Négociations de coalition : vifs échanges en ligne entre Deri et Liberman
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Négociations de coalition : vifs échanges en ligne entre Deri et Liberman

Les leaders de Shas et d'Yisrael Beytenu s'accusent de chercher à extorquer des privilèges pour leurs électeurs dans les pourparlers avec leurs partenaires potentiels de coalition

Le dirigeant du Shas, le ministre de l'Intérieur  Aryeh Deri, devant à droite, et le leader de Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, à l'arrière à gauche, lors de l'inauguration de la 22è Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/ Flash90)
Le dirigeant du Shas, le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri, devant à droite, et le leader de Yisrael Beytenu, le député Avigdor Liberman, à l'arrière à gauche, lors de l'inauguration de la 22è Knesset à Jérusalem, le 3 octobre 2019 (Crédit : Hadas Parush/ Flash90)

De vifs échanges ont opposé dimanche le leader du Shas Aryeh Deri et le dirigeant de Yisrael Beytenu Avigdor Liberman. Les deux hommes se sont interpellés sur leurs électeurs respectifs – les ultra-orthodoxes d’un côté, les immigrants originaires de l’ex-Union soviétique, largement laïcs, de l’autre – dans un contexte d’impasse politique continue marquée par la perspective imminente de nouvelles élections.

Liberman, dont la position dure contre les formations ultra-orthodoxes, suite aux scrutins d’avril et de septembre, a empêché le Premier ministre Benjamin Netanyahu de former un gouvernement incluant ces deux partis et Yisrael Beytenu, a accusé le Likud et son rival, Kakhol lavan, d’être redevables envers les mouvements haredim.

Dans un message publié sur Facebook, Deri, ministre de l’Intérieur, a écrit que « vous avez demandé plus de deux milliards de shekels pour les retraités de l’ex-Union soviétique qui ne travaillent pas et qui ne paient pas d’impôts. Vous avez demandé à Israël d’ouvrir 17 bureaux d’immigration dans les ex-pays soviétiques, des Etats dans lesquels la présence éventuelle de Juifs est douteuse – et plus encore ».

« Alors comment pouvez-vous avoir l’audace d’accuser les ultra-orthodoxes d’extorquer des privilèges ? », a-t-il ajouté.

Deri a démenti une information relayée par Liberman selon qui Kakhol lavan avait offert quatre portefeuilles ministériels au Shas, le mois dernier, pour amener le parti haredi à le rejoindre dans sa formation d’un gouvernement.

Liberman lui a répondu : « Vous semblez avoir un problème de compréhension dans la lecture. Peut-être cela résulte-t-il de l’absence d’apprentissage des matières inclues dans le programme officiel dans les écoles ultra-orthodoxes. Dans ma publication, je n’ai rien écrit sur d’éventuels privilèges arrachés par les responsables politiques haredim. Je dénonce Netanyahu et le Likud qui cèdent aux pressions exercées par les partis non sionistes du Shas et de Yahadout HaTorah ».

Les affrontements entre Liberman et les formations ultra-orthodoxes sur les questions liées à la religion et à l’Etat ont été un obstacle majeur dans les négociations de coalition. Deux scrutins en l’espace d’un an n’ont pas permis de rassembler une coalition ni de mettre en place un gouvernement d’unité.

Avigdor Liberman, chef du parti Yisrael Beytenu, prend la parole lors d’un événement à Givatayim, le 13 septembre 2019. (Tomer Neuberg/Flash90)

Liberman — qui avait refusé de rejoindre un gouvernement Netanyahu au mois de mai en raison de désaccords avec les partis ultra-orthodoxes sur un projet de loi portant sur le service militaire des étudiants de yeshiva – prône un gouvernement d’unité intégrant le Likud, Kakhol lavan et Yisrael Beytenu.

Toutefois, la semaine dernière, il a expliqué que si le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait accepté de faire des compromis sur des questions de religion et d’Etat, il aurait rejoint un gouvernement de droite aux côtés des formations religieuses.

Il a émis dans la journée de dimanche une liste de ce qu’il a qualifié de demandes « minimum » soumises aux formations religieuses, ajoutant qu’il servirait à leurs côtés au sein d’une coalition si elles y répondaient.

La Knesset a dorénavant jusqu’au 11 décembre pour que les députés s’accordent sur un candidat chargé de tenter de rassembler une majorité. Le cas échéant, le Parlement sera dissous et un nouveau scrutin sera organisé, probablement au mois de mars.

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