Mort de Barel Hadaria Shmueli : le chef d’état major défend l’armée
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Mort de Barel Hadaria Shmueli : le chef d’état major défend l’armée

Aviv Kohavi dit que les soldats disposent "de tous les outils nécessaires" et que les affirmations du contraire sont sans fondement ; Shmueli a été tué à la frontière avec Gaza

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef d'État-major de l'armée israélienne  Aviv Kohavi lors d'une cérémonie à Jérusalem, le 11 août 2021. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef d'État-major de l'armée israélienne Aviv Kohavi lors d'une cérémonie à Jérusalem, le 11 août 2021. (Crédit : Armée israélienne)

Le chef d’état-major Aviv Kohavi a défendu l’armée israélienne, jeudi, contre les critiques proférées contre ses hauts-responsables après la mort d’un sniper de la police des frontières, grièvement blessé par balle par un Palestinien, le mois dernier, qui avait ouvert le feu à bout portant pendant une émeute, le long de la frontière avec Gaza.

Après le décès de cet agent de la police des frontières, Barel Hadaria Shmueli, qui a succombé aux graves blessures par balle contractées en date du 21 août, les critiques avaient estimé que les Palestiniens avaient pu se rapprocher ainsi de la frontière en raison de règles d’engagement démesurément restrictives qui avaient empêché les soldats d’ouvrir le feu sur les émeutiers.

La mort de Shmueli, lundi, a renforcé le chœur de ces accusations. Certains opposants du gouvernement actuel ont déclaré que l’armée avait imposé de nouvelles restrictions aux soldats en raison de la présence du parti arabe Raam au sein de la coalition.

Dans un discours, Kohavi a rejeté l’idée que les règles d’engagement ou un manque d’équipement aient été à l’origine de la mort de Shmueli.

« Les soldats et les commandants sont équipés de tous les outils nécessaires et les règles de tir sont claires. Affirmer le contraire est sans fondement et n’est rien d’autre qu’un mensonge total », a-t-il indiqué dans un discours marquant l’arrivée du général de Brigade David Salamé au poste de commandant de la marine.

« Tout soldat se sentant menacé et en péril, que ce soit dans la bataille ou en temps de paix, a le droit – et doit – agir et faire disparaître la menace », a-t-il continué.

Au début de la semaine, la famille de Shmueli avait réclamé une « enquête indépendante, objective et rigoureuse » sur les circonstances des tirs qui avaient grièvement blessé leur fils. Une initiative peu banale et spectaculaire dans la mesure où ce type d’incident est généralement géré par la chaîne de commandement et non par le biais d’investigations indépendantes.

« Nous avons appris auprès des amis de Barel que les instructions étaient restées, au mieux, vagues », avait commenté l’avocat de la famille, Ran Cohen Rochberger. « Instruction avait été donnée de contenir les émeutes et d’éviter des dommages non-nécessaires aux Palestiniens ».

L’agent de la police des frontières Barel Shmueli, à gauche, tué par des tirs à la frontière avec la bande de Gaza, le 21 août 2021 ; et le Premier ministre Naftali Bennett, à droite. (Crédit : Police des frontières ; Olivier Fitoussi/Flash90)

Rochberger avait ajouté que la famille n’accepterait pas « le transfert des responsabilités à un officier de bas inférieur… nous ne cherchons pas de coupables mais nous réclamons une enquête du sommet au pied de la hiérarchie. Il est clair que l’échec, ici, a été multi-systémique… pas seulement au niveau de la police de la frontière mais bien de l’armée toute entière ».

Kohavi a précisé que l’armée menait encore une enquête sur cet incident.

« Nous achevons des investigations rigoureuses et nous ne négligerons aucun détail. C’est une enquête basée exclusivement sur des standards professionnels et éthiques », a-t-il poursuivi.

Rejetant les affirmations d’une interdiction donnée aux soldats d’ouvrir le feu, Kohavi a noté que de nombreux émeutiers avaient été blessés par balle au fil des années.

La mère de Barel Hadaria Shmueli, de la police des frontières, mort neuf jours après avoir été blessé lors d’émeutes sur la frontière avec Gaza, s’exprime lors des funérailles de son fils à Tel Aviv, le 30 août 2021. (Crédit : Porte-parole de la police)

« Dans de nombreux cas, des activités violentes ont éclaté et les armes ont été utilisées le long de la frontière – de nombreux terroristes ont été touchés par les balles des militaires de l’armée israélienne », a-t-il continué.

La famille de Shmueli a âprement critiqué l’armée et le gouvernement suite à sa mort. Les députés de droite, dans l’opposition, ont fustigé eux aussi la coalition pour ce drame.

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