Michelle Bachelet : « L’annexion est illégale. Point final »
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Michelle Bachelet : « L’annexion est illégale. Point final »

Selon la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, "toute annexion" israélienne est "illégale", "qu'il s'agisse de 30 % de la Cisjordanie ou de 5 %"

La haute-commissaire des droits de l'Homme Michelle Bachelet pendant une réunion avec le ministre de l'Education du Venezuela Aristóbulo Istúriz au ministère des Affaires étrangères de Caracas, le 20 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)
La haute-commissaire des droits de l'Homme Michelle Bachelet pendant une réunion avec le ministre de l'Education du Venezuela Aristóbulo Istúriz au ministère des Affaires étrangères de Caracas, le 20 juin 2019 (Crédit : AP Photo/Ariana Cubillos)

La Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme a dénoncé lundi « l’illégalité » du projet israélien d’annexion de la Cisjordanie, avertissant que ses « ondes de choc dureront des décennies ».

« L’annexion est illégale. Point final », a affirmé Michelle Bachelet dans une déclaration écrite. « Toute annexion. Qu’il s’agisse de 30 % de la Cisjordanie ou de 5 %. »

« Je demande instamment à Israël d’écouter ses propres anciens hauts fonctionnaires et généraux, ainsi que les nombreuses voix dans le monde, l’avertissant de ne pas poursuivre sur cette voie dangereuse », a-t-elle ajouté.

Relevant que « les ondes de choc de l’annexion dureront des décennies et seront extrêmement préjudiciables à Israël, ainsi qu’aux Palestiniens », la haute responsable onusienne souligne qu’il est encore temps « de revenir sur cette décision ».

Réagissant à ces propos, le ministère israélien des Affaires étrangères l’a accusée de « politiser » cette affaire.

« Il n’est pas surprenant qu’elle ait décidé aujourd’hui de se joindre à la campagne palestinienne contre le plan de paix américain et de rendre publiques des déclarations avant qu’une décision ne soit prise », a estimé le ministère, rappelant qu’Israël a annoncé en février qu' »il gèlerait ses liens avec la Haut-Commissaire, en raison de son attitude unilatérale et discriminatoire envers l’Etat d’Israël ».

L’Etat hébreu a fixé au 1er juillet la date à partir de laquelle il doit se prononcer sur la mise en œuvre du plan américain pour le Proche-Orient.

Le 28 janvier, le président Donald Trump, avec à ses côtés le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, a dévoilé son projet de résolution du conflit israélo-palestinien en partant de la situation sur le terrain et non, comme c’était le cas jusqu’à présent, du droit international et des résolutions de l’ONU.

La vallée du Jourdain, le plateau du Golan, les collines de Gilead et le lac de Tibériade sont visibles depuis Mitzpor Eshkol, qui porte le nom de l’ancien Premier ministre israélien Levi Eshkol. (Crédit : Shmuel Bar-Am)

Ce plan prévoit la création d’un Etat palestinien sur un territoire restreint et morcelé et l’annexion par Israël d’implantations et de la vallée du Jourdain en Cisjordanie.

« Les conséquences précises de l’annexion ne peuvent être prédites, mais elles risquent d’être désastreuses pour les Palestiniens, pour Israël et pour l’ensemble de la région », a indiqué Mme Bachelet, soulignant que le secrétaire général de l’ONU avait appelé le gouvernement israélien à abandonner ses projets.

Cette annexion « nuira gravement à la perspective d’une solution à deux Etats, réduira les possibilités de reprise des négociations, et perpétuera les graves violations des droits humains et du droit humanitaire international dont nous sommes témoins aujourd’hui », a-t-elle poursuivi.

Le texte souligne que s’il y a annexion, « les colonies – déjà une violation évidente du droit international – vont presque certainement s’étendre, augmentant les frictions existantes entre les deux communautés ».

Il note aussi que les Palestiniens seront soumis à une plus forte pression pour sortir de la zone annexée, et que des communautés entières seront exposées à un risque élevé de transfert forcé. Quant aux Palestiniens vivant en dehors de la zone annexée, ils risquent selon l’ONU d’être privés d’accès à leurs ressources naturelles.

Le Haut-Commissariat souligne que les restrictions du droit à la liberté de mouvement augmenteront aussi fortement à mesure que les « centres de population palestinienne » deviendront des « enclaves ».

L’ONU craint aussi que l’accès humanitaire puisse être entravé et s’inquiète des difficultés d’accès des Palestiniens aux terres agricoles et aux services, comme l’éducation et la santé.

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