Moshe Ponte : les EAU devraient autoriser les symboles israéliens l’an prochain
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Moshe Ponte : les EAU devraient autoriser les symboles israéliens l’an prochain

Les responsables saluent les progrès mais il reste difficile de savoir si Or Sasson sera autorisé à avoir son drapeau lors du prochain tournoi de Judo au Maroc

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le chef du judo israélien Moshe Ponte, à gauche, avec le chef de la fédération internationale de judo, Marius Vizer, deuxième à gauche, et deux responsables des sports des Emirats réunis à Abu Dhabi le 28 octobre 2017 (Crédit : IJF)
Le chef du judo israélien Moshe Ponte, à gauche, avec le chef de la fédération internationale de judo, Marius Vizer, deuxième à gauche, et deux responsables des sports des Emirats réunis à Abu Dhabi le 28 octobre 2017 (Crédit : IJF)

Le drapeau israélien et l’hymne national ne seront plus tabous aux Émirats arabes unis, selon le chef de la fédération israélienne de judo.

« Je peux confirmer qu’ils m’ont dit qu’ils feraient tout pour que l’année prochaine les choses qui se sont passés cette année ne se reproduiront pas l’année prochaine », a déclaré Moshe Ponte au Times of Israel mardi, se référant à une réunion qu’il a eue avec le chef de la fédération de judo des Emirats.

Ponte a ajouté qu’il croyait sincèrement qu’en 2018, au Grand Chelem d’Abu Dhabi, les athlètes israéliens ne seraient plus obligés de cacher leur nationalité.

En attendant, on ne sait pas si l’unique judoka d’Israël participant aux prochains championnats du monde au Maroc sera autorisé à s’identifier comme Israélien.

Le drapeau de la fédération internationale flotte pour le médaillé d'or  Tal Flicker après l'interdiction des symboles israéliens lors du grand chelem d'Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis  (Capture d'écran : YouTube)
Le drapeau de la fédération internationale flotte pour le médaillé d’or Tal Flicker après l’interdiction des symboles israéliens lors du grand chelem d’Abu Dhabi, aux Emirats arabes unis (Capture d’écran : YouTube)

Le mois dernier, les athlètes israéliens ont remporté cinq médailles — une en or et quatre de bronze — au grand chelem de judo à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis. Mais en raison du refus du régime de reconnaître l’Etat d’Israël, ils n’ont pas été autorisés à afficher des symboles nationaux. Au lieu de concourir sous le drapeau israélien, les 12 judokas israéliens ont concouru sous le drapeau de la Fédération Internationale de Judo.

Quand, le 26 octobre, Tal Flicker d’Herzliya a battu Nijat Shikhalizada, d’Azerbaïdjan, pour remporter l’or dans la catégorie des moins de 66 kg, l’hymne de la FIJ a été joué à la place de l’Hatikva. Et en plus de cela, les athlètes des Emirats Arabes Unis et du Maroc ont refusé de serrer la main de leurs adversaires israéliens qui les ont vaincus.

Le judoka médaillé d'or israélien  Tal Flicker sur le podium du grand chelem de judo d'Abu  Dhabi, où les autorités locales ont interdit l'affichage de tous les symboles israéliens, le 26 octobre 2017 (Capture d'écran : YouTube )
Le judoka médaillé d’or israélien Tal Flicker sur le podium du grand chelem de judo d’Abu Dhabi, où les autorités locales ont interdit l’affichage de tous les symboles israéliens, le 26 octobre 2017 (Capture d’écran : YouTube )

Le 28 octobre, le président de la fédération de judo des Emirats Arabes Unis, Mohammad Bin Thaloub Al-Darie, a rencontré Ponte et l’a félicité pour le succès de l’équipe israélienne lors du tournoi. Al-Darie a également « présenté ses excuses parce que les athlètes des EAU n’ont pas serré la main des athlètes israéliens », a déclaré le président de la Fédération internationale de judo, Marius Vizer, selon le site Internet de l’organisation.

« Il s’est excusé de la manière dont nous avons été traités et a promis que cela ne se reproduirait plus », a déclaré Ponte, ajoutant qu’il avait compris que les excuses d’Al-Darie couvraient l’absence de symboles nationaux israéliens.

« Le président de la Fédération Internationale de Judo fait un grand effort pour nous permettre de concourir avec notre drapeau et notre hymne », a déclaré Ponte.

Dans la déclaration du 28 octobre, le président de la Fédération internationale de judo, Vizer, avait salué les excuses émiraties qu’il a décrites comme « un geste de courage, d’humanité et de respect pour le sport » et a tenté de convaincre les Etats arabes d’autoriser les symboles nationaux israéliens dans leurs tournois.

Le judoka israélien Peter Paltchik avec des responsables émiratis lors du Grand Chelem d'Abu Dhabi le 28 octobre 2017 (Crédit : IJF)
Le judoka israélien Peter Paltchik avec des responsables émiratis lors du Grand Chelem d’Abu Dhabi le 28 octobre 2017 (Crédit : IJF)

« Parfois, avec courage, respect et politesse, vous pouvez résoudre les tensions et les conflits qui n’ont pas été résolus depuis des décennies », a-t-il déclaré.

« Il y a deux ans, nous avons obtenu la première participation de l’équipe israélienne à Abu Dhabi, maintenant c’est la deuxième fois, mais avec une bien meilleure approche et j’espère que dans un proche avenir nous pourrons obtenir de meilleures conditions de participation pour les équipes israéliennes. »

Vizer a ajouté que « ces problèmes délicats entre les pays, gouvernements et nations ne peuvent être résolus du jour au lendemain et ne peuvent être résolus immédiatement par le sport … J’espère que bientôt nous pourrons éliminer plus de barrières pour plus de tolérance entre pays et nations pour exprimer les véritables du sport : l’unité de l’amitié et la solidarité. »

L'Israélien Or Sasson célèbre sa victoire sur le Cubain Alex Garcia Mendoza qui lui a permis de remporter la médaille de bronze en judo dans la catégorie des +100 kg aux Jeux Olympiques de Rio 2016 à Rio de Janeiro le 12 août 2016 (Crédit : AFP / Toshifumi Kitamura)
L’Israélien Or Sasson célèbre sa victoire sur le Cubain Alex Garcia Mendoza qui lui a permis de remporter la médaille de bronze en judo dans la catégorie des +100 kg aux Jeux Olympiques de Rio 2016 à Rio de Janeiro le 12 août 2016 (Crédit : AFP / Toshifumi Kitamura)

Le premier test de Vizer aura lieu le 11 novembre, quand le judoka israélien Or Sasson participera à l’Open des Championnats du Monde dans la ville marocaine de Marrakech. Sur le site Internet de l’IJF, Sasson — qui a remporté des médailles de bronze aux Jeux olympiques de Rio de 2016 et le Grand Chelem de la semaine dernière à Abu Dhabi — a été listé dans la catégorie Israéliens.

Ponte, le chef de l’association israélienne de judo, a déclaré qu’il n’avait pas encore reçu de réponse à la question de savoir si Sasson, âgé de 27 ans, serait autorisé ou privé du droit d’afficher des symboles nationaux israéliens à Marrakech.

L’organisateur du tournoi n’a pas répondu aux nombreuses requêtes du Times of Israel.

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