à la catastrophe de Versailles », a déclaré Shabtai, faisant référence à l’effondrement d’un pont qui a tué quatre personnes en 1997, et à l’effondrement d’une salle de mariage en 2001 qui a tué 23 personnes.

« Sans les défaillances techniques, il n’y aurait pas eu de catastrophe », a-t-il ajouté.

La tragédie s’est produite alors que des milliers de personnes célébrant Lag BaOmer sur la tombe du sage du deuxième siècle, le Rabbi Shimon bar Yochai, affluaient sur un passage étroit.

Plusieurs personnes ont glissé sur le passage et sont tombées dans les escaliers situés à l’extrémité de celui-ci, tombant sur la foule et provoquant un effet domino fatal. L’écrasement a fait 45 morts et au moins 150 blessés.

Les secouristes et la police israéliennes sur les lieux de l’accident mortel survenu lors des célébrations de Lag B’Omer sur le Mont Meron, dans le nord d’Israël, le 30 avril 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Lorsqu’on lui a demandé s’il avait connaissance au préalable du problème d’ingénierie concernant le passage, Shabtai a répondu : « Je ne suis pas un ingénieur en sécurité ».

« Le chef de la police ne va pas aller vérifier chaque pont, chaque passage et chaque chemin. Est-ce que je peux fixer un niveau de danger de dérapage ? D’inclinaison ? », a-t-il dit.

Shabtai était présent sur le site le soir de la catastrophe.

« Ce n’est pas parce que la police a joué le rôle d’adulte responsable dans la pièce, alors que personne d’autre ne le faisait, que je suis responsable. Pour moi, c’est le Centre national pour le développement des lieux saints qui est responsable du lieu », a déclaré Shabtai.

Le commandant du district nord Shimon Lavi (R) et le commissaire de police Kobi Shabtai (R) au mont Meron avant la tragédie, le 29 avril 2021 (Crédit : Police israélienne).

« Je savais que personne ne voulait prendre la responsabilité », a-t-il dit. « Je suis donc intervenu pour sauver la situation ».

Shabtai a déclaré qu’il prendrait à nouveau les mêmes décisions, s’il était appelé à le faire.

Il a rejeté les accusations de l’ancien chef de la division des opérations de la police, Amnon Alkalai, selon lesquelles il aurait ignoré les avertissements sur les dangers de la surpopulation du site.

« La tentative de présenter la discussion comme dramatique et tumultueuse ne correspond pas à la réalité. Il s’agissait d’une discussion professionnelle et fondée sur des faits. Lors de la réunion, [Alkalai] n’a rien dit qui sorte de l’ordinaire, mais a répondu au plan qui a été présenté », a déclaré Shabtai.

Les victimes du drame de Meron, le 30 avril 2021. De haut en bas, de gauche à droite : Chen Doron, Haim Rock, Ariel Tzadik, Yossi Kohn, Yisrael Anakvah, Yishai Mualem, Yosef Mastorov, Elkana Shiloh, Moshe Levy, Shlomo Zalman Leibowitz, Shmuel Zvi Klagsbald, Mordechai Fakata, Dubi Steinmetz, Abraham Daniel Ambon, Eliezer Gafner, Yosef Greenbaum, Yehuda Leib Rubin, Yaakov Elchanan Starkovsky, Haim Seler, Yehoshua Englard, Moshe Natan Neta Englard, Yedidia Hayut, Moshe Ben Shalom, David Krauss, Eliezer Tzvi Joseph, Yosef Yehuda Levy, Yosef Amram Tauber, Menachem Knoblowitz, Elazar Yitzchok Koltai, Yosef David Elhadad, Shraga Gestetner, Yonatan Hebroni, Shimon Matalon, Elazar Mordechai Goldberg, Moshe Bergman, Daniel Morris, Ariel Achdut, Moshe Mordechai Elhadad, Hanoch Slod, Yedidya Fogel, Menahem Zakbah, Simcha Diskind, Moshe Tzarfati, Nahman Kirshbaum et Eliyahu Cohen.

Shabtai a ensuite reçu le procès-verbal de la réunion dans lequel Alkalai mettait en garde contre les dangers d’une surpopulation lors de l’événement.

« Il a bien mentionné la question de la surpopulation lors de la réunion, mais il ne s’agissait pas d’une nouveauté ou d’un ajout spécial. Cette question était déjà au cœur du plan initial. Il n’a pas présenté de plan alternatif, ni pendant ni après la discussion », a déclaré M. Shabtai.

Peu après, Shabtai a souhaité retirer ses propos insinuant que cette catastrophe serait due à une défaillance technique et qu’il n’en était donc pas responsable.

« Je suis responsable de tout ce qui se passe dans la police », dit-il. « La question est de savoir si la responsabilité est égale à la culpabilité. »

Dans son témoignage devant la commission l’année dernière, M. Alkalai a souligné que M. Shabtai avait commis des erreurs majeures qui ont conduit à l’accident mortel.

M. Alkalai a déclaré qu’il avait cherché à imposer des limites à la foule au Mont Meron en raison de l’épidémie de COVID-19 et avait mis en garde contre une catastrophe imminente.

Des juifs ultra-orthodoxes se rassemblent sur la tombe du rabbin Shimon Bar Yochai au Mont Meron, dans le nord d’Israël, le 29 avril 2021, pour célébrer la fête juive de Lag B’Omer (Crédit : JALAA MAREY/AFP)

Shabtai a confirmé lundi qu’il s’était opposé à l’imposition de restrictions liées au virus.

« Pour moi, une tentative d’appliquer des restrictions d’entrée aurait pu conduire à un désastre. Si les passeports verts devaient être contrôlés, un goulot d’étranglement aurait pu se former », a-t-il déclaré.

M. Shabtai a déclaré qu’en fin de compte, la décision de ne pas imposer de restrictions a été prise par les politiciens et le responsable chargé de la lutte contre le virus.

L’année dernière, le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, a déclaré à la commission qu’aucun organe gouvernemental n’avait accepté de prendre la responsabilité de veiller à ce que les politiques relatives au COVID-19 soient respectées lors de l’événement annuel.

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