Mobilisation contre la résolution à l’UNESCO
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Mobilisation contre la résolution à l’UNESCO

Des représentants américains ont demandé à l'ambassadrice américaine à l'UNESCO d'annuler l'initiative sur le mur Occidental

Des milliers de personnes rassemblées au mur Occidental pour la cérémonie de bénédiction sacerdotale annuelle de Souccot, le 30 septembre 2015. (Crédit : Flash90)
Des milliers de personnes rassemblées au mur Occidental pour la cérémonie de bénédiction sacerdotale annuelle de Souccot, le 30 septembre 2015. (Crédit : Flash90)

WASHINGTON – Alors que les organisations juives à travers le monde lèvent les boucliers tout comme les responsables israéliens contre une résolution présentée à l’UNESCO pour déclarer le mur Occidental comme un lieu saint musulman, deux membres du Congrès ont lancé un lundi soir appel à l’émissaire américain à l’organe de l’ONU afin d’annuler la résolution.

Les représentants démocrates, Nita M. Lowey et Ted Deutch, ont envoyé lundi une lettre à l’ambassadrice américaine à l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Crystal Nix-Hines, l’exhortant à bloquer la proposition de résolution qui affirme que le mur Occidental fait partie de la mosquée Al-Aqsa.

Six Etats arabes, qui siègent au Conseil exécutif de l’UNESCO – l’Algérie, l’Egypte, le Koweït, le Maroc, la Tunisie et les Émirats arabes unis – devraient présenter au vote la résolution mardi .

« Alors que les membres du Congrès des Etats-Unis se sont engagés à promouvoir la paix en Israël et dans les Territoires palestiniens par le biais de négociations bilatérales directes visant à parvenir à une solution à deux Etats, nous vous invitons à utiliser la parole et le vote des États-Unis pour empêcher cette proposition de résolution d’avancer » ont écrit les deux membres du congrès à Nix-Hines.

Selon la proposition, le Mur occidental fait partie de la mosquée al-Aqsa et est en fait appelé « l’Esplanade al-Buraq ». La proposition demande également qu’Israël soit condamné pour les fouilles près du mont du Temple et dans la Vieille Ville de Jérusalem et pour ce qu’elle appelle les « agression et mesures illégales prises contre la liberté de culte et l’accès des Musulmans à la mosquée Al-Aqsa et les tentatives d’Israël de briser le statu quo depuis 1967 ».

En outre, elle condamne Israël pour les mesures prises par ses forces de sécurité face à la récente escalade de la violence en Israël et en Cisjordanie, et affirme que le Tombeau des Patriarches à Hébron et le Tombeau de Rachel, près de Bethléem, font partie de l’Etat palestinien.

« Les efforts palestiniens visant à revendiquer la propriété exclusive des sites religieux tels que le mur Occidental, le Caveau des Patriarches et le Tombeau de Rachel – et refusant de toute revendication juive sur ces sites, bien que les Juifs y ont prié depuis des milliers d’années, révèlent un obstacle central dans le conflit israélo-palestinien – le refus palestinien de reconnaître l’existence même des Juifs dans l’ancienne patrie juive », ont dénoncé les représentants.

Deutch et Lowy ont lié la résolution de l’UNESCO à l’incendie criminel du tombeau de Joseph à Naplouse vendredi, disant que de telles actions « travaillent de façon proactive à transformer [le conflit israélo-palestinien] en un conflit religieux » et notant qu’avec ces actions « les Palestiniens rendent le conflit autant plus difficile à résoudre ».

Les deux ont demandé à Nix-Hines d’utiliser l’influence des États-Unis pour exhorter les autres membres du Conseil d’administration à ne pas adopter cette résolution et de la retirer de l’ordre du jour.

La résolution initiée par l’Autorité palestinienne « affirmerait » que le mur Occidental est une « partie intégrante » de la mosquée Al-Aqsa, un des deux sites de culte musulmans sur le mont du Temple.

Pour les Juifs, qui ont l’interdiction de prier sur le mont du Temple selon les règles israéliennes, le Mur occidental est le site de prière le plus proche du site antique le plus Saint des Saints à l’intérieur du Temple détruit. Il est considéré comme le site le plus sacré où les Juifs sont autorisés à prier.

Les organisations juives se sont opposées en force contre l’initiative palestinienne lundi. La Conférence des présidents des principales organisations juives américaines a écrit une lettre lundi pour protester contre la résolution à Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO.

Le président de l’organisation, Stephen Greenberg, le président et le PDG, Malcolm Hoenlein, a émis un communiquédans lequel ils se sont plaints que l’appropriation du mur Occidental comme une place nommée d’après le cheval du Prophète Mahomet, va à l’encontre des faits historiques.

« Dans le millénaire avant la recréation de l’Etat d’Israël en 1948, les dirigeants arabes ont largement ignoré Jérusalem, n’ont posé aucune revendication sur le mur Occidental ou le Tombeau de Rachel », a affirmé l’organisation dans un communiqué. « Il n’y a aucune explication ou de justification légitime pour cette initiative blasphématoire. Nous appelons les membres de l’UNESCO et ses dirigeants à rejeter absolument cette tentative. Israël a fait de grands efforts pour protéger les droits des Musulmans sur leurs lieux saints, ce qui limite souvent l’accès de ses citoyens juifs et chrétiens ».

« Aucune résolution ou action de l’UNESCO ou de l’ONU ne peut annuler plus de 2 000 ans d’histoire », a poursuivi le communiqué. « Le but du président de [l’Autorité palestinienne] [Mahmoud] Abbas est de nier le lien entre Israël et le peuple juif à cette terre. Il cherche à couper leur passé afin de couper leur avenir. Ce serait mieux si le président Abbas consacrait la même énergie pour contrôler la violence perpétrée par les Palestiniens et s’engageait avec le Premier ministre Netanyahu dans des pourparlers significatifs. Il sait bien que ses actions à l’UNESCO ne peuvent que saper toute perspective de paix et son peuple n’y gagne rien ».

L’American Jewish Committee (AJC) a lancé une pétition visant à démontrer l’ampleur de la protestation contre la résolution.

« Abbas est sans vergogne et cherche à saper la vérité, à changer le statu quo, à ajouter [de l’instabilité] à une situation déjà explosive qu’il a irresponsablement créée, et ainsi une fois de plus met en retrait la quête de la paix et de la coexistence », a déclaré le directeur exécutif de l’AJC, David Harris.

« Nous exhortons les Etats membres du Conseil exécutif de l’UNESCO de faire la chose juste et responsable – rejeter cet assaut sur des faits historiques et les efforts éhontés pour dépouiller le peuple juif de ce lien historique à notre site le plus sacré, le mur Occidental », a ajouté Harris.

Le président du Congrès juif mondial (WJC), Ronald S. Lauder, s’est plaint du fait que la proposition « va à l’encontre de la Constitution de l’UNESCO, qui stipule très clairement que l’objectif de l’organisation est de contribuer à la paix et à la sécurité en favorisant la collaboration et la coexistence ».

« Ce serait se moquer du principe fondateur si le Conseil exécutif de l’UNESCO soutenait une telle résolution. L’UNESCO ne doit pas être transformé en un champ de bataille pour les conflits entre les religions », a-t-il ajouté. « Déclarer que le mur Occidental du mont du Temple, le lieu le plus saint du judaïsme, est un site musulman serait une parodie. Au lieu de favoriser la paix, cela ne ferait qu’encourager les extrémistes à intensifier leur campagne contre les Juifs, en Israël et ailleurs ».

Jonathan A. Greenblatt, le chef de la direction de l’Anti-Defamation League (ADL), a décrit la manœuvre comme étant « une manipulation cynique et incendiaire pour exacerber et perpétuer les tensions religieuses et politiques déjà accrues à Jérusalem ».

« C’est d’une ironie tragique qu’alors que le gouvernement israélien reconnaisse activement les lieux saints musulmans à Jérusalem et à travers le pays et garantisse et protège la liberté de culte, les Palestiniens et leurs alliés de l’exécutif de l’UNESCO tentent de diminuer, de refuser ou de remplacer le lien juif indéniable aux lieux saints à Jérusalem », a poursuivi Greenblatt. « Dans le cas du mont du Temple / le noble Sanctuaire, Israël s’est engagé à l’arrangement du ‘statu quo’ depuis longtemnps en vertu duquel la gestion et l’accès musulman est assuré à ce lieu saint partagé ».

Comme Harris et Lauder, Greenblatt a également appelé les membres du Conseil exécutif de l’UNESCO à rejeter la résolution.

De même, les Fédérations juives d’Amérique du Nord ont publié leur propre condamnation de la résolution, la décrivant comme « un affront au peuple juif ».

« Alors que la violence en Israël continue d’augmenter, les Palestiniens ainsi que la communauté internationale ont faussement accusé Israël de changer le statu quo sur le mont du Temple et allument cette vague actuelle de terrorisme », a ajouté l’organisation dans son communiqué.

« Cependant, ce sont les Palestiniens – et leurs commanditaires à l’UNESCO – qui travaillent à changer le statu quo, pas Israël ».

Cette résolution intervient quatre ans après que l’UNESCO ait voté pour accepter l’Autorité palestinienne en tant que membre à part entière, une action qui a conduit les Etats-Unis à arrêter son financement à l’organisme des Nations unies et cinq ans après une autre résolution où l’UNESCO a déclaré que le Tombeau des Patriarches et le Tombeau de Rachel sont tous deux « palestiniens ».

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