Meurtre de Mireille Knoll : les 2 suspects s’accusent lors de la reconstitution
Rechercher

Meurtre de Mireille Knoll : les 2 suspects s’accusent lors de la reconstitution

Les deux hommes semblent avoir collaboré pour mettre le feu à l'appartement, faire disparaître le couteau et s'enfuir, avant de s'accuser mutuellement une fois en garde-à-vue

Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien. (Crédit : Autorisation)
Mireille Knoll, 85 ans, une survivante de la Shoah qui a été retrouvée assassinée dans son appartement parisien. (Crédit : Autorisation)

Une reconstitution du meurtre de Mireille Knoll, octogénaire juive assassinée, était en cours jeudi après-midi à Paris avec les deux suspects qui s’accusent mutuellement d’avoir porté les coups, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le 23 mars 2018, le corps de cette femme de 85 ans, atteinte de Parkinson, avait été retrouvé lardé de 11 coups de couteau et partiellement carbonisé dans son appartement d’une HLM de l’avenue Philippe-Auguste, dans l’est parisien.

Deux suspects ont vite été identifiés : Yacine Mihoub, le fils d’une voisine âgé aujourd’hui de 29 ans, et Alex Carrimbacus, un individu ayant des  antécédents psychiatriques, qui aura 23 ans vendredi. Tous deux s’étaient connus en prison.

Ils ont été mis en examen puis écroués pour « homicide volontaire » et « vol », avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme, que le parquet avait immédiatement retenue, en s’appuyant sur les premières déclarations du plus jeune.

Au cours d’une confrontation devant les juges d’instruction, le 10 mai, les deux hommes ont campé sur leurs positions, affirmant chacun avoir accouru dans la chambre aux cris de la victime pour constater les coups de couteau portés sur elle, selon une source proche du dossier.

Pour leur part, les deux juges ont mis face à leurs contradictions les deux hommes, qui semblent avoir collaboré pour mettre le feu à l’appartement, faire disparaître le couteau et s’enfuir, avant de s’accuser mutuellement une fois en garde à vue.

Les enquêteurs examinent de près les antécédents de Yacine Mihoub, qui mènent vers la piste d’une vengeance personnelle, doublée d’une éventuelle animosité antisémite. Le jeune homme avait été condamné après l’agression sexuelle de la fille de 12 ans de l’aide à domicile de Mireille Knoll et était sorti de prison en septembre 2017.

Deux ans et demi plus tôt, en détention, il avait reconnu être l’auteur d’inscriptions sur les murs de sa cellule, au lendemain des attentats contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. « Les frères Kouachi ne sont pas morts pour rien », « A. Coulibaly RIP », avait-il écrit au sujet de ces trois jihadistes auteurs des attaques.

Sarah Halimi (Crédit : autorisation de la Confédération des Juifs de France et des amis d’Israël)

Mme Knoll a été « assassinée parce qu’elle était juive », avait affirmé le président Emmanuel Macron.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...