Michel Boujenah de retour au théâtre dans une satire sur l’héritage
Au Théâtre des Variétés, le comédien et humoriste interprète un père de famille fan inconditionnel de Johnny Hallyday, "l'occasion de faire rire sur un sujet sérieux", a-t-il confié
Michel Boujenah est de retour sur les planches avec « Toute la famille que j’aime », une comédie de boulevard drôle et féroce sur la délicate question de l’héritage.
L’occasion, dit-il à l’AFP, de « faire rire » sur un sujet sérieux.
À l’affiche du Théâtre des Variétés, où il a joué en 2022 « L’Avare », qui lui a valu une nomination au Molière du comédien, Boujenah interprète un père de famille fan inconditionnel de Johnny Hallyday.
La coïncidence n’est pas fortuite : les enfants, prénommés David et Laura, sont persuadés que leur père va les déshériter, à l’instar de leur idole.
Dans cette pièce aux ressorts comiques signée Fabrice Donnio et Sacha Judaszko, les enfants sont prêts à tout, y compris à mettre leur père sous tutelle pour récupérer sa fortune de leur vivant. Pour organiser sa supposée perte d’autonomie, ils font appel à une psychiatre, interprétée par Raphaëline Goupilleau, lauréate du Molière de la révélation en 2008, dans l’espoir qu’elle atteste de la situation.
Les quiproquos s’enchaînent et les rires fusent, au rythme des coups bas entre frère et sœur.
« Pour une fois, je suis en dehors de mes obsessions : l’identité, les racines, la mémoire… Même si c’est aussi une histoire de famille, c’est comme si j’étais sorti de mon jardin », confie Boujenah, César du meilleur second rôle en 1986 pour le film « Trois hommes et un couffin » de Coline Serreau.
Le comédien et humoriste, directeur artistique du Festival de Ramatuelle depuis 2007, s’est imposé en 1983 en racontant sur scène, avec humour et nostalgie, la vie et l’évolution, sur quarante ans, des « Magnifiques », trois personnages de juifs tunisiens truculents, à qui il a dit adieu dans une pièce il y a deux ans.
« J’ai 73 ans. Je ne veux pas faire le one man show de trop. La page des Magnifiques sur scène est tournée, mais j’ai en projet de les faire revivre au cinéma », ajoute Boujenah, qui jouera l’an prochain au théâtre « Georges Dandin ou le mari confondu », un autre héros de Molière.
« Je veux aussi aller à la pêche, prendre du temps pour mes proches, regarder le monde qui ne sait pas où il va… Il y a des nuits où je n’arrive pas à dormir. On oublie qu’il n’y a rien de pire que la guerre », poursuit l’acteur, qui figure parmi les 153 personnalités ayant signé l’an dernier une pétition en faveur d’un « congrès mondial pour la paix », dans un contexte de conflit israélo-palestinien.








