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Nahariya : nouvelle attaque du personnel soignant à la veille d’une grève organisée

Le syndicat demande que ces attaques soient traitées aussi sévèrement que celles contre la police

Des membres de la famille et des gardes de sécurité s'affrontent au Centre hospitalier de Galilée le 18 mai 2022 (Crédit: Capture d’écran de la Douzième chaîne)
Des membres de la famille et des gardes de sécurité s'affrontent au Centre hospitalier de Galilée le 18 mai 2022 (Crédit: Capture d’écran de la Douzième chaîne)

Le personnel d’un hôpital du nord d’Israël a été attaqué mercredi par des membres de la famille d’un patient décédé, dernier incident en date d’une longue série qui ont conduit à l’organisation d’une grève jeudi pour protester contre la violence à l’encontre du personnel soignant.

Lors de l’incident de mercredi, des dizaines de personnes ont tenté de pénétrer de force dans la salle de traumatologie du centre hospitalier de Galilée à Nahariya après avoir été informées du décès d’un homme de 28 ans, résident d’Abu Snan, des suites d’un accident de moto.

Une vidéo de la scène montre la foule, composée principalement de membres de la famille, en train de se battre avec les agents de sécurité de l’hôpital, qui ont dû faire usage de gaz poivré pour les disperser.

L’hôpital a déclaré que plusieurs agents de sécurité avaient été légèrement blessés.

Des renforts de police ont également été envoyés à l’hôpital.

Cet incident survient alors que les hôpitaux et cliniques avaient déjà prévu de faire grève jeudi pour protester contre les violences répétées à l’encontre des médecins et du personnel soignant.

Le syndicat a déclaré que les hôpitaux et les cliniques n’offriront que des services réduits, fonctionnant selon les horaires du Shabbat pendant la journée de jeudi et ce pendant 24 heures.

L’Israel Medical Association, qui a annoncé la grève, a demandé une présence policière dans chaque salle d’urgence et a déclaré que les hôpitaux et les cliniques communautaires devaient améliorer leurs systèmes de sécurité.

L’association a également demandé un changement de la législation afin qu’une attaque contre le personnel soignant soit traitée avec la même sévérité qu’une attaque contre un officier de police en uniforme.

Le président de l’Israel Medical Association, le professeur Zion Hagay, a déclaré que la grève de jeudi ne serait que le début d’une longue série d’actions si des changements n’étaient pas appliqués très rapidement afin de protéger les employés.

« Nous avons annoncé depuis longtemps que nous ne tolèrerons plus d’incidents de violence dans le système de santé, et c’est malheureusement devenu une véritable épidémie », a déclaré Hagay au début de la réunion de l’association mardi soir. « La vie des médecins ne doit pas être mise de côté, et cette première grève n’est qu’un avertissement ».

« Tant que le gouvernement israélien ne prendra pas les mesures nécessaires pour renforcer la sécurité personnelle du personnel médical, nous n’hésiterons pas à multiplier les démarches », a déclaré Hagay.

Illustration : Les infirmières font grève à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem pour protester contre la violence à l’encontre du personnel médical, le 4 juillet 2018 (Crédit: Hôpital Hadassah Ein Karem).

Aucune annonce n’a été faite par le syndicat des infirmières pour savoir si elles se joindront à la grève.

La grève a été déclenchée après que les membres de la famille d’un patient décédé à l’hôpital Hadassah de Jérusalem lundi ont attaqué le personnel soignant et causé d’importants dommages à l’unité de soins intensifs après avoir été informés de son décès.

Une enquête initiale a révélé que le patient est mort des suites d’une overdose, a déclaré la police, sans donner plus de détails.

Les proches de l’homme sont arrivés à l’hôpital et ont été informés du décès du patient.

Après avoir appris la nouvelle, un certain nombre de proches du patient ont brisé les portes et les fenêtres de l’unité, endommagé le poste des infirmières, les ordinateurs et les équipements, et attaqué le personnel.

Deux membres du personnel ont été légèrement blessés et ont dû recevoir des soins.

La police a déclaré avoir arrêté un résident de Jérusalem-Est âgé d’une vingtaine d’années, soupçonné d’être impliqué dans la violente altercation à l’hôpital.

De multiples incidents de violence ont eu lieu dans les hôpitaux d’Israël ces dernières années.

En novembre, les infirmières de l’hôpital Rambam de Haïfa ont fait grève pendant plusieurs heures pour protester contre un incident violent au cours duquel le personnel a été battu et menacé par la famille d’un patient cancéreux mourant.

Au début du même mois, le centre hospitalier a déclaré qu’il avait dû faire sortir de force des dizaines de personnes qui s’étaient rassemblées devant l’établissement après qu’une victime de violence y ait été amenée pour être soignée. Selon les responsables de l’hôpital, la police anti-émeute a été appelée sur les lieux pour empêcher la foule d’entrer dans l’hôpital.

Mi-novembre, quatre personnes ont été blessées et 19 ont été arrêtées lors d’une rixe armée à l’extérieur de l’hôpital Soroka, à Beer Sheva ; des coups de feu y avaient été entendus.

En 2017, dans l’un des cas les plus graves de ces dernières années, un homme a brûlé à mort Tova Kararo, une infirmière de 55 ans, dans une clinique de Holon où elle travaillait.

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