Miracle de Rosh Hashana sur la rue Bograshov
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Miracle de Rosh Hashana sur la rue Bograshov

Un rabbin ayant besoin d'un immeuble et un gardien d'une synagogue abandonnée de Tel Aviv se sont rencontrés à temps pour les fêtes

Rabbi Eli Naiditch, à droite, et les bénévolescélébrant la rénovation de la synagogue Hug Hacham Hasofer sur Bar Kokhba 18, a Tel Aviv, en septembre 2015. (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)
Rabbi Eli Naiditch, à droite, et les bénévolescélébrant la rénovation de la synagogue Hug Hacham Hasofer sur Bar Kokhba 18, a Tel Aviv, en septembre 2015. (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)

TEL AVIV – Cela ressemble à une histoire sortie tout droit d’un conte hassidique : Avec Rosh Hashana qui approche à grands pas, un nouveau rabbin avait besoin d’une synagogue.

Après avoir fait le tour de la ville en essayant de trouver un emplacement pour les fêtes, il avait presque baissé les bras jusqu’à ce qu’il rencontre un gabbaï (gardien), de 92 ans, qui avait en sa possession les clés d’une synagogue abandonnée dans la rue.

Mais l’histoire est vraie et c’est arrivé sur la rue très branchée de Bograshov, à Tel-Aviv, où Rabbi Eli Naiditch organise une synagogue Chabad pour les olim anglophones de la ville.

Lui et sa femme ont emménagé à Tel-Aviv il y a moins d’un mois. Ils sont partis de Safed pour commencer un Chabad sur la côte. Il avait passé les dernières semaines à courir la ville, à rencontrer les directeurs d’hôtel, désespérés de trouver un endroit pour accueillir les offices pour les fêtes.

« Pour les anglophones, Rosh Hashana et Yom Kippour sont la bonne période pour assister aux offices », a déclaré Naiditch au Times of Israel en pleine préparation de dernière minute pour les fêtes. « Vous avez ces Juifs de Yom Kippour, et tout d’un coup les gens cherchent un endroit pour prier. Nous ne prenons pas de frais d’adhésion, ce qui fait que les gens se sentent plus à l’aise ».

Un jour, en fin de matinée d’un jour du mois d’août, Naiditch est rentré dans une synagogue sur la Bograshov pour les services de la matinée et il a lancé son appel familier, demandant si quelqu’un savait où il pourrait trouver une synagogue à louer.

Pessah Steiner, 92 ans, a entendu la conversation. Ils ont marché le long de la rue et Steiner a ouvert la porte d’une petite synagogue appelée Hug Chacham Hasofer, qui était fermée depuis presque une décennie.

« Tout était recouvert d’une épaisse couche de poussière, et il y avait des cartons de livres anciens qui dataient des années 1800 et du début des années 1900 tout en lambeaux », a décrit Naiditch.

Un bénévole s'attaque à la poussière de la synagogue Hug ChaHam HaSofer pendant la rénovation des lieux le 4 septembre (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)
Un bénévole s’attaque à la poussière de la synagogue Hug ChaHam HaSofer pendant la rénovation des lieux le 4 septembre (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)

« La vérité est que l’endroit est un peu négligé, il y a eu très peu d’activités là-bas », a expliqué Steiner.

Des Juifs autrichiens de Vienne qui ont fui l’Europe juste au moment de l’arrivée d’Hitler au pouvoir ont fondé la synagogue de Tel Aviv en 1938.

Rabbi Yoel Pollak, à la tête d’une école religieuse juive à Vienne, était le chef de la congrégation. Ils ont suivi les traditions de Chacham Hasofer, un rabbin célèbre de la Slovaquie qui a vécu il y a environ 200 ans, a expliqué Steiner. Ils priaient avec une version spéciale de mélodies et de traditions ashkénazes conçues par Chacham Hasofer.

La synagogue d’origine était située sur la rue Geula à Tel-Aviv, mais la congrégation est finalement devenue trop grande pour cet endroit et ils ont loué d’autres bâtiments avant de finalement acheter la propriété située au 18 de la rue Bar Kokhba près de Bograshov.

« Avec le temps, la génération plus âgée est décédée et les jeunes gens sont allés dans tout le pays », a poursuivi Steiner. « Le minyan [quorum de 10 personnes nécessaires pour la prière juive] était en déclin jusqu’à ce qu’il se soit complètement arrêté ».

Un bénévole redonne des couleurs aux barreaux de la fenêtre avec une nouvelle couche de peinture le 4 septembre  (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)
Un bénévole redonne des couleurs aux barreaux de la fenêtre avec une nouvelle couche de peinture le 4 septembre (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)

Steiner a expliqué qu’il organisait des cours régulièrement pour garder un peu de vie dans le bâtiment, mais ils sont très petits.

Naiditch a raconté que quand ils ont ouvert l’arche pour vérifier les rouleaux de la Torah, c’était la première fois que l’arche avait été ouverte en une décennie. Les rouleaux étaient si vieux que l’encre se décollait du papier du parchemin.

Steiner a immédiatement donné Naiditch un double des clés et lui a dit qu’il pouvait utiliser la synagogue pour Rosh Hashana gratuitement, tant qu’ils nettoyaient la place. Donc Naiditch s’est mis au travail pour « la partie refonte », avec des volontaires venant de l’Allemagne, d’Afrique du Sud et des États-Unis.

Ils se sont attelés au dépoussiérage de la salle, peint la salle de bains, polis les meubles et rangés les livres anciens, dont certains remontaient aux années 1870 et provenaient de Vienne.

La synagogue peut accueillir jusqu’à 200 personnes, et environ 100 ont répondu positivement à l’invitation pour le repas de fête à la maison de Naiditch, donc, il s’attend à une bonne participation.

Pour l’instant, l’accord est temporaire, jusqu’à ce que le rabbin et le gabbai décident de ce qui convient de faire après.

« Je suis vraiment heureux qu’il y ait une activité là-bas », s’est réjouit Steiner. « Je ne veux pas qu’il soit scellé et fermé. Il y a beaucoup de synagogues à Tel Aviv qui sont fermées parce qu’il n’y a pas assez de gens pour prier ».

Pessah Steiner, 92 ans, le gabbaï de la synagogue, montre un peu l'histoire des lieux aux volontaires qui ont nettoyé le bâtiment. (Crédit: Autorisation Eli Naiditch)
Pessah Steiner, 92 ans, le gabbaï de la synagogue, montre un peu l’histoire des lieux aux volontaires qui ont nettoyé le bâtiment. (Crédit: Autorisation Eli Naiditch)

Il apprécie également le fait que la synagogue, fondée par des immigrants autrichiens, va continuer à servir d’autres nouveaux immigrants.

« Ce fut une rencontre pleine de succès », a déclaré Steiner. « Je suis vraiment heureux de lui donner la place ».

« J’allais partout voir les directeurs d’hôtel et tout le monde et il m’a juste semblé juste que je n’allais nulle part », s’est remémoré Naiditch. « Puis de nulle part, ça nous est tombé dessus. C’est une bénédiction… c’était un cadeau, mais aussi beaucoup de travail pour le remettre sur pied ».

L'ancienne et la nouvelle génération : le rabbin Eli Naiditch, à gauche, avec Pessah Steiner, 92 ans, qui vit toujours à proximité de la synagogue. (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)
L’ancienne et la nouvelle génération : le rabbin Eli Naiditch, à gauche, avec Pessah Steiner, 92 ans, qui vit toujours à proximité de la synagogue. (Crédit : Autorisation Eli Naiditch)

Ce qui a touché Naiditch le plus était de trouver les vieux livres dans la synagogue. « Il y avait un mahzor [livre de prières pour les grandes fêtes] datant de 1879 qui était beau, tout ce vestige du passé, », a-t-il décrit. « Les gens ont apporté des livres avec eux quand ils sont venus ici de Vienne et de la Hongrie ».

Steiner a déclaré, lorsqu’il s’était rendu à la synagogue pendant la rénovation, qu’il était heureux de voir des cartons de nouveaux mahzors, cette fois avec une traduction en anglais.

« Cela montre que ce n’est pas une ‘arche perdue’, c’est notre avenir », a déclaré Naiditch. « Ce n’est pas que notre histoire. C’est dynamique, C’est vivant », a-t-il conclu.

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