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Mort d’un soldat suite à un tir ami: Les règles d’engagement auraient été respectées

Le sergent Natan Fitoussi, 20 ans, Franco-Israélien, aurait quitté son poste pour prier ; à son retour, son camarade ne l'aurait pas identifié et lui aurait tiré dessus, le tuant

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Le chef du Commandement central de l'armée israélienne, Yehuda Fuchs, sur le site où le sergent Nathan Fitoussi (encart) a été tué par un tir ami à côté de Tulkarem, une ville de Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)
Le chef du Commandement central de l'armée israélienne, Yehuda Fuchs, sur le site où le sergent Nathan Fitoussi (encart) a été tué par un tir ami à côté de Tulkarem, une ville de Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Un soldat israélien qui a malencontreusement tué son camarade lors d’un incident survenu en Cisjordanie, lundi soir, aurait respecté les procédures de tir telles qu’elles sont définies par l’armée israélienne, selon l’enquête initiale menée par Tsahal.

Selon les règles, le suspect doit faire l’objet d’une mise en garde verbale initiale le sommant de s’arrêter ; cette mise en garde est suivie par un tir d’avertissement. Les soldats ne sont autorisés à ouvrir le feu que s’ils ont le sentiment que le suspect représente une menace mortelle.

Le défunt s’appelait Natan Fitoussi et était un jeune homme de 20 ans originaire de Netanya. Il servait dans une unité d’infanterie de la brigade Kfir. Il était arrivé de France en Israël en 2014 avec sa famille, a précisé à l’AFP un responsable de la mairie de la ville israélienne de Netanya (ouest) où il résidait.

Selon l’enquête initiale, Fitoussi avait fait savoir à ses camarades du poste de garde dans lequel il se trouvait, près de la ville palestinienne de Tulkarem, une ville située à proximité de la barrière de sécurité de Cisjordanie, qu’il allait prier et qu’il reviendrait rapidement.

Mais à son retour, l’un de ses camarades « a ouvert le feu en sa direction après s’être plié à la procédure en vigueur en cas d’arrestation – avec notamment un tir d’avertissement et un tir dans les jambes », a expliqué Ran Kochav, porte-parole de l’armée, au micro de la station de radio Kan dans la matinée de mardi.

Les deux hommes se trouvaient à plusieurs mètres de distance l’un de l’autre pendant l’incident survenu la nuit dernière, ont révélé les investigations. Fitoussi a été blessé par deux balles et il est encore difficile de dire pourquoi il a été pu être considéré comme une menace au moment du drame.

Selon Kochav, le militaire mis en cause coopère avec les enquêteurs. « Nous allons nous occuper de lui et nous allons tenter de comprendre ce qui lui a traversé l’esprit et la raison pour laquelle une telle erreur a été commise », a-t-il précisé.

En visite sur les lieux de l’accident, le général Yehuda Fuchs, à la tête du Commandement central de l’armée israélienne, a évoqué un incident « difficile, malheureux et qui n’aurait jamais dû arriver ».

« Je transmets mes condoléances les plus profondes à la famille en deuil aujourd’hui et je pense à tous les soldats et à tous les commandants impliqués dans cet incident. Aussitôt que les faits se sont déroulés, nous avons lancé une enquête et nous continuerons à examiner en profondeur ce qu’il s’est passé pour tirer toutes les conclusions nécessaires de cet accident difficile », a-t-il dit dans un communiqué publié par l’armée israélienne.

Le chef du commandement central de l’armée israélienne, le général Yehuda Fuchs, à droite, et le commandant de la division de Judée et Samarie Avi Blot, près de la barrière de sécurité de Cisjordanie, le 16 août 2022. (Crédit : Armée israélienne)

De son côté, le Premier ministre Yair Lapid a déclaré avoir eu « le cœur brisé » par la mort de Fitoussi.

« Au nom du gouvernement et des citoyens d’Israël, nous faisons part de nos condoléances attristées à sa famille et à ses amis et nous vous faisons aussi part de tout notre réconfort en ces moments difficiles », a écrit Lapid sur Twitter.

Le ministre de la Défense, Benny Gantz, a indiqué pour sa part qu’il « souhaitait » exprimer « son profond chagrin » suite à l’incident meurtrier.

« À sa famille aimée… Nous sommes tous avec vous ce matin. L’armée israélienne est déterminée à enquêter et à tirer ses conclusions de manière à ce qu’un incident tel que celui-ci ne se reproduise jamais », a noté Gantz sur Twitter.

L’armée avait initialement fait état d’un échange de coups de feu et les troupes avaient alors commencé à chercher des tireurs présumés à Tulkarem, selon les médias palestiniens.

Mais un responsable militaire israélien avait assez rapidement fait savoir que la mort du soldat pouvait avoir été causée par un tir ami.

Envoyé à l’hôpital, Fitoussi a finalement succombé à ses blessures.

Sergent, il a été promu sergent chef à titre posthume, a dit l’armée, précisant avoir ouvert une enquête sur l’incident.

Au début de l’année, deux militaires appartenant à une unité de commando ont été tués dans un incident similaire survenu dans la Vallée du Jourdain, en Cisjordanie.

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