Israël en guerre - Jour 143

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Meyer Habib accusé de toutes parts de défendre Netanyahu avant la France et Israël

Le député sortant avait accusé Ariel Goldmann, président du FSJU, de déni de démocratie pour s'être inquiété de la situation en Israël

Le député français apparenté "Les Républicains" Meyer Habib à l'Assemblée nationale, à Paris, le 28 novembre 2022. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)
Le député français apparenté "Les Républicains" Meyer Habib à l'Assemblée nationale, à Paris, le 28 novembre 2022. (Crédit : Emmanuel DUNAND / AFP)

Ce dimanche soir, dans un tweet, Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié et de la Fondation du judaïsme français, s’exprimait au sujet des récents développements en Israël, avant la « mise en pause » du projet de réforme judiciaire annoncée ce lundi soir par Benjamin Netanyahu.

« Le limogeage de Yoav Gallant, ministre de la Défense, cinq fois ministre de Netanyahu, militaire de haut rang, au prétexte qu’il a émis des réserves sur le rythme de la réforme [judiciaire] en Israël, est très inquiétant. Ce soir, je dois le dire, je suis inquiet pour la démocratie en Israël ! », a écrit le responsable communautaire français, militant de la cause israélienne.

Une inquiétude qui est ainsi partagée par de nombreux pans de la société israélienne, ainsi que par la diaspora juive aux États-Unis comme en France.

Meyer Habib, député sortant apparenté Les Républicains de la 8e circonscription des Français de l’étranger, candidat à se réélection lors du scrutin des 2 et 16 avril, lui a répondu de façon véhémente.

« Respecte la démocratie israélienne ! Mêle-toi de ce qui se passe en France, ce sera mieux Ariel ! Et respecte un Premier ministre qui a été élu par 2 millions et demi de personnes ! Ce n’est pas le rôle du président du FSJU de faire ce genre de tweet ! », a écrit le député sortant, actuellement dans la tourmente (il est visé par une enquête pour « détournement de fonds publics », a vu son élection être annulée par le Conseil constitutionnel après des « irrégularités », et voit actuellement la légitimité de son ami proche Benjamin Netanyahu être largement remise en question dans les rues israéliennes).

Ariel Goldmann, président de l’AUJF. (Crédit : Alain Azria – autorisation Ariel Goldmann)

Ariel Goldmann ne lui a pas répondu, se contentant de retwetter une internaute : « Sauf que le pays entier [Israël] fait ce genre de tweet Meyer ! ».

Deborah Abisror-de Lieme, opposante Renaissance de Meyer Habib lors de la prochaine élection législative dans la circonscription, a elle écrit : « Reprocher à un militant communautaire de s’inquiéter pour la démocratie du pays pour lequel il milite quotidiennement, alors que vous faites de l’ingérence en mélangeant l’Assemblée nationale et la Knesset. Présentez-vous une bonne fois pour toutes aux bonnes élections. »

Patrick Klugman, avocat, ancien élu parisien et ancien président de l’UEJF, a déclaré : « On croirait Bigard critiquant Montesquieu ! Venant d’un député français (invalidé) ne s’occupant que de politique israélienne dans l’intérêt de Netanyahu, c’est tout de même savoureux d’aller sur le terrain du mélange des genres. »

Ariel Weil, maire de Paris Centre et époux de la rabbin libérale Delphine Horvilleur, a répondu : « Vous avez tellement mélangé les genres, vous, que vous ne devriez pas donner de leçon à Ariel Goldmann, qui n’en a certainement pas à recevoir de vous sur Israël. Il est au contraire grand temps que les dirigeants communautaires s’inquiètent à l’image d’une grande partie d’Israël. »

Le comédien Dominique Farrugia s’en est également mêlé : « Vous êtes, pour l’instant, élu de la République française. Vous devriez vous occuper de vos administrés au lieu de promouvoir les idées d’un chef d’État étranger. Je soutiens les inquiétudes d’Ariel Goldmann. »

Des Israéliens protestant contre le projet de réforme judiciaire du gouvernement de la Knesset, à Jérusalem, le 27 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Le projet de réforme proposée par le gouvernement israélien vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des juges. Il a été suspendu ce lundi soir, après près de trois mois de contestation, formant l’un des plus grands mouvements de mobilisation populaire de l’histoire d’Israël. 

Les détracteurs de la réforme estiment qu’elle risque de mettre en péril les principes démocratiques en usage en Israël.

Alliés de poids d’Israël, les États-Unis se sont aussi déclarés « profondément préoccupés », et ont souligné « la nécessité urgente d’un compromis ».

En France, pays où vit la plus grande communauté juive après Israël et les États-Unis, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a appelé le gouvernement israélien « à suspendre la réforme » afin de « rétablir au plus vite le calme et le dialogue avec toute la société ».

En pleine campagne pour sa réélection à l’assemblée, Meyer Habib avait déjà causé la polémique il y a quelques jours.

Le 23 mars, la Résidence de France à Jaffa organisait une cérémonie d’hommage à Mireille Knoll, cinq ans après son assassinat à Paris, à l’initiative de l’Association Mireille Knoll.

Sur Twitter, le député sortant s’était dit « très surpris que, présent à Tel Aviv, Gilles-William Goldnadel , l’avocat qui a obtenu la condamnation de l’assassin de Mireille Knoll pour antisémitisme, ait été rayé de la liste des invités de la cérémonie officielle à la Résidence de France, alors qu’il a été convié par ses fils Daniel et Allan ! »

Il s’était ainsi fait recadrer aussitôt par l’Association Mireille Knoll, gérée par la famille : « M. le député Meyer Habib, nous vous demandons de ne pas créer de polémique et respecter ce moment digne. Vos déclarations sont inexactes et incomplètes. Nous avons organisé cette cérémonie grâce à la bienveillance de l’ambassade et vous demandons de vérifier avant de publier. »

Meyer Habib a rencontré ce lundi les Français d’Ashdod à l’Espace francophone.

En poste depuis 2013, il avait remporté la précédente élection – invalidée – en juin 2022 avec 50,58 % des voix (8 470 votes) contre 49,42 % (8 277 votes) pour Deborah Abisror-de Lieme.

L’élection a été annulée le 3 février 2023 par le Conseil constitutionnel en raison d’« irrégularités et manœuvres [qui] ont été, au regard de l’écart de voix constaté au second tour, de nature à altérer la sincérité du scrutin ».

Lors de cette élection dans la 8e circonscription des Français de l’étranger, qui recouvre notamment Israël, la Grèce et l’Italie, le Conseil constitutionnel a relevé que « des sympathisants de M. Habib avaient, en méconnaissance des dispositions de l’article L. 49 du code électoral, diffusé le jour du second tour de scrutin sur divers réseaux sociaux des messages appelant à voter pour ce candidat ».

Il note aussi que « M. Habib avait mis en place des permanences téléphoniques et des centres d’aide mobilisant un nombre significatif d’opérateurs à destination des électeurs rencontrant des difficultés pour voter par voie électronique » et qu’à l’occasion de ces appels, « il a pu irrégulièrement être proposé aux électeurs de voter par internet à leur place ».

Le premier tour des élections législatives a débuté le vendredi 24 mars à 12h. Le portail de vote par internet fermera le mercredi 29 mars à 12h (heure de Paris). Pour voter par internet, il faut être inscrit sur les listes consulaires et avoir ses coordonnées à jour. Sinon vous pourrez vous rendre au bureau de vote de votre ville les dimanches 2 et 16 avril prochains.

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