Mufti de Jérusalem: Le plan de paix Trump « veut liquider la cause palestinienne »
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Mufti de Jérusalem: Le plan de paix Trump « veut liquider la cause palestinienne »

Le sermon précède le voyage des envoyés américains Kushner et Greenblatt dans la région pour discuter du projet

Le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein pose devant le Dôme du Rocher au Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem (Ahmad Gharabli / AFP)
Le mufti de Jérusalem Mohammed Hussein pose devant le Dôme du Rocher au Mont du Temple dans la Vieille Ville de Jérusalem (Ahmad Gharabli / AFP)

Le grand mufti de Jérusalem a critiqué vendredi le plan de paix encore non annoncé du président américain Donald Trump dans son sermon devant 90 000 fidèles rassemblés à la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem.

S’exprimant lors des prières de l’Aïd el-Fitr marquant la fin du mois sacré islamique du Ramadan, le cheikh Muhammad Hussein, la plus haute autorité islamique de la ville, a déclaré qu’il s’agissait d’un « plan inique qui vise à la liquidation de la cause palestinienne ».

Trump a promis un « accord définitif » entre Israéliens et Palestiniens et devrait dévoiler le plan bientôt.

Le conseiller spécial de la Maison-Blanche, Jared Kushner, et l’envoyé américain au Moyen-Orient, Jason Greenblatt, se rendront dans la région la semaine prochaine et devraient s’entretenir avec les dirigeants pour déterminer quand présenter la proposition de l’administration Trump, ainsi que pour trouver des solutions à la crise humanitaire dans la bande de Gaza.

De gauche à droite : Jason Greenblatt, conseiller du président américain Donald Trump en charge des négociations internationales, David Friedman, ambassadeur des Etats-Unis en Israël, Jared Kushner, conseiller de Trump en charge du Moyen Orient, le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et Ron Dermer, ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis, à Jérusalem, le 21 juin 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

La tournée survient alors que les relations entre les États-Unis et les Palestiniens sont dans une impasse, l’Autorité palestinienne refusant de parler à Washington au sujet de la reconnaissance par les États-Unis de Jérusalem comme capitale d’Israël et de la relocalisation de l’ambassade des États-Unis dans la ville le mois dernier. Les Palestiniens affirment que ces mesures disqualifient les États-Unis en tant que médiateur de la paix au Moyen-Orient.

Aucune réunion avec des responsables palestiniens n’a été programmée jusqu’à présent dans le cadre de la tournée, mais la Dixième chaîne de télévision a cité un responsable américain qui a déclaré que si les Palestiniens se montraient disposés à rencontrer les deux envoyés américains, l’équipe américaine serait ouverte à une réunion.

Dans un autre reportage de la Dixième chaîne cette semaine, un responsable américain a affirmé que la proposition de paix de Trump ne serait pas plus favorable à Israël qu’aux Palestiniens.

« Notre plan de paix ne sera pas le plan Bibi. Il sera juste, équilibré, réaliste et adapté « , a déclaré un responsable américain en référence au Premier ministre Benjamin Netanyahu.

En ce qui concerne Gaza, le responsable américain a déclaré plus tôt cette semaine à la chaîne de télévision que Washington n’a pas de plan précis pour résoudre la situation humanitaire dans l’enclave côtière et sollicitait donc des propositions israéliennes et régionales.

Des musulmans palestiniens exécutent la prière de l’Aïd el-Fitr du matin près du Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa, tous deux situés sur le Mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 15 juin 2018. (AFP PHOTO / AHMAD GHARABLI)

Gaza est confrontée à des pénuries d’électricité et d’eau potable. Israël et l’Égypte maintiennent un blocus sur la bande de Gaza qui, selon eux, est destiné à empêcher l’organisation terroriste du Hamas d’importer des armes et d’autres biens qui pourraient être utilisés pour construire des équipements militaires ou des tunnels transfrontaliers.

La détérioration des conditions de vie a été citée par les responsables de la sécurité comme un facteur majeur qui alimente les violents affrontements à la frontière israélienne avec l’enclave palestinienne dirigée par le Hamas.

Israël a déclaré que la situation humanitaire ne s’améliorera pas tant que le Hamas n’aura pas rendu les corps de deux soldats israéliens et les deux prisonniers civils qu’il détient. Il rend le Hamas responsable de cette terrible situation, accusant l’organisation terroriste de détourner des millions de dollars d’aide pour acheter des armes, creuser des tunnels, fabriquer des roquettes et entraîner sa branche militaire, au lieu de l’utiliser pour le bien-être de la population.

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