Moshe Kahlon pourrait envisager de rejoindre un gouvernement Gantz
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Moshe Kahlon pourrait envisager de rejoindre un gouvernement Gantz

Le ministre des Finances a expliqué être mal à l'aise éthiquement et moralement avec les accusations contre Netanyahu, fustigeant les propos racistes d'Elovitch à son encontre

Moshe Kahlon, ministre des Finances et président de Koulanou, dirige la réunion de son parti à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Moshe Kahlon, ministre des Finances et président de Koulanou, dirige la réunion de son parti à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le ministre des Finances Moshe Kahlon a expliqué samedi qu’il se sentait « mal à laise » avec les accusations de corruption qui visent le Premier ministre. Il a laissé entendre qu’il n’exclurait pas de rejoindre une coalition placée sous la direction de Benny Gantz.

« D’un point de vue éthique et moral, il y a de quoi se sentir mal à l’aise avec les accusations lancées contre celui qui est Premier ministre, mais ça fait partie de la vie », a-t-il expliqué, dont la formation Koulanou pourrait s’avérer déterminante dans la désignation du prochain chef de coalition après les élections devant les caméras de la Douzième chaîne.

Interrogé sur l’entrée potentielle de son parti au sein d’un gouvernement dirigé par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, Kahlon a expliqué qu’il souhaitait attendre la fin du scrutin avant de prendre une décision.

Lorsque la même question lui a été posée sur le parti Kakhol lavan de Gantz, le ministre des Finances a néanmoins répondu que « actuellement, c’est le gouvernement d’alternance qui nous rejette ».

Moshe Kahlon a ajouté ne pas avoir été surpris de la décision prise jeudi par le procureur général Avichai Mandelblit d’inculper Netanyahu pour malversations dans trois affaires distinctes, notamment pour pots-de-vin dans l’affaire Bezeq, sous réserve d’une audience.

Shaul Elovitch au tribunal du district de Tel Aviv pour une audience de prolongation de détention dans l’affaire 4 000, la 26 février 2018. (Crédit : Flash90)

Kahlon s’est davantage exprimé sur la décision de Mandelblit concernant l’Affaire 4 000 – considérée comme la plus grave pour le Premier ministre – dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir favorisé des décisions de régulation qui auraient bénéficié à Shaul Elovitch, actionnaire principal du géant des télécommunications, à hauteur de millions de dollars en échange d’une couverture positive sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch.

Mandelblit a noté dans le document qu’Elovitch avait fait référence à Kahlon sous le terme « d’Arabe » lors de discussions privées ».

« Il m’a appelé ‘Arabe’. Vous pouvez comprendre pourquoi. C’est purement et simplement du racisme en raison de mes origines mizrahies, pas parce que je ne suis pas éduqué ou parce que je ne suis pas un bon ministre », a commenté Kahlon.

« Mais je vais également profiter de cette occasion pour dire à celui qui m’a appelé ‘Arabe’ que je suis extrêmement fier de mes parents et de mes origines et je suggère aussi à tout un chacun d’être fier de là où il vient – et que vous invitiez plutôt tous ces racistes pour une interview », a dit le ministre des Finances à la Douzième chaîne.

Il a ajouté qu’il était sidéré qu’il y ait eu « un système entier… Toutes sortes de groupes qui ont ouvertement fait campagne » contre lui dans les médias, une référence présumée au fait que, selon l’accusation, Netanyahu se serait non seulement garanti une couverture médiatique positive en sa faveur mais aurait également réclamé et obtenu une couverture négative pour ses adversaires politiques, comme Kahlon.

Les leaders de Kakhol Lavan Benny Gantz, (à gauche) et Yair Lapid, (à droite), lors de la cérémonie de lancement de leur nouvelle alliance à Tel Aviv, le 21 février 2019 (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)

Même si la décision n’est pas définitive, la décision de Mandelblit constitue la première fois dans toute l’histoire d’Israël où un Premier ministre en exercice apprend devoir faire face à une éventuelle inculpation – entachant aussi sa campagne de réélection.

Netanyahu aura l’opportunité de tenter d’infléchir cette décision lors d’une audience qui devrait avoir lieu dans les mois qui suivront le scrutin du 9 avril. Un tel processus peut durer jusqu’à un an.

Le Premier ministre a nié toute malversation à de multiples reprises et répété que les enquêtes faisaient l’objet de pressions par les médias et la gauche israélienne désirant mettre un terme à sa gouvernance, avec l’aide d’une équipe d’enquête policière malhonnête placée sous la supervision d’un procureur général « faible ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu (à gauche) avec Avichai Mandelblit, alors secrétaire du cabinet, pendant une réunion du cabinet à Jérusalem, le 20 décembre 2015. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Dans le dossier, Netanyahu, qui était également ministre des Communications à l’époque, est accusé d’avoir promu l’approbation d’une fusion entre Bezeq, la plus importante firme de télécommunications du pays et Yes, un fournisseur de télévision par satellite. Il aurait bénéficié en échange d’une couverture favorable de son action gouvernementale sur le site d’information Walla, propriété d’Elovitch. Dans cette affaire, Mandelblit a annoncé qu’il avait l’intention d’inculper Netanyahu et Elovitch pour pots-de-vin.

Dans l’Affaire 2 000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir tenté de conclure un accord de compromis avec Arnon Moses, propriétaire du Yedioth Ahronoth – visant à entraver la circulation d’un quotidien rival en échange d’une couverture médiatique positive dans le Yedioth – Mandelblit chercherait aussi à inculper le Premier ministre pour abus de confiance tandis que Moses devra répondre de pots-de-vin.

De récents sondages indiquent que le parti Koulanou de Kahlon flirterait avec le seuil électoral et pourrait ne pas entrer à la prochaine Knesset. Mais, s’il devait siéger au Parlement, Koulanou pourrait potentiellement devenir la formation qui déterminera qui, entre le Likud de Netanyahu ou Kakhol lavan de Gantz, dirigera le prochain gouvernement.

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