Munich change les plaques « peu respectueuses » de commémoration de la Shoah
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Munich change les plaques « peu respectueuses » de commémoration de la Shoah

Pour ne plus que les passants ne marchent dessus et pour ne plus les salir, de nouvelles plaques commencent à venir remplacer les anciens pavés de commémoration

Illustration d'un "Stolpersteine" (pierres d'achoppement, pierres sur lesquelles on peut trébucher) à Berlin, le 9 novembre 2013. (AFP/Johannes Eisele)
Illustration d'un "Stolpersteine" (pierres d'achoppement, pierres sur lesquelles on peut trébucher) à Berlin, le 9 novembre 2013. (AFP/Johannes Eisele)

Munich a commencé jeudi à remplacer les pavés emblématiques commémorant les Juifs de la ville assassinés par les nazis par de nouvelles plaques.

Les « stolpersteine » sont de petites plaques en cuivre installées à la mémoire des victimes de la Shoah et qui sont généralement installées sur les trottoirs, à l’extérieur de la dernière résidence occupée par le défunt. Il y a eu environ 67 000 plaques de ce type installées dans plus de 22 pays depuis le lancement du projet, en 1992, par l’artiste allemand Gunter Demnig.

Même si cette initiative est populaire, le conseil municipal de Munich a pris la décision en 2015 d’éliminer progressivement ces pavés, certains affirmant qu’ils étaient un outil de commémoration « peu respectueux » car ils se salissent facilement et que les passants marchent dessus. Cette décision a été soutenue au mois de décembre par la Cour suprême de Bavière.

Les nouvelles plaques de commémoration dorées, qui seront installées devant la dernière résidence ou le dernier lieu de travail connu des 10 000 personnes originaires de la ville qui ont été assassinées pendant la Shoah, comprendront un portrait gravé et des informations sur chacune des victimes.

La première plaque de ce type a été installée jeudi pour commémorer Tilly et Franz Landauer, selon la chaîne publique Deutsche Well.

Franz, frère d’un président de l’équipe de football du Bayern Munich, Kurt Landauer, était mort au camp de transit de Westerbork aux Pays-Bas en 1943 tandis que son épouse Tilly avait été tuée un an plus tard à Auschwitz.

« Il est important pour moi que nous trouvions des formes de commémoration individuelle des victimes des nazis à Munich, aurait déclaré le maire de la ville Dieter Reiter. « Ils doivent nous rappeler ceux d’entre nous qui ont été assassinés et servir d’exemple. Plus jamais ».

Charlotte Knobloch, une responsable locale de la communauté juive qui avait estimé que les plaques étaient peu respectueuses, a salué ce changement.

« Je suis heureuse que nous ayons trouvé cette solution positive après de si longues discussions », a affirmé Knobloch, ancienne cheffe du conseil central des Juifs d’Allemagne.

Malgré les éloges de Knobloch et d’autres, la décision de remplacer les pierres a rencontré une résistance et il y a eu des appels à préserver les plaques déjà mises en place.

Deutsche Well a ainsi annoncé qu’une pétition dénonçant leur suppression avait réuni 100 000 signatures.

JTA a contribué à cet article.

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