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Mont du Temple: Alerte maximale avant les prières du vendredi et le début du ramadan

La police se déploie à travers Jérusalem, Tsahal envoie 12 bataillons supplémentaires en Cisjordanie suite à la vague d'attaques terroristes des deux dernières semaines

Une Palestinienne passe devant les forces de sécurité israéliennes patrouillant dans la vieille ville de Jérusalem le 31 mars 2022. (Crédit : Photo de Menahem Kahana/AFP)
Une Palestinienne passe devant les forces de sécurité israéliennes patrouillant dans la vieille ville de Jérusalem le 31 mars 2022. (Crédit : Photo de Menahem Kahana/AFP)

Les forces israéliennes sont au plus haut niveau d’alerte avant les prières du vendredi sur le mont du Temple à Jérusalem et le début du mois sacré du Ramadan, et ce en pleine vague d’attentats terroristes.

La police a envoyé des centaines de renforts dans la ville et mis en place un commandement conjoint spécial, tandis que Tsahal a déployé 12 bataillons supplémentaires en Cisjordanie, où une série de grandes manifestations sont prévues.

Vendredi matin, le ministre de la Défense Benny Gantz a ordonné le rappel volontaire des réservistes de la police des frontières pour renforcer les agents. Trois compagnies – au total 300 officiers – de réservistes de l’unité de police paramilitaire doivent être mobilisés.

Ces dispositions sont prises alors que onze Israéliens ont été tués dans trois attentats terroristes au cours des dix derniers jours ; il s’agit de la période la plus meurtrière depuis la deuxième Intifada.

En mai dernier, les tensions autour de Jérusalem à la période du Ramadan se sont transformées en une guerre de onze jours avec les dirigeants du Hamas de la bande de Gaza et les pires affrontements internes depuis des décennies entre Israéliens juifs et arabes.

Le ramadan commence samedi en Israël.

Malgré les attaques terroristes, Israël a décidé de ne pas limiter la participation aux prières du vendredi à la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple.

Le Mont est un symbole pour les Juifs et les musulmans. Le site est vénéré par les Juifs comme leur site le plus saint, où se trouvaient les deux temples bibliques, et est le troisième site le plus important de l’islam.

Des Palestiniens scandent des slogans après la prière du vendredi dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa au sommet du mont du Temple à Jérusalem, le 18 juin 2021. (Crédit : Ahmad Gharabli / AFP)

Lors d’une réunion du cabinet mercredi à la suite des attentats terroristes, les ministres auraient répondu aux appels des chefs des différentes agences de sécurité à ne pas imposer de punitions collectives aux Palestiniens en annulant les plans visant à apaiser les tensions autour du mois sacré du Ramadan. Certains ministres avaient suggéré à Israël de mettre la Cisjordanie sous large contrôle ou de prendre d’autres mesures pour restreindre l’accès des Palestiniens à la Vieille Ville de Jérusalem.

Au lieu de cela, Israël délivrera des permis d’entrée supplémentaires aux fidèles musulmans âgés pour prier à la mosquée Al-Aqsa, prolongera les heures de ces permis et mettra en œuvre d’autres mesures visant à faciliter la liberté de déplacement des Palestiniens, selon un responsable israélien.

La police a prédit que tout renversement des plans déjà annoncés déclencherait davantage de troubles, a rapporté le radiodiffuseur public Kan, bien que le média indique également que la police a signé une ordonnance interdisant à certains membres du Hamas de visiter la Vieille Ville et d’autres quartiers de Jérusalem pendant le mois sacré.

Le roi Abdallah de Jordanie, qui s’est rendu en Cisjordanie cette semaine, a également averti que le calme ne serait maintenu que tant que la liberté de déplacement des musulmans à la mosquée Al-Aqsa pendant le Ramadan ne serait pas restreinte.

Tirant les leçons de l’année dernière, la police a mis en place une salle de contrôle conjointe avec des représentants du Shin Bet, des bureaux de prévention du crime et de diverses agences de renseignement qui traitera de l’incitation en ligne, a rapporté le site d’information Walla.

« Nous nous dirigeons vers un mois complexe », a déclaré le commandant de la police de Jérusalem, Doron Turgeman. « Il n’y aura pas un seul compte TikTok duquel je ne m’occuperai pas », a-t-il ajouté.

Le commandant de la police du district de Jérusalem, Doron Turgeman deuxième à droite, sur les lieux d’une fusillade présumée dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 21 novembre 2021. (Crédit : Police israélienne)

Des responsables de la sécurité ont déclaré à Walla que, ces derniers jours, les sites de réseaux sociaux avaient été inondés d’appels palestiniens à venir prier sur le Mont du Temple et qu’il y avait des craintes qu’il y ait des violences.

À la veille de la guerre de l’année dernière, Jérusalem a connu plusieurs jours de violence, notamment un certain nombre d’agressions contre des Juifs qui ont été filmées puis téléchargées sur l’application de partage de vidéos TikTok, dont celle d’un adolescent de Jérusalem-Est giflant deux jeunes ultra-orthodoxes dans le métro. Celles-ci venaient en réponse à des attaques contre des Arabes, avec notamment des slogans de type « Mort aux Arabes » qui ont été entendus lors des assauts.

« Nous faisons des efforts considérables pour garantir la liberté de culte, mais nous n’avons pas l’intention d’accepter la violence », a déclaré un responsable de la sécurité à Walla. « Il y a une activité du Hamas et d’autres groupes qui incitent à mettre le feu à la Cisjordanie. »

Cependant, le responsable a déclaré que la principale préoccupation concernait les prières du vendredi la semaine prochaine, le premier du mois de Ramadan.

Ce développement intervient aussi dans un contexte de recrudescence des attaques palestiniennes de type « loup solitaire » contre des Israéliens et d’une augmentation générale des tensions.

La police renforçait sa présence sur des sites fréquemment sous tension et sur les routes principales, craignant une recrudescence des attaques palestiniennes de type « loup solitaire » contre des Israéliens, comme celles de Beer Sheva, Beni Brak et Hadera la semaine dernière.

Autre sujet de préoccupation : les Palestiniens prévoient trois grandes manifestations en Cisjordanie et la crainte est que des pertes massives lors des manifestations ne conduisent à des troubles généralisés, a déclaré le responsable.

Le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir après avoir visité le Mont du Temple au Mur Occidental dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 31 mars 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les tensions au Mont du Temple ont encore augmenté lorsque le député d’extrême droite Itamar Ben Gvir s’est rendu jeudi sur le site.

Ben Gvir a déclaré avoir reçu des menaces de mort de la part du porte-parole du Hamas avant sa visite. « Je conseille [au porte-parole] de se taire. Je ne sais pas pourquoi le gouvernement israélien ne l’élimine pas dans une frappe ciblée. C’est un terroriste », a-t-il dit.

Il a qualifié les autorités musulmanes du Waqf qui administrent les sites religieux sur le mont de « terroristes » et a déclaré que « quiconque contrôle le Mont du Temple contrôle la Terre d’Israël ».

Tard jeudi, une foule de dizaines de jeunes adolescents juifs a été filmée errant dans les rues du centre-ville de Jérusalem et scandant « mort aux Arabes ».

Plusieurs autres scènes de ce type ont été filmées ces derniers jours à la suite des attentats terroristes à Beer Sheva, Hadera et Bnei Brak.

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