Rechercher

Mort à 106 ans de Rosa Roisinblit, emblématique Grand-Mère de la Place de Mai

Roisinblit, née dans un village d'immigrants juifs en Argentine, a retrouvé son petit-fils en 2000 et a vu les ravisseurs de sa fille et de son gendre être traduits en justice en 2016

Rosa Tarlovsky de Roisinblit, alors vice-présidente de l'organisation de défense des droits humains Abuelas de Plaza de Mayo (Grands-mères de la place de Mai), photographiée chez elle lors d'un entretien avec l'AFP à Buenos Aires, le 20 juillet 2016. (Crédit : JUAN MABROMATA / AFP)
Rosa Tarlovsky de Roisinblit, alors vice-présidente de l'organisation de défense des droits humains Abuelas de Plaza de Mayo (Grands-mères de la place de Mai), photographiée chez elle lors d'un entretien avec l'AFP à Buenos Aires, le 20 juillet 2016. (Crédit : JUAN MABROMATA / AFP)

Figure emblématique des Grands-Mères de la Place de Mai et de la lutte contre la dictature argentine, dont elle avait fait traduire des responsables devant les tribunaux, Rosa Roisinblit est morte samedi à l’âge de 106 ans, a annoncé cette association.

« Les Grands-Mères de la place de Mai font leurs adieux avec tristesse à leur très chère compagne Rosa Tarlovsky de Roisinblit, vice-présidente des Grands-mères de la place de Mai jusqu’en 2021, date à laquelle, en raison de son âge avancé, elle est devenue présidente d’honneur de l’institution », a annoncé l’organisation sur son site.

Née en 1919 à Moises Ville, un village d’immigrants juifs dans le centre-est du pays, Rosa Roisinblit exerçait comme obstétricienne quand elle a vu sa vie basculer le 6 octobre 1978, jour où sa fille Patricia Roisinblit et son gendre José Pérez Rojo, tous deux militants de l’organisation armée péroniste Montoneros en lutte contre la junte, sont enlevés.

Leur fille Mariana, âgée de 15 mois, est rendue à sa famille et sera élevée par Rosa sa grand-mère.

Mais Patricia, enceinte de 8 mois, est transférée au centre de détention et de torture clandestin de l’Ecole de mécanique de la marine de Buenos Aires où, quelques jours après avoir donné naissance dans une cave, son bébé lui est enlevé.

Comme quelque 30 000 autres « Disparus » enlevés de façon extrajudiciaire sous la dictature militaire (1976-1983), Patricia Roisinblit et José Pérez Rojo sont assassinés sans qu’on ne retrouve trace de leurs corps.

Plus de 20 ans plus tard, en 2000, grâce au travail des Grands-Mères de la place de Mai dont elle a été une cofondatrice, Rosa a pu retrouver son petit-fils, Guillermo Roisinblit, l’un des 140 enfants retrouvés par son organisation.

Guillermo Perez Roisinblit (à gauche), petit-fils retrouvé de Rosa Tarlovsky de Roisinblit, alors vice-présidente des Abuelas de Plaza de Mayo, lors du procès pour détention illégale de Patricia Roisinblit et Jose Manuel Perez Rojo, au tribunal de San Martin, dans la banlieue de Buenos Aires, en Argentine, le 8 septembre 2016. (Crédit : JUAN MABROMATA / AFP)

« Je n’arrêterai jamais »

Cette année-là, trois militaires responsables de l’enlèvement de son petit-fils sont condamnés à des peines allant de 12 à 25 ans de prison.

Rosa et ses deux petits-enfants, Mariana et Guillermo, assistent au procès.

Mais le combat de Rosa Roisinblit ne s’arrête pas là. « La douleur est toujours là, cette blessure ne guérit jamais… Mais dire que j’arrête ? Non, je n’arrêterai jamais », avait-elle déclaré dans une interview à l’AFP en 2016, à 97 ans.

Selon l’association Abuelas de Plaza de Mayo, il reste encore environ 300 petits-enfants nés en captivité ou kidnappés avec leurs parents et placés auprès de proches du régime à retrouver.

Les Grands-Mères de la place de mai ont emboîté le pas aux Mères de la place de mai qui dès 1981 ont manifesté pour retrouver leurs enfants enlevés.

« Nous nous battons, mais les héros sont nos enfants qui se sont dressés contre une dictature féroce et ont donné leur vie pour un pays meilleur », avait ajouté Rosa Roisinblit lors de son interview à l’AFP.

Mariana a posté samedi sur les réseaux sociaux une photo où elle et sa grand-mère se regardent dans les yeux en riant. « Pour moi, tu es éternelle », a-t-elle écrit.

Le 24 mars dernier, alors que des dizaines de milliers de personnes manifestaient à Buenos Aires pour commémorer le 49e anniversaire du coup d’Etat militaire de 1976, le gouvernement de Javier Milei a annoncé la déclassification des archives du renseignement portant sur la dictature.

De nombreux manifestants avaient toutefois dénoncé « le négationnisme du gouvernement » ultralibéral, dont la cure d’austérité a conduit à la suppression de dizaines d’emplois au sein du secrétariat des Droits de l’Homme et dans les lieux de mémoire ayant servi de prisons et de centres de torture sous la dictature.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.