Rechercher

Mort d’Elizabeth II : Israël salue une « dirigeante unique »

La disparition de la souveraine, dont l'état de santé s'était dégradé depuis un an, est assurée de susciter une immense émotion au Royaume-Uni et dans le monde

La reine Elisabeth II, le 8 septembre 2015 (Page Facebook The British Monarchy)
La reine Elisabeth II, le 8 septembre 2015 (Page Facebook The British Monarchy)

Les dirigeants israéliens ont pleuré jeudi le décès de la reine Elizabeth II de Grande-Bretagne après un règne record de 70 ans.

Elizabeth II est montée sur le trône à la mort de son père, le roi George VI, en 1952, quatre ans seulement après la fondation d’un pays alors naissant, Israël.

Le Premier ministre israélien Yaïr Lapid a rendu hommage à Elizabeth II, décédée jeudi, qu’il a saluée comme une « dirigeante unique » et une « figure exceptionnelle » qui « symbolisait la dévotion et l’amour pour sa patrie ».

« Au nom du gouvernement d’Israël et des citoyens israéliens, j’adresse mes condoléances à la famille royale et aux citoyens du Royaume-Uni après le décès de Sa Majesté la reine Elizabeth II », a déclaré Yaïr Lapid sur Twitter.

« Que sa mémoire soit une bénédiction », a-t-il ajouté, en utilisant une phrase traditionnelle juive de commémoration.

La reine Elizabeth, la reine mère de Grande-Bretagne, troisième à partir de la gauche, pose avec le duc d’Édimbourg, à gauche, la reine Elizabeth II, à droite, le président israélien Ezer Weizman et son épouse Reuma lors d’un banquet d’État organisé en leur honneur au palais de Buckingham, à Londres, sur cette photo d’archives du 25 février 1997. (Crédit : AP Photo/John Stillwell/pool)

Le président Isaac Herzog a déclaré que la mort de la reine était « la fin d’une époque ».

« Avec le peuple d’Israël, je pleure sa perte et exprime mes plus sincères condoléances au peuple britannique et à toutes les nations du Commonwealth, qui ont perdu leur matriarche. La reine Elizabeth était une figure historique : elle a vécu l’histoire, elle a fait l’histoire, et avec son décès, elle laisse un magnifique et inspirant héritage, » a de son côté déclaré le président dans un communiqué de son bureau. « Son décès marque la fin d’une époque. »

Le président a souligné que son père, Chaim Herzog, né à Dublin, et sa mère Aura Herzog ont rencontré Elizabeth II à plusieurs reprises.

De gauche à droite, Aura Herzog, la reine Elizabeth, Chaim Herzog et le prince Edward en Grande-Bretagne en 1993. (Crédit : Ya’acob Sa’ar/GPO)

Herzog a exprimé ses condoléances au roi Charles, l’ancien prince de Galles devenu monarque à la mort de sa mère, au reste de la famille royale et au peuple britannique, tout en saluant Élisabeth comme un « symbole de leadership stable et responsable » dans un monde qui a changé de manière spectaculaire sous son règne.

Le Premier ministre d’alternance Naftali Bennett a fait part de ses prières, tandis que le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a envoyé ses condoléances.

« La Reine a servi la communauté internationale pendant 70 ans, et sous son règne, les relations entre le Royaume-Uni et Israël ont prospéré. Mes pensées sont avec le Royaume-Uni aujourd’hui », a tweeté le ministre de la Défense Benny Gantz.

Le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu a salué la défunte monarque comme « un phare d’intégrité et l’intendante d’une seconde ère élisabéthaine dont on se souviendra à travers les siècles ».

L’ambassadrice d’Israël au Royaume-Uni, Tzipi Hotovely, a déclaré que la reine « était admirée dans le monde entier comme une femme d’État inspirante et aimée. »

« Israël se tient aux côtés de la famille royale et du peuple britannique pour pleurer la perte de la reine », a écrit Hotovely sur Twitter.

L’hôtel de ville de Tel-Aviv est illuminé du drapeau de l’Union Jack en hommage à la reine.

Le maire Ron Huldai a déclaré que la reine faisait partie des « dirigeants les plus importants et les plus influents que le monde ait connus ».

Les groupes juifs du Royaume-Uni et d’ailleurs ont également pleuré la mort de la reine.

Le grand rabbin britannique Ephraim Mirvis a fait l’éloge de la reine comme étant l’incarnation des « valeurs les plus nobles » de la Grande-Bretagne.

« Chaque semaine, nous avons prié pour son bien-être, sa santé et sa sagesse, et elle ne nous a jamais laissé tomber », a-t-il déclaré, se souvenant de « la relation chaleureuse » qu’elle entretenait avec les Juifs britanniques.

« Son affection pour le peuple juif était profonde et son respect pour nos valeurs était palpable ».

Le Board of Deputies of British Jews, qui représente les Juifs du Royaume-Uni, a écrit dans un tweet que « la sagesse, la bienveillance et le dévouement de la reine ont inspiré des générations ».

Le président du Congrès juif mondial, Ron Lauder, a salué Elizabeth pour avoir été « une inspiration et une source de réconfort pour Anne Frank dans sa cachette à Amsterdam », tout en notant sa visite au camp nazi de Bergen-Belsen en 2015 pour marquer sa libération. « Le refus de la reine Elizabeth de reculer devant le mal, mais plutôt de le combattre avec chaque fibre formidable de son caractère, sera une source d’inspiration pour les générations à venir », a-t-il souligné.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne et le duc d’Edimbourg, le prince Philip déposent une gerbe lors d’une visite sur le site de commémoration de l’ancien camp de concentration nazi de Bergen-Belsen le 26 juin 2015. (AFP/JULIAN STRATENSCHULTE)

Monarque la plus célèbre de la planète, la reine Elizabeth II est morte jeudi à 96 ans dans sa résidence écossaise de Balmoral, ouvrant une ère incertaine pour la couronne britannique à laquelle elle avait dédié sa vie.

La reine est décédée « paisiblement » jeudi après-midi, a annoncé le Palais de Buckingham. Les drapeaux ont été mis en berne au-dessus du palais et « God Save the Queen » jouait sur la BBC.

Symbole de stabilité ayant traversé imperturbable les époques et les crises, elle avait côtoyé, depuis la mort de son père George VI en 1952, quand elle n’avait que 25 ans, Nehru, Charles de Gaulle ou Mandela qui l’appelait « mon amie ».

Pendant son règne, elle a assisté à la construction puis à la chute du mur de Berlin, et a rencontré 12 présidents américains.

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne, à gauche, accueille Liz Truss lors d’une audience à Balmoral, en Écosse, le 6 septembre 2022. (Crédit : Jane Barlow/Pool Photo via AP)

Elle venait de nommer mardi son 15e Premier ministre, Liz Truss, occasion d’une dernière photo, frêle et appuyée sur une canne, mais toujours aussi apprêtée avec soin.

Tout au long de son règne de 70 années, le plus long de l’histoire britannique, elle a rempli son rôle avec un sens du devoir inébranlable. Elle avait su garder au fil des crises traversées par son royaume et la royauté, un soutien massif des Britanniques, venus par dizaines de milliers pour l’apercevoir quelques minutes sur le balcon du palais de Buckingham en juin dernier pour son jubilé de platine, célébrations de ses 70 ans de règne aux airs d’adieu.

Son fils aîné Charles, prince de Galles, va lui succéder à l’âge de 73 ans.

Le prince Charles au 5e Forum de la Shoah, à Jérusalem, le 23 janvier 2020. (Crédit by Abir SULTAN / POOL / AFP)

La mort de la souveraine, qui avait limité les apparitions depuis une nuit à l’hôpital en octobre 2021 et avait reconnu des difficultés à se déplacer, ouvre une période de deuil national, jusqu’à ses funérailles prévues dans une dizaine de jours.

Les télévisions et les radios ont interrompu leurs programmes pour annoncer le décès de la souveraine, veuve depuis le décès en avril 2021 de son époux Philip.

Les drapeaux ont été mis en berne et les cloches des églises ont retenti pour marquer la disparition de celle qui, très croyante, était aussi la cheffe de l’Église anglicane.

Elizabeth II était à sa mort cheffe d’État de 15 royaumes, de la Nouvelle-Zélande aux Bahamas, qu’elle a parcourus au fil de son règne, toujours vêtue de tenues assorties, souvent de couleurs vives.

Elle est surtout pour l’immense majorité de ses sujets la seule souveraine qu’ils aient jamais connue, présente sur les billets de banque, les timbres (qui vont devoir changer de visage) et soumise à l’attention incessante des tabloïds.

Elle a préservé l’institution malgré plusieurs crises, parmi lesquelles la mort en 1997 à Paris de l’ex-femme de Charles, Diana, pourchassée par des paparazzis. Elizabeth II avait été accusée de manquer de compassion face à l’immense émotion suscitée par la disparition de « la princesse du peuple ».

La reine Elizabeth II de Grande-Bretagne (centre) salue les invités alors que son fils le prince Charles de Grande-Bretagne, le prince de Galles (G) et son petit-fils le prince William, duc de Cambridge (D) prennent place dans la loge royale lors du concert de la fête d’anniversaire de la Reine à l’occasion du 92e anniversaire de Sa Majesté au Royal Albert Hall de Londres le 21 avril 2018. (AFP PHOTO / POOL / Andrew Parsons)

Elle a aussi gardé le silence face aux accusations d’agressions sexuelles visant son fils Andrew, qui y a mis fin en déboursant des millions de dollars, et est restée stoïque face aux allégations de racisme visant la famille royale, de la part de son petit-fils Harry et de son épouse Meghan Markle, dont le départ en Californie a constitué un coup de tonnerre.

L’avenir de la monarchie s’annonce plus compliqué avec Charles, à la popularité bien plus faible. Les Britanniques lui préfèrent le prince William, désormais héritier de la couronne, et son épouse Kate.

Elizabeth Alexandra Mary Windsor n’était pas destinée à devenir reine à sa naissance, le 21 avril 1926. Mais fin 1936, son oncle Edouard VIII abdique, préférant épouser Wallis Simpson, une Américaine deux fois divorcée. Le père d’Elizabeth devient alors le roi George VI et elle devient héritière de la Couronne.

La reine Elizabeth II et le prince Philip d’Angleterre, duc d’Edinburgh, discutent pendant un concert à Abbey Gardens, à Bury St. Edmunds, pendant une visite dans le Suggolk, à l’est de l’Angleterre. (Crédit : Fiona HANSON / POOL / AFP)

Le jeune princesse épouse à 21 ans l’officier Philip Mountbatten, fils du prince André de Grèce, au cours d’une cérémonie somptueuse qui fera rêver le Royaume-Uni d’après-guerre encore marqué par les privations.

Le 6 février 1952, alors qu’elle effectue un voyage au Kenya, elle apprend la mort de son père, âgé de 56 ans. Elle retourne immédiatement au Royaume-Uni, puis est couronnée le 2 juin 1953.

Distante avec ses quatre enfants – Charles, né en 1948, Anne (1950), Andrew (1960) et Edward (1964) – Elizabeth II honorait encore à 90 ans passés des centaines d’engagements chaque année : inaugurations en tous genres, réceptions à Buckingham, remises de décorations ou de récompenses.

Charles aura fort à faire pour préserver l’attachement des Britanniques à la monarchie, institution que certains jugent dépassée mais dont Elizabeth II avait su maintenir le prestige.

Il accède au trône à un moment où l’unité du Royaume-Uni se fissure, sous l’effet du Brexit, qui a réveillé les velléités d’indépendance de l’Écosse et les tensions communautaires en Irlande du Nord. Dans les ex-colonies britanniques restées des royaumes, les critiques se font aussi vives sur le passé colonialiste et les velléités républicaines se renforcent.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...