Mort de Leïla Shahid, ancienne ambassadrice de Ramallah en France
La diplomate compte parmi les premiers Palestiniens à avoir établi des contacts avec des Israéliens favorables à la paix
La diplomate Leïla Shahid, ancienne représentante de l’Autorité palestinienne auprès de la France et de l’Union européenne, est décédée mercredi 18 février, a annoncé à l’AFP sa sœur Zeina, confirmant une information du quotidien Le Monde. « Elle est morte aujourd’hui », a-t-elle dit, sans préciser les circonstances de son décès.
Son corps a été retrouvé mercredi à Lecques (Gard), où elle vivait, a indiqué à l’AFP une source proche de l’enquête. Selon les premiers éléments, il s’agirait d’un suicide, a ajouté cette source, précisant qu’une enquête avait été ouverte pour « recherche des causes de la mort », comme c’est le cas en pareilles circonstances.
Son ami le journaliste franco-israélien Charles Enderlin a lui aussi évoqué un suicide :
Leïla Shahid, mon amie n'est plus. elle a décidé de quitter ce monde. C'était une femme formidable https://t.co/e6YZTldA9Q
— Charles Enderlin (@Charles1045) February 18, 2026
Selon Le Monde, Leïla Shahid, 76 ans, était gravement malade depuis plusieurs années. Elle a été la voix et le visage de Ramallah en Europe, notamment en France où elle a été déléguée générale de l’Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d’occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l’UE durant la décennie suivante. Elle avait également représenté l’OLP de Yasser Arafat en Irlande en 1989 et aux Pays-Bas où elle a vécu.
L’actuelle ambassadrice palestinienne en France, Hala Abou-Hassira, a rendu hommage sur X à « une ambassadrice iconique », déplorant « une immense perte pour la Palestine, et pour le monde qui croit en la justice ».
« Elle restera cette voix forte et digne de la Palestine en France, infatigable militante de la paix », a salué sur X Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée (2020-2025) : « Elle m’avait permis de rencontrer Yasser Arafat et ouvert les portes d’une époque d’espoir, celle des accords d’Oslo. Un temps aujourd’hui si lointain. Une époque hélas révolue. »
Issue d’une famille de notables de Jérusalem, Leïla Shahid était née en 1949 à Beyrouth quelques mois après la création d’Israël.
Elle a étudié la sociologie et l’anthropologie à Paris et a pris la tête de l’Union des étudiants palestiniens en France.
Elle a été la première femme à représenter l’OLP à l’étranger. Elle compte parmi les premiers Palestiniens à avoir établi des contacts avec des Israéliens favorables à la paix. Réaliste sur l’échec des négociations israélo-palestiniennes – « Nous avons commencé à négocier à Madrid en 1990. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué », avait-elle déclaré –, la réalité des actions terroristes palestiniennes ne faisaient pas partie de son discours politique, quand elle saluait la décision de l’Autorité palestinienne d’avoir, « il y a 19 ans, arrêté toute lutte militaire pour décider de négocier la solution de deux États ».
Mme Shahid a effectué ses études secondaires au Liban. Elle était mariée à un écrivain marocain, Mohamed Berrada. Elle n’avait pas d’enfant.
Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n’avait eu de cesse d’appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.
Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait « pessimiste » quant à l’avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de « ce qu’il reste comme territoires palestiniens ».
Dans un entretien à l’AFP en 1993, elle disait vivre « un déchirement perpétuel entre l’appartenance à (son) peuple, le besoin de lutter avec lui (…) et le désir d’une vie normale et sereine ».








