Meurtre d’un étudiant italien : Rome veut aider le Caire dans l’enquête
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Meurtre d’un étudiant italien : Rome veut aider le Caire dans l’enquête

Giulio Regeni, 28 ans, avait été retrouvé le 3 février, atrocement torturé, dans un fossé d'une banlieue du Caire

Vue du Caire et du Pont du 6 Octobre, prise de la Tour du Caire, 2006 (Crédit : CC BY Omar Kamel/Wikimedia Commons)
Vue du Caire et du Pont du 6 Octobre, prise de la Tour du Caire, 2006 (Crédit : CC BY Omar Kamel/Wikimedia Commons)

Le procureur général de Rome Giuseppe Pignatone, en visite au Caire, a proposé lundi son aide aux autorités égyptiennes enquêtant sur l’assassinat sous la torture d’un étudiant italien après son rapt dans la capitale égyptienne.

Giulio Regeni, 28 ans, avait disparu mystérieusement dans le centre du Caire le 25 janvier et son corps avait été retrouvé le 3 février, atrocement torturé, dans un fossé d’une banlieue de la capitale.

Doctorant à l’université britannique de Cambridge, il faisait des recherches sur les mouvements ouvriers en Egypte. Selon l’autopsie, il a subi de nombreuses fractures, des coups répétés, des chocs électriques aux parties génitales, des brûlures…

Selon un communiqué publié au Caire, le procureur égyptien Nabil Sadeq a examiné avec le procureur Giuseppe Pignatone et son substitut Sergio Colaiocco, venus au Caire à l’invitation des autorités égyptiennes, l’évolution de l’enquête sur le meurtre de l’étudiant italien.

« La partie italienne a proposé son aide aux enquêteurs égyptiens et de lui fournir toutes les informations en sa possession », a ajouté le communiqué, en soulignant la détermination des deux parties à faire la lumière sur cette affaire.

Le 10 mars, le Parlement européen a demandé la « vérité » sur ce meurtre et exhorté les autorités égyptiennes à coopérer avec l’Italie dans l’enquête, exigeant dans une résolution que « tous les efforts soient faits pour traduire les auteurs du crime devant la justice ».

En février, le ministère égyptien de l’Intérieur avait affirmé que toutes les pistes étaient possibles, y compris celle du crime de droit commun, dans l’assassinat de Giulio Regeni, alors que les services de sécurité égyptiens sont soupçonnés par la presse italienne et des ONG de l’avoir tué.

Les défenseurs des droits de l’Homme et les opposants en Egypte affirment que le doctorant, qui faisait une thèse sur les mouvements et syndicats ouvriers égyptiens, a été arrêté par la police ou les services de renseignement qui l’auraient torturé pour obtenir des informations.

Les milieux diplomatiques et la presse italiens privilégient aussi cette thèse.

La police et les services de renseignement en Egypte sont fréquemment accusés par les ONG de défense des droits de l’Homme de pratiquer la torture lors de détentions arbitraires, voire de tuer des détenus.

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