Mont Meron : Gantz demande la création d’une commission d’enquête
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Mont Meron : Gantz demande la création d’une commission d’enquête

Le chef de Kakhol lavan a réclamé un avis juridique au procureur-général, disant que seul un tel panel pourra gérer "tous les aspects de l'enquête" et empêcher un nouveau drame

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Les drapeaux israéliens en berne en mémoire des victimes de la bousculade du mont Meron à la Knesset, à Jérusalem, le 2 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Les drapeaux israéliens en berne en mémoire des victimes de la bousculade du mont Meron à la Knesset, à Jérusalem, le 2 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans un contexte d’interrogations croissantes sur le manque de supervision de l’État sur le site du mont Meron où 45 personnes sont mortes écrasées suite à un mouvement de foule, à la fin de la semaine dernière, Benny Gantz, ministre de la Défense, a appelé dimanche le procureur-général Avichai Mandelblit à livrer un avis juridique sur la faisabilité de la formation d’une commission d’enquête placée sous l’autorité du gouvernement transitoire.

« La formation rapide d’une commission qui puisse mener une enquête préliminaire alors que les informations sont d’ores et déjà disponibles a un caractère d’urgence », a écrit Gantz dans un courrier adressé à Mandelblit.

Il a ajouté que « seule une commission d’enquête sera en mesure de prendre en charge tous les aspects de l’enquête sur la catastrophe ».

Une journée de deuil national avait été décrétée en Israël dans la journée de dimanche, en mémoire des victimes de la catastrophe, qui étaient âgées de 9 à 65 ans. Seize blessés sur plus de 150 étaient encore à l’hôpital dimanche dans la soirée.

Les Israéliens allument des bougies pour les 45 victimes tuées dans une bousculade géante sur le mont Meron pendant les célébrations de Lag BaOmer, sur la place Rabin de Tel Aviv, le 2 mai 2021. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

La tragédie est survenue vendredi, alors que des milliers de personnes descendaient une passerelle étroite en métal qui était probablement humide. Certains ont apparemment glissé et chuté, renversant ceux qui se trouvaient en-dessous et entraînant un effet domino meurtrier au moment même où une foule compacte rejoignait la sortie.

Une commission d’enquête « ne ramènera pas aux familles ceux qui leur étaient chers et n’enlèvera rien à leur douleur mais elle pourra empêcher la répétition d’une telle catastrophe à l’avenir », a noté Gantz.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis, de son côté, une enquête « minutieuse » mais il n’a pas répondu aux appels réclamant une commission d’enquête, ce qui pourrait exiger que des responsables politiques apportent leur témoignage. Des conclusions et des recommandations pourraient également être émises concernant d’éventuelles culpabilités politiques.

Selon la Douzième chaîne, il s’opposerait à la mise en place d’une commission d’enquête, redoutant des conséquences politiques.

Dimanche matin, le Forum des généraux de brigade et des commissaires de police à la retraite a fait parvenir une lettre à Netanyahu qui affirme que seule une enquête soignée, qui examinerait le rôle de toutes les instances impliquées dans l’événement annuel, pourrait être en mesure d’empêcher qu’une tragédie du même type se reproduise à l’avenir.

« Ce qu’il s’est passé au mont Meron n’est pas de la seule responsabilité de la police israélienne », a affirmé la missive. Le forum est placé sous l’autorité de Moshe Karadi, ex-chef de la police.

Ce courrier a été envoyé alors que le département des enquêtes internes de la police, au sein du ministère de la Justice, a lancé ses propres investigations sur le rôle tenu par les policiers dans la planification et dans la sécurisation de cette fête qui réunit environ 100 000 personnes, majoritairement issues de la communauté ultra-orthodoxe. Des agents de ce département se seraient rendus sur le site dans la journée de dimanche.

La police israélienne a également ouvert sa propre enquête.

Ces appels à une enquête d’État surviennent dans un contexte de vives critiques du gouvernement, auquel il est reproché de ne pas avoir pris le contrôle plein et entier du site de Meron.

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