Mur Occidental : Un très important donateur américain en colère veut « tirer la sonnette d’alarme »
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Mur Occidental : Un très important donateur américain en colère veut « tirer la sonnette d’alarme »

Le magnat de l'immobilier Ike Fisher, membre du conseil de l'AIPAC, a fait les gros titres dimanche, après qu'il a menacé de "suspendre" son soutien en raison de la crise du mur Occidental

Le collecteur de fonds et philanthrope pro-Israël Ike Fisher avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (Crédit : autorisation)
Le collecteur de fonds et philanthrope pro-Israël Ike Fisher avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. (Crédit : autorisation)

Isaac “Ike” Fisher, membre du conseil du lobby pro-Israël AIPAC, a fait une pause de son week-end du 4 juillet dans les montagnes en Caroline du Nord, a déclaré dimanche au Times of Israel que les médias qui avaient relayé le retrait de son soutien à Israël ont grandement exagéré.

Le magnat de l’immobilier de Floride, principal collecteur de fonds de la fédération juive de Greater Miami et très actif dans la philanthropie juive, a été propulsé en couverture de Yediot Aharonoth dimanche matin.

Le journal indiquait qu’il s’engageait à « suspendre » son soutien financier à Israël, en réaction à la décision du Premier ministre Benjamin Netanyahu du 25 juin, qui avait décidé de « suspendre » un accord négocié en janvier 2016, qui prévoyait la création d’un espace de prière égalitaire, supervisé par des dirigeants non-orthodoxes et orthodoxes, dans la partie sud du mur Occidental à Jérusalem.

Fisher a précisé sur la Deuxième chaîne qu’il n’annulait aucun de ses gros investissements en Israël, mais qu’il les « suspendait », pour faire écho aux termes utilisés par le cabinet de Netanyahu quand il est revenu sur la décision du mur Occidental.

« Israël a été créé pour être un État juif, pas une théocratie juive. »

S’adressant au Times of Israel dimanche soir, Fisher a déclaré qu’il avait utilisé le terme suspendre pour susciter une prise de conscience sur les graves conséquences auxquelles Israël devra faire face s’il perd le soutien de la Diaspora. « Je parle la langue des politiques : Ils suspendent l’accord et je suspends mon soutien », a-t-il expliqué.

Il a ajouté, cependant, qu’il n’avait pas l’intention de prendre d’autres mesures.

« L’État d’Israël doit apprécier le soutien que lui procure le judaïsme de la Diaspora », a-t-il déclaré au Times of Israel. Sans le soutien financier de la Diaspora, les citoyens israéliens devront s’adresser au gouvernement pour remplacer ces financements », a-t-il ajouté.

Isaac ‘Ike’ Fisher (autorisation)
Isaac ‘Ike’ Fisher (autorisation)

Le gouvernement israélien, a expliqué Fisher, « méprise l’ampleur du am yisrael [peuple d’Israël], il oublie que le gouvernement représente l’ensemble du monde juif ».

La question du compromis sur le mur Occidental gelé ainsi que celle du projet de loi sur les conversions – qui aurait accordé au Grand Rabbinat géré par les ultra-orthodoxes le monopole des conversions en Israël – ne sont pas « des questions de réformés ou de conservateurs », a-t-il dit. Ce sont des questions qui affectent l’ensemble du peuple juif, a-t-il dit.

« Les deux questions représentent quelque chose que tous deux ont en commun : Avec le Kotel [mur Occidental], un mépris pour les femmes qui aiment la Torah et pour les juifs qui croient en une forme de culte égalitaire. Avec le nouveau projet de loi, un mépris pour un grand nombre de dirigeants juifs tous courants confondus », a-t-il dit.

Malgré la colère qu’il ressent actuellement à l’égard du gouvernement Netanyahu, Fisher a passé « toute sa vie, engagé envers Israël et envers le peuple juif », et « ne se retire pas » pour l’instant. « Mon cœur est avec Israël et avec l’ensemble du peuple juif », a-t-il dit.

Fisher n’envisage pas de sanctions, et une fois qu’il a alerté l’opinion publique sur la nécessité d’un scandale, il n’a pas l’intention de prendre davantage de mesures. Il y a 10 jours, il a acheté 1 million de dollars en obligations israéliennes à Israel Bonds. Contrairement aux informations relayées par les médias, qui indiquaient qu’il interrompait la transaction, a assuré Fisher au Times of Israel qu’il « n’y avait aucun moyen de tenter d’annuler cette vente ».

« Réveillez-vous. Vous devez nous soutenir, parce que nous avons besoin de votre soutien. »

Quand il a parlé des obligations israéliennes ou de son soutien financier à l’université de Tel Aviv, il a expliqué qu’il faisait comprendre à ces organisations qu’il attendait d’eux qu’ils manifestent leur soutien pour l’accord sur le mur Occidental et le judaïsme mondial, tout comme lui et d’autres donateurs subviennent aux besoins de ces institutions.

« Je veux dire à Israel Bonds, sachez qui est votre public », a expliqué Fisher. « Leur dire ‘Réveillez-vous. Vous devez nous soutenir, parce que nous avons besoin de votre soutien’ ».

Fisher a ajouté qu’il n’y a pas de « sinon » à ses déclarations. « Sinon », n’est pas productif », a-t-il affirmé ?

Mais il veut que le gouvernement israélien intègre pleinement le fait qu’il a « un public à l’international qu’il doit respecter ».

« Israël a été créé comme un État juif, et non comme une théocratie juive. Et les juifs de la Diaspora et les Israéliens doivent voir la menace de la théocratie rampante », dit-il.

« Nous n’y sommes pas encore, je pense que nous avons encore des institutions démocratiques telles que la Cour Suprême pour nous protéger. Mais nous devons nous élever et reconnaitre cette menace. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué la démocratie israélienne et ses liens étroits avec les États-Unis, alors qu’une que le monde juif américain est excédé par le gel du projet du mur Occidental.

Au début de la réunion de cabinet hebdomadaire, Netanyahu a présenté ses vœux pour le 4 juillet, la fête nationale américaine, et a déclaré qu’Israël « célèbre l’indépendance de la plus grande démocratie du monde, notre plus grand ami, les États-Unis ». Il a ajouté que l’alliance avec Israël « se renforce ».

Netanyahu a également déclaré que nombreux dirigeants européens avec lesquels il s’est entretenu durant son voyage pour les funérailles d’Helmut Kohl ont manifesté une attitude « chaleureuse et amicale » à l’égard d’Israël.

Le chef du parti Shas a attaqué le rabbin Rick Jacobs, dirigeant du mouvement américain réformé et Gilad Kariv, dirigeant du mouvement réformé israélien, indiquant qu’ils cherchaient à convertir au judaïsme en masse des immigrants clandestins, ce qui leur octroierait la citoyenneté américaine.

Aryeh Deri, ministre de l'Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l'occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)
Aryeh Deri, ministre de l’Intérieur et chef du parti Shas, durant une conférence El Hamaayan à l’occasion de Pessah, au Teddy Stadium de Jérusalem, le 13 avril 2017. (Crédit : Yonathan Sindel/Flash90)

Au début de la réunion hebdomadaire du parti, Deri a déclaré que Kariv avait des projets politiques et qu’il rejoindrait l’Union sioniste, en évoquant son implication dans une ONG qui aide les chercheurs d’asiles africains.

Il a déclaré que son projet de loi sur les conversions, classé pour 6 mois, qui met fin à la reconnaissance des conversions privées était né pour endiguer l’immigration clandestine en Israël.

« Si nous reconnaissons chaque conversion orthodoxe ou réformée, il n’y aura pas de fin », a-t-il déclaré, évoquant le « problème des infiltrés ».

« Au bout d’un an ou deux, ils se convertiront tous [si les conversions privées sont acceptées] », a-t-il dit. « Est-ce la voix que nous souhaitons emprunter ? »

Déclarant qu’il souhaitait préserver le caractère juif de l’État, Deri a souligné que Jacobs est favorable aux mariages mixtes.

« Je vous laisse imaginer ce qui se passer d’ici un an ou deux si les clefs de la Loi du Retour… sont entre les mains de ces gens », a-t-il affirmé, en référence à Jacobs et Kariv.

Le ministre de l’Intérieur a déclaré qu’il retirera le projet de loi sur les conversions si les ONG pluralistes retirent leurs requêtes au tribunal sur les conversions.

Deri a dénoncé une « campagne d’incitation » contre les ultra-orthodoxes suite à ce projet de loi sur les conversions et suite à la pression exercée sur le gouvernement sur le gel du projet de l’espace de prière mixte au mur Occidental.

« Il y a une campagne d’incitation mensongère contre les ultra-orthodoxes, qui est menée par les partis intéressés à renverser la coalition », a assuré Deri. Puis il s’est adressé à son collègue de la coalition Avigdor Liberman, affirmant qu’il y a une « désinformation » au sujet des ultra-orthodoxes et a démenti qu’ils tentent de faire d’Israël un État halakhique, c’est-à-dire, conforme à loi juive.

« Nous ne voulons rien changer », a-t-il dit.

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