Mort d’un vigile à Bobigny en 2010 : 8 ans pour Dan Lampel
Rechercher

Mort d’un vigile à Bobigny en 2010 : 8 ans pour Dan Lampel

En mars 2010, Dan Lampel s'en était pris à Saïd Bourarach, un maître-chien marocain de 35 ans qui lui avait refusé l'accès à un magasin de bricolage sur le point de fermer

Entrée du Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), France. (Crédit : Clicsouris / Wikimédia / CC 2.5)
Entrée du Tribunal de Grande Instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis), France. (Crédit : Clicsouris / Wikimédia / CC 2.5)

Un homme de 29 ans a été condamné vendredi à huit ans de prison pour la mort d’un vigile en 2010 à Bobigny, une peine légèrement plus clémente que celle dont il avait écopé en 2015 après avoir fui en Israël.

« On ne peut pas mourir pour rien à 35 ans, parce qu’on a fait son travail » et « Saïd Bourarach est mort pour un pot de peinture », a déclaré l’avocate générale, qui avait requis neuf ans d’emprisonnement devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis.

En mars 2010, Dan Lampel s’en était pris à Saïd Bourarach, un maître-chien marocain de 35 ans qui lui avait refusé l’accès à un magasin de bricolage sur le point de fermer, alors qu’il voulait acheter un pot de peinture.

Armé d’une manivelle de cric, il avait frappé et poursuivi le vigile en compagnie de son frère, d’un cousin et d’un ami. Le père de famille avait sauté dans le canal de l’Ourcq et s’était noyé.

« C’est Dan Lampel qui fait basculer tout le monde dans la violence, parce qu’il a fait ce choix », a estimé l’avocate générale, rappelant « la continuité entre le premier coup de poing donné à Saïd Bourarach, jusqu’au gros caillou qu’ils lui ont jeté alors qu’il était à l’eau ».

A l’issue du verdict, l’avocat de la défense Patrick Klugman a estimé que cette nouvelle peine, « lourde », « prend en compte sa détention passée et permet de respecter la mémoire de la victime ».

Principal protagoniste de l’affaire, le jeune homme s’était évaporé le 26 mars 2015, jour du verdict de son premier procès. Il avait été condamné à neuf ans d’emprisonnement, les trois autres à des peines de six, cinq et quatre ans.

Arrêté en décembre 2016 en Israël pour possession de drogue, il a été emprisonné dans ce pays jusqu’en janvier 2019, date de son extradition vers la France où il est depuis incarcéré, la plupart du temps à l’isolement.

Cette fresque représentant Dieudonné orne un mur de la ville de Selestat depuis plus de 2 ans (Crédit: capture d’écran France 3/Youtube)

Condamné en son absence, il avait demandé à être jugé une seconde fois pour ces violences avec arme et en réunion ayant entraîné la mort, déclarant à l’ouverture lundi que son premier procès avait donné lieu à une « instrumentalisation », notamment par le polémiste Dieudonné, qui y avait fait une brève apparition dans le public.

A l’époque, l’agression avait été abondamment commentée, les quatre accusés étant juifs et la victime maghrébine. L’enquête, comme le premier procès, avaient toutefois rapidement écarté le mobile racial.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...