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Nantes : une transsexuelle aux assises pour une dose mortelle de silicone sur un Israélien

La victime décédée venait se faire injecter du silicone dans les fesses pour féminiser sa silhouette

L'entrée de la Cour d'Assises de Nantes, en France, le 3 mars 2017. Illustration. (Crédit : Loïc Venance/AFP)
L'entrée de la Cour d'Assises de Nantes, en France, le 3 mars 2017. Illustration. (Crédit : Loïc Venance/AFP)

Un Équatorien devenu Ariana comparaît à partir de lundi devant la cour d’assises de Loire-Atlantique pour avoir injecté en 2011 une dose mortelle de silicone à un transsexuel israélien désirant féminiser son corps.

Luis Carlos de son état civil, 46 ans, sera jugé pendant cinq jours à Nantes pour « administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner » et « exercice illégal de la médecine ».

Le nom d’Ariana revient souvent en Israël où il a déjà eu l’occasion de s’occuper de la « transmutation » d’un autre transsexuel, qui a accompagné la victime, Michel, à Nantes. Ce dernier venait se faire injecter du silicone dans les fesses destiné à féminiser sa silhouette.

Une pratique illégale en France depuis 2001, rappelle l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) sur son site internet.

Pour autant, la transsexuelle nantaise, ayant elle-même eu recours à des injections de silicone, aura pratiqué ce geste sur au moins une douzaine d’autres personnes moyennant une rémunération de 500 à 1 000 euros, selon les témoignages de ses anciens clients entendus par la police judiciaire de Nantes.

Ariana se fournissait à Paris en silicone en provenance d’Amérique latine. Elle expliquera aux enquêteurs avoir fait partie d’un réseau de prostitution en Equateur, qui l’a conduit à Paris puis à Nantes où elle décidera d’ « aider des hommes à féminiser leurs corps ».

Selon un expert, le produit dont elle faisait usage est utilisé dans « l’aéronautique » mais « pas du tout conçu pour une utilisation médicale ».

Injection fatale

L’injection fatale de silicone sur le transsexuel israélien sera administrée le 20 octobre 2011 dans un appartement-hôtel à Nantes. La victime, âgée de 27 ans, n’aurait pas respecté « les précautions habituelles » conseillées par Ariana à tous ses clients, « de rester allonger plusieurs jours ».

Il aurait profité de son séjour en France pour « faire des courses et un peu de tourisme », d’après des témoignages recueillis par la PJ.

Quelques jours plus tard, le jeune Israélien qui a caché à ses parents, partie civile, sa volonté de transformation, sera pris de malaise. Tombé dans le coma, il sera hospitalisé au CHU de Nantes, où il décèdera trois semaines plus tard.

Inconnue des services de police, la transsexuelle équatorienne, âgée de 42 ans au moment des faits, a nié être l’auteure de l’injection dans un premier temps avant de finir par reconnaître les faits en mai 2012.

Ariana sera incarcérée le 10 novembre 2011 dans une prison pour hommes, à l’isolement pour la protéger.

« L’administration pénitentiaire n’a pas pris en compte la réalité physiologique mais son état civil, qu’elle n’a pas la possibilité de changer car elle n’est pas Française », regrette son avocate Armelle de Lespinay. « C’est une femme », affirme son conseil à l’AFP.

Luis Carlos est devenu Ariana en 1997, à la suite d’une intervention chirurgicale en Equateur, « ce qui correspond à sa véritable identité psychique », diagnostique ainsi un expert.

L’accusée sera finalement transférée à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis dans un quartier transsexuel avant d’être libérée en septembre 2012 dans l’attente de son procès aux assises.

Pour Me de Lespinay, sa cliente « n’a eu aucune volonté de nuire. Elle a le poids de ce décès sur les épaules. Son combat était de permettre aux transsexuels d’être ce qu’ils sont. Pour elle, la nature s’est trompée. »

Jugée pour exercice illégal de la médecine, Ariana « ne s’est jamais présentée comme étant médecin ou infirmière », assure l’avocate qui va plaider l’acquittement. D’autant plus que les injections de silicone à des fins esthétiques sont « interdites », souligne-t-elle.

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