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Nachman Shai appelle à un nouveau paradigme entre Israël et les Juifs de la diaspora

Lors du 125e anniversaire du premier Congrès sioniste, le ministre des Affaires de la diaspora a déclaré que les Juifs de l'étranger devraient faire partie des décisions d'Israël

Judah Ari Gross est le correspondant du Times of Israël pour les sujets religieux et les affaires de la Diaspora.

Le ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shai, s'adressant à une conférence de l'Organisation sioniste mondiale marquant le 125e anniversaire du premier Congrès sioniste à Bâle, en Suisse, le 28 août 2022. (Crédit :  Autorisation)
Le ministre des Affaires de la Diaspora, Nachman Shai, s'adressant à une conférence de l'Organisation sioniste mondiale marquant le 125e anniversaire du premier Congrès sioniste à Bâle, en Suisse, le 28 août 2022. (Crédit :  Autorisation)

Le ministre des Affaires de la diaspora, Nachman Shai, a appelé dimanche à s’interroger sur la relation entre Israël et les Juifs de la diaspora. Après s’être longtemps demandé comment les Juifs à l’étranger pouvaient aider Israël, aujourd’hui la question est de savoir comment Israël pourrait les aider.

Shai a fait ses remarques lors d’un événement à Bâle, en Suisse, organisé par l’Organisation sioniste mondiale (OSM), marquant le 125e anniversaire du premier Congrès sioniste, au cours duquel le leader sioniste Theodor Herzl a posé les bases de la fondation de « l’État juif ».

« Ici, il y a 125 ans, Herzl a arpenté les rues de Bâle et a formulé sa vision. Il s’est tourné vers des dirigeants et des Juifs influents du monde entier pour obtenir leur soutien pour une tâche qui semblait impossible : la création d’un État pour le peuple juif. Sans les Juifs de la diaspora, l’État d’Israël n’aurait probablement pas vu le jour », a déclaré Shai.

« Aujourd’hui, 125 ans après ce congrès décisif, le paradigme a changé. L’État d’Israël est florissant et leader dans de nombreux domaines. Il est maintenant temps de se demander ce qu’Israël peut faire pour assurer le destin du peuple juif et celui de la résilience juive dans le monde », a-t-il ajouté.

S’appropriant une citation de l’ancien président américain John F. Kennedy, le ministre des Affaires de la diaspora a appelé Israël à « ne pas demander ce que la diaspora peut faire pour Israël, mais ce qu’Israël peut faire pour la diaspora ».

Dans son discours, Shai a également fait référence au débat sur le rôle que jouent les Juifs de l’étranger dans les politiques du pays. Bien que les Juifs de la diaspora aient joué un rôle essentiel dans la formation de l’État et dans son maintien, ils n’ont pas le droit de vote en Israël et n’ont donc pas de voix officielle dans les processus décisionnels du pays.

Le leader juif américain Jacob Blaustein, à gauche, s’entretenant avec le Premier ministre de l’époque, David Ben Gurion, sur une photo non datée. (Crédit : Archives Ben Gurion)

Le ministre des Affaires de la diaspora a longuement évoqué un accord entre le premier Premier ministre israélien, David Ben Gurion, et le leader juif américain, Jacob Blaustein, à savoir la mise en place d’un « équilibre délicat entre l’implication et la non-ingérence ». Cela signifiait essentiellement que les Juifs américains étaient encouragés à s’engager avec l’État naissant tout en gardant une certaine distance, et qu’Israël, en retour, ne chercherait pas trop à les inciter à immigrer.

Shai a appelé Israël et les Juifs de la diaspora à créer un nouvel accord « Blaustein-Ben Gurion » dans le but d’encourager une plus grande implication et un plus grand engagement entre les deux parties.

« Au lieu de rester à l’écart, nous avons besoin d’une relation d’implication », a déclaré Shai.

« Il est de notre devoir, en tant qu’État et en tant que gouvernement, de trouver des moyens d’intégrer les voix du judaïsme mondial dans le processus décisionnel au sein de l’État d’Israël. Nombre des décisions que nous prenons à Jérusalem affectent non seulement les citoyens d’Israël, mais aussi les communautés juives du monde entier », a-t-il déclaré.

Shai a fait spécifiquement référence aux controverses actuelles concernant le compromis du mur Occidental, un accord gelé depuis longtemps qui donnerait aux courants non orthodoxes du judaïsme une représentation officielle dans la gestion du lieu saint. La majorité des Juifs américains font partie des mouvements réformés et conservateurs. Cette question reste un réel obstacle dans l’amélioration des liens entre les Juifs américains et Israël, comme cela a pu être constaté cet été après que la police israélienne a permis à des extrémistes orthodoxes d’envahir un certain nombre de cérémonies de bar et de bat mitzvah dans la section égalitaire du mur Occidental, connue en hébreu sous le nom de Kotel.

« La question du Kotel est une plaie ouverte que nous, en tant que société, devons refermer. Je ne dis pas cela en tant que politicien, mais en tant qu’Israélien et en tant que Juif. En aucun cas, une telle rupture ne devrait avoir lieu », a déclaré Shai.

Des jeunes ultra-orthodoxes interrompant une cérémonie de bar mitzvah à la section égalitaire du mur Occidental, le 30 juin 2022. (Crédit : Laura Ben-David)

L’événement de l’OSM a débuté dimanche et doit se poursuivre jusqu’à mardi.

Selon les organisateurs, environ 1 400 personnes étaient attendues à ce rassemblement. Parmi les orateurs figurent le président Isaac Herzog, Miriam Adelson, l’ancien chef du Mossad Yossi Cohen, qui dirige aujourd’hui les opérations de SoftBank en Israël, le président de l’Agence juive Doron Almog, le chef de l’ADL Jonathan Greenblatt, la baronne Ariane De Rothschild, présidente du conseil d’administration du Groupe Edmond de Rothschild, entre autres.

La conférence marque les 125 ans du premier Congrès sioniste de 1897, qui a duré trois jours et au cours duquel Theodor Herzl s’est adressé à plus de 200 délégués du monde entier. Après la conférence, Herzl a écrit « qu’à Bâle, [il] a fondé l’État juif », une affirmation qui allait se vérifier 51 ans plus tard.

« Beaucoup d’entre nous sont nés dans une réalité où l’État d’Israël existe en tant qu’entité souveraine, puissante, juive et fondée sur des valeurs », a déclaré le président de l’OSM, Yaakov Hagoel, dans un communiqué de presse.

« Mais pas moins de cinq générations en arrière, ce n’était qu’un rêve lointain. Dans une salle de conférence de Bâle, les cœurs des délégués du premier Congrès sioniste ont été secoués, ouvrant la voie à la création de l’État juif. »

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